Les dégâts du silence

Récemment je me suis retrouvée dans une situation pourrie que je connaissais déjà et qui chaque fois qu'elle s'est présentée m'a lourdement cassé les moellons, disons le sans détour. De base on le sait, j'ai du mal avec les personnes qui n'arrivent pas ou ne veulent pas communiquer j'veux dire... Si t'arrives pas à exprimer des choses très simples et très clairement puisqu'on l'a dit c'est très simple... Excuse moi mais va faire une putain de thérapie.
Le silence quand il y a quelque chose à dire, soit quand on voit qu'il y a un truc qui ne tourne pas rond de par le brusque changement de comportement de la personne en face par exemple, est un fait qui m'a mise hors de moi pendant des années. Aujourd'hui, après avoir fait de nombreuses fois l'expérience d'ouvrir ma gueule à la place de la personne qui n'osait ou ne voulait pas le faire: je reste silencieuse, et j'avoue que dans cette guerre des nerfs, je suis super efficace sans forcer. Passé un certain laps de temps je finis par m'en foutre et quand je m'en fous, c'est pas un effet de style. Seulement voilà, le silence des gens est un générateur de problèmes en puissance.
Illustration.
Parlons du dernier épisode silencieusement toxique.
Sans rentrer dans les détails je me suis retrouvée face à une personne qui avait la fâcheuse tendance à être hyper présente, et hyper absente du jour au lendemain sans explication d'aucune sorte. Si je n'aime pas les gens qui n'arrivent pas à se dégoiser, les douches écossaises me sont toutes aussi rédhibitoires, j'avais donc là deux comportements qui m'amènent toujours prendre de la hauteur.
En plus de ça, j'avais un peu l'impression qu'elle se forçait à m'écrire par exemple, alors que je ne lui demandais rien. Me racontant sa vie, mais ne rebondissant jamais sur ce que je pouvais dire de la mienne quand il m'arrivait d'en parler, prétextant le manque de temps, le jardin à tondre etc. Elle ne posait jamais de question non plus, "par pudeur". Pourquoi pas... Ça a marché pendant une poignée de semaines et puis j'ai commencé à mettre une grosse distance car très logiquement: je ne savais pas, ou plus, ce que je foutais là, ce qui en soi est très perturbant comme sentiment.
Un peu plus tard, après m'être à mon tour un peu forcée à maintenir le lien durant une période très succincte, c'est moi qui n'ai plus su comment me comporter et qui n'avais plus rien à dire ou plutôt, à répondre puisqu'il était inutile que je dise quoique ce soit. Je venais de prendre conscience qu'être en contact avec cette personne était aussi enrichissant qu'entretenir des politesses avec un robinet. A la fin, je ne pouvais tout simplement plus répondre à ses messages, ma capacité à me contraindre à faire des choses étant vraiment réduite. C'était pas que j'en avais rien à foutre de sa vie mais quand il n'y a pas d'échange et que la communication est à sens unique, ça n'a absolument aucun intérêt. J'ai fini par répondre des choses bateaux, à base de "génial je suis contente pour toi", "super amuse toi bien", en évitant scrupuleusement de creuser. A ce stade et dans le meilleur des mondes, la personne va peut-être vous demander ce qui se passe mais là, il n'y eut qu'un silence. A ce moment là, tu pensais peut-être que c'est moi qui aurait demandé ce qui n'allait pas?

Il y a quelques années, j'aurais effectivement sauté les deux pieds dans le plat, et pété le plat avec ma bite,et si parfois ça a arrangé [temporairement] une situation bloquée, dans la majeure partie des cas, ça m'est retombé dessus.
Voilà pourquoi, si on ne me dit rien, je ne demande rien, car si je demande ce qui se passe, on va me répondre qu'il ne se passe rien, ce qui est vrai et c'est bien là tout le problème mais ce n'est juste pas la question. Si j'avance des arguments et des faits qui appuient ce que je dis, la personne va se sentir agressée et comble de l'emmerdement en plus elle va faire la gueule. Si elle fait la gueule il va falloir en plus que tu t'excuses pour au mieux arranger temporairement un truc voué à l'échec depuis longtemps. Tu vois le genre? Tu trouves ça gros? Et bien moi, ça m'est arrivé quasi environ autant de fois que j'ai voulu qu'on m'explique ce qui n'allait pas dans une situation de ce genre là.
Alors aujourd'hui... Je pars du principe que si on ne veut pas m'expliquer un brusque changement d'attitude à mon égard, c'est que ça ne me regarde pas, et que la distance mise par la personne lui convient. Et jamais mais alors JAMAIS je ne demanderai quoique ce soit, je prends la situation telle qu'elle vient, ça me contrarie 24h, aller... 48 parce que je trouve toujours tout ça merdique et inutile, et je zappe. En gros aujourd'hui la personne la plus emmerdée, c'est soit l'autre soit personne mais surtout pas moi et ça me va très bien comme ça.
Après je fais ma belle mais c'est parce que j'ai pas dit qu'au-delà du fait qu'on puisse apprécier le fait qu'on communique avec nous les choses importantes, on peut aussi avoir un talent certain pour ne pas écouter les gens qui nous parlent et les perdre dans la foulée. Ça tu vois, c'est un de ces talents qui te fait te sentir très con et j'ai beau chercher... Je ne suis pas sûre d'avoir une solution.

Les changement du printemps

C'est pas parce que j'en ai pas parlé cette année que je ne l'ai pas fait. Oui, parfaitement, j'ai fait mon grand ménage par le vide du printemps. D'ailleurs, j'ai pas pu faire beaucoup de vide cette année car je n'ai pas spécialement engrangé de conneries en 2017 comme je pouvais le faire les années précédentes mais ça à la limite, j'y reviendrai dans un autre article. La dernière fois j'ai dit que j'en avais plein le cul de mon site, une semaine plus tard me revoilà pour annoncer que j'ai l'impression de m'être presque adoucie, mais que s'est t'il passé pendant cette semaine?
J'ai pelé du bras et ça m'a furieusement gratté. Quand je pense que j'en ai pour une bonne année avec ce tatouage, je suis à deux doigts de prendre deux tatoueurs pour que ça aille plus vite, en attendant, j'ai mué et tout va bien.
Je me suis volontairement un peu coupée du monde pour réfléchir à au moins trois trucs qui me prenaient la tête, notamment mon site. J'ai bossé et je bosse encore pour une nouvelle enseigne et j'ai envie de mettre des Kiki partout (oui ça arrive même aux meilleurs) parce que oui je suis une directrice artistique qui a de l'humour. D'ailleurs si vous voulez m'offrir un Kiki vous feriez de moi la femme la plus heureuse du monde (je parle de la peluche, pas de mérpise). Je me suis réancrée sur les conseils de la plus adorable des filles du monde et de l'univers et ça m'a fait beaucoup de bien. J'ai fait de la moto et définitivement j'adore rouler trop vite sur les petites routes... Des fois à gauche. Je me suis reconnectée avec la nature, la pluie et le soleil (le printemps 2018 c'est l'automne) et j'ai essayé en vain de prendre du temps pour me reposer et surtout pour ne penser à RIEN. Dans les deux cas, ce fut un échec. J'ai découvert de nouveaux horizons, dont un nouveau spot urbex, et pour finir j'ai brainstormé très fort avec des gens plus compétents que moi en matière de web etc.
Et aujourd'hui qu'est ce qui se passe? Et bien ce site est vide, et l'espace membre dans sa dernière version s'en est allé parce que nous avions un problème... De sens. Les remboursements pour le reste du mois de Mai ont tous été envoyés de mon côté, je vous invite à surveiller vos compte PayPal de votre côté pour les personnes concernées. Ne tenant pas à trop dénaturer le lieu, mes proches et mes connaissances proches pourront toujours s'inscrire (gratuitement) pour consulter les vlogs ainsi que les nouvelles photos. Néanmoins comme tous les comptes ont été supprimés, pour celles et ceux qui ne l'ont pas déjà fait il faut vous réinscrire.
Sinon tout se passera désormais là-bas:

Il me semblait logique de passer en revue toutes les options proposées mais comme je sais que les gens ne lisent pas je ne vais pas me fatiguer à faire une redite de ce qui est déjà inscrit directement sur la page.
Ce qui va changer en comparaison avec l'espace membres, c'est que je travaille actuellement sur plusieurs vidéos tutos car ça fait des années que je reçois des tonnes de questions techniques et qu'il est grand temps que j'y répondre! De même que j'ai tout un tas d'astuces à partager avec vous! Donc si vous avez envie de passer derrière le rideau, c'est le moment!
Mon Patreon est actif depuis mardi et il sera mis à jour quotidiennement. En attendant j'ai encore beaucoup de taf, car j'ai la ferme intention de produire des choses s'approchant au plus près de mes espérances.
En tous cas merci à ceux et celles qui vont décider de soutenir mon travail, et dans tous les cas, je vous souhaite une belle journée <3

Motivation level -1000

Aujourd'hui fut le jour où j'ai décidé de démouler un article sur mon manque de motivation fulgurant à maintenir ce site en activité... Parce que je ne pouvais décemment pas manquer une occasion aussi belle de jeter à la face du monde une contradiction supplémentaire.
Tout est dit.
Ça fait vraiment longtemps que je bloque, que je ne sais pas quoi dire, que j'en ai plus rien à foutre ou presque (je sais c'est moche, ça va!), que parfois je me force, que ça me fait d'autant plus chier, bref, ce site est une plaie et disons le franchement, à la veille de ses 18 ans, ce site me fait chier.
C'est moche et c'est terriblement moche de dire ça d'un endroit grâce auquel j'ai pu bouffer pendant presque 20 ans et franchement, ça me fait encore plus chier que le reste.
Mais que ça me fasse chier, c'est plutôt une bonne nouvelle. Si ça me fait chier, c'est que j'ai pas trop envie de le laisser tomber malgré tout. L'ennui, et ma principale interrogation, plutôt diffuse ces dernières années mais clairement agressive ces dernières heures, c'est que je ne sais pas quel format pourrait mieux me convenir. Mais ça j'ai envie de te dire que "je ne sais pas" c'est ma réponse fétiche du moment... Depuis quelques mois.
J'ai du mal à me concentrer, j'ai du mal à m'investir dans tout, j'ai du mal à m’intéresser à quelque chose plus de 10 minutes et j'ai du mal à me sentir concernée par tout ce qui devrait me concerner parce que je sais pas et je m'en fous. Mais sinon étonnamment, je vais plutôt bien tu vois, c'est juste que ce qui me motivait à tendance à m'emmerder alors je te laisse imaginer quand quelque chose m'emmerde pour de vrai... Non laisse tomber.
Ce week-end alors que je me faisais violence pour sélectionner les photos que j'allais mettre en ligne (à grand renfort de coups de pied au cul et de coups de fouet)(et peut-être même une petite sodomie à sec), je me suis rendue compte que ça me coutait vraiment mon âme et que ça devenait insoutenable. J'en ai donc fait part à ma Seconde qui comme les coups de pied et de fouet ne suffisaient pas, s'est fait un petit kiff à m'envoyer une gerbe de choses désagréables dans la gueule et autant te dire que vu l'énergie que la bougresse y a mis ça devait faire un moment que ça la chatouillait.

Désagréables mais pas fausses et on va dire que les planètes devaient être suffisamment bien alignées à ce moment là pour que j'en prenne note, fait assez exceptionnel en soi.
Il y a un peu plus de trois semaines j'ai passé pour la première fois mon plateau (oui le super examen moto aussi relou qu'inutile dans la vie), plateau que j'ai loupé en partie à cause du fait que j'étais loin d'être en grande forme ce jour là, mais sur l'instant, j'ai mis la sensation de flottement, ma migraine, ma faiblesse générale et les vertiges sur le compte du stress de l'examen. Bien que je ne stresse jamais dans ce genre de circonstance, je n'étais pas à l'abri du fait que ça puisse m'arriver un jour malgré tout donc pourquoi pas mais à dire vrai même en y repensant, j'étais bien loin d'être angoissée, je ne suis jamais arrivée à ce point les mains dans les poches que pour cette épreuve. Et j'ai loupé mon plateau, pas par excès de confiance et pas de beaucoup mais de manière indiscutable quand on a un examinateur doté d'un œil de lynx. Ici donc moi et ma nonchalance sommes parties piquées au vif en boudant.

Oui parfaitement: en boudant. Encore une fois je ne suis pas mauvaise perdante mais à cause du boulot que représente cette saloperie de plateau, je l'ai hyper mal pris. Je quitte le centre d'examen avec une boite crânienne qui menace d'exploser à tout moment, fait que je mets sur la contrariété même si encore une fois, jamais de la vie je ne me suis contrariée sur un détail comme ça, je rentre chez moi et je dors.
Presque jusqu'au lendemain où je vais passer une journée ignoble avec Migraine devenue tellement ingérable que j'en ai du mal à parler. C'est un peu "gros" pour une simple contrariété et effectivement, après vérification ma tension indique que je suis presque morte. Ok j'exagère mais pas de beaucoup, là pour le coup de toute ma vie elle n'a jamais été aussi basse... Fruit de plus d'un an sans vacances probablement, et avec mon rythme et tout ce qui s'est passé c'est vraiment pas top.
Une semaine pour faire passer cette migraine et commencer à faire remonter ma catastrophe de tension, et une semaine quand tu souffres atrocement c'est très long... Mais ce n'est pas ce qui m'a empêché d'avoir mon plateau cette fois (et de savoir ce que ça faisait d'avoir la pression pour un examen AHAHAH). Aujourd'hui cela fait donc plus de trois semaines et ma tension n'est toujours pas redevenue normale, ce qui explique probablement cette lassitude générale, ce manque d'entrain et surtout mon manque de motivation catastrophique. La Seconde n'avait donc probablement pas tord lorsqu'elle m'a jeté ses seaux de caca dans le nez, en tous cas, ça a raisonné assez cette fois pour que je prenne la décision de m'octroyer des vacances, virtuelles dans un premier temps, avant de prendre les vraies. Il y a quelques temps c'était la grande mode de se "déconnecter", il est temps pour moi de suivre la mouvance avec un peu de retard.
Étant donné que de me forcer à faire des choses pour ce site me coute plus que ça n'a d'effet concret, je vais donc disparaitre le temps de retrouver un peu de motivation pour mieux remettre ce site en route, si tant est qu'elle revienne un jour et là maintenant tout de suite je n'en mettrai pas obligatoirement ma main à couper. Cette pause ne tombe pas forcément mal car on m'a mise sur un gros projet qui va nécessiter toute mon attention pendant quelques temps, de même que j'ai des choses très chiantes à gérer, et si c'est pas les MAJ d'AudiaXNet qui m'auraient trop emmerdées au moins je suis débarrassée de cette tâche de fond quotidienne et castratrice qui me harcèle afin que je m'occupe de mon site.
Pour être informé de mon retour en ces lieux je vous invite à vous inscrire à la newsletter (barre de droite pour les desktop users et tout en bas pour les devices mobiles), en attendant, tenez vous presque bien mais pas trop et prenez soin de vous!

Xoxo

Vermines par Romain R. MARTIN

"Bourganeuf, petite commune isolée de la Creuse. Arnaud Vallaud, jeune taxidermiste asocial et cynique, impose le respect par sa verve et sa mauvaise foi.
Accompagné de Pascalin, le brave du village, il tient une boutique et mène une vie très monotone jusqu'au jour où une armoire normande écrase son chien. Son quotidien se transforme alors en une série d'aventures burlesques et tragiques.
Hasard, accident ou vengeance?
On n'est jamais aussi seul qu'on le croit..."


J'avais vu la cover passer sur FB, peut-être 100 fois. Vermines ça m'avait parlé, Vermine c'était le petit nom du chien que j'avais il y a quelques années et qui portait d'ailleurs très bien son sobriquet: une vraie saloperie, je l'adorais c'est juste qu'il avait une manière particulière de me le rendre par exemple, en pissant systématiquement sur mes rideaux, un vrai bonheur.
Et puis Vermines est arrivé dans ma boite aux lettres il y a quelques semaines. Le livre, pas le chien... A dire vrai l'urne de ce dernier est présentement dans un placard de ma cuisine. J'ai mis du temps à le finir, toujours le livre et toujours pas le chien qui lui s'est fini tout seul il y a bien longtemps sans l'aide d'aucune armoire, ni normande ni suédoise. Et j'ai mis du temps à le finir parce que je n'avais tout simplement pas envie qu'il se termine, aimant bien trop la météo pourrie, les animaux empaillés et les petites bourgades perdues (mes confesses aux habitants de Bourganeuf pour ce qualificatif quelque peu douteux s'ils devaient se perdre par ici). C'est d'ailleurs le seul reproche que je pourrais faire à ce bouquin: il est trop petit, bien que cela n'entame en rien son côté redoutable.
Vermines est à mon humble avis, une petite merveille de 178 pages, un véritable enchantement d'une acidité rare que j'ai apprécié au plus haut point jusqu'au dernier signe, allant parfois, jusqu'à hurler de rire en me promenant le long de ses lignes. Je sais, pour le coup ça peut peut-être sembler atroce, mais j'adore l'humour corrosif et j'ai trouvé tous les personnages, bien que parfois relativement abjectes ou bien encore désagréables, très attachants au demeurant.

"... Bien avant mon père, c'est ma mère qui prit conscience d'avoir mis au monde un monstre doublé d'un escroc. C'est son instinct maternel, je crois, qui l'a alerté sur ma douteuse condition humaine - très loin de celle de Malraux - tandis que mon père n'aurait décelé aucune once d'hostilité à être convié à boire des mojitos dans un bassin semi-gonflable de méduses sodomisant des oursins..."

L'histoire est simple mais bien déroulée, c'est fluide, mordant, vif, l'univers est aussi monotone que charmant et les événements relatés sont d'un commun affligeant, mais c'est tellement bien écrit que dans cette veine j'aurais signé pour 1000 pages du descriptif d'un chien qui chie dans un caniveau s'il avait fallu. Heureusement, la trame de Vermines vole beaucoup plus haut je vous rassure, et ce bouquin mérite vraiment qu'on se penche sur son cas! Je ne sais pas comment décrire ce livre mais une chose est sûre c'est qu'il est vraiment bon et qu'il ravira les personnes qui trouvent les romans dits noirs, rafraichissants. Une belle démonstration littéraire de la part de l'auteur, en espérant que ce ne soit pas la dernière car elle a un petit goût de trop peu.


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Quand les Autres deviennent toxiques

C'est pas que je ne m'étais jamais rendue compte de la capacité des Autres à être toxiques, je fais malheureusement partie de ces personnes qui peuvent se faire très vite empoisonner par ses semblables de base (et encore j'ai fait vachement de progrès!). Par contre je commence à comprendre pourquoi malgré les progrès que j'ai fait je ressens toujours un étouffement à un moment ou à un autre, de même que j'ai décidé d'arrêter de croire que c'était moi et ma nature "asociale" la grande responsable de mes maux et des maux de tout le monde en passant.
A ce sujet, en 2018 j'ai décidé d'arrêter de me prendre pour une conne, car non, effectivement, je suis bien loin d'être asociale, il m'aura fallu moult événements, récents pour la plupart, pour m'en rendre compte, ainsi qu'un énorme, bien en évidence sous ma gueule et qui dure depuis des années: mon boulot.
Concrètement, tu ne peux pas travailler avec l'humain, tu ne peux pas à ce point avoir à cœur de mettre 200% de tes compétences professionnelles au service du mieux-être de l'Autre et t'afficher en tant qu'asociale, c'est un non-sens absolu, d'autant plus que je ne me force jamais. Plus récemment, j'ai découvert que je pouvais tisser des liens très simples et tout à fait sincères avec des inconnu(e)s que j'ai plaisir aujourd'hui à croiser quasi au quotidien. On échange trois mots, peut-être, et c'est tellement agréable. Je suis également parfaitement capable de nouer d'authentiques amitiés avec des personnes nouvellement rencontrées, c'est même quelque chose que je fais très naturellement, dans une certaine mesure puisque je ne suis bien évidemment toujours pas le fil de l'amitié.
C'est comme si des œillères m'étaient tombées, et si j'avais tendance à ranger les gens principalement dans deux catégories, aujourd'hui et depuis quelques temps, j'en considère beaucoup plus, peut-être d'innombrables, et tu peux pas savoir à quel point je me sens en accord avec l'idée qu'il y a 50000 types de liens soit autant qu'il y a de gens avec qui tu as des contacts. Je n'ai malgré tout pas pu revenir sur le fait qu'il y ait des personnes avec qui on pouvait s'entendre et d'autres non, ce qui m'a fait me rendre compte que j'entretenais involontairement des relations toxiques.
J'ai toujours pensé que certes, dans les relations au sens large, il pouvait y avoir une nécessité d'ajustements, ce qui concrètement est effectivement essentiel mais, jusqu'à quel point?
Déjà... Je me suis demandée pourquoi j'étais souvent à l'origine de la mise en place de "stop". Les personnes en face avaient pourtant des comportements qui me dérangeaient et qui je pense n'auraient pas dérangé que moi, mais c'était plus fort que moi je ne pouvais que conclure que c'était de ma faute puisque c'était un fait établi que j'avais un caractère difficile étant un peu asociale sur les bords, et si ce n'était pas moi qui mettais ça au fait, c'était les autres. Car c'était devenu un fait établi, étant donné que j'étais la première à dire que j'étais asociale, les autres le croyaient, alors qu'ils admettaient sans mal qu'ils n'avaient jamais rien vu d'asocial chez moi. Toujours est il que, c'était l'explication universelle, tous les problèmes, tous les conflits résultaient de mon comportement difficile et chez moi, cela se terminait dans de la culpabilité qui a fini par me bouffer, très fort ces derniers jours, avec tous les reproches qu'on peut se faire quand on se sent coupable de quelque chose. A l'inverse, les ajustements qu'on pouvaient me demander ont souvent été sur la base que ce que je faisais n'était jamais assez, jamais comme il fallait, finalement, jamais comme les gens voulaient, ce qui n'a évidemment pas arrangé ma culpabilité. Il était donc bien logique qu'à force, je pète un plomb, même plusieurs, d'un coup et très violemment. Pétage de durite dû à un trop plein, catalysé par une mise en contraste d'un fait extérieur que je vais expliquer un peu plus loin.
Avant tout, je me dois d'expliquer un détail, qui a d'ailleurs pesé lourd dans la balance quant au fait que je me catégorisais d'asociale à tord, à savoir qu'objectivement et en plus des faits cités plus haut, j'aime toutes les personnes qui sont dans mon entourage proche (dont quelques personnes à des centaines de kilomètres). Un peu fort de chocolat pour quelqu'un qui n'est sensé aimer personne hein? Ouais, c'était aussi pour ça qu'il était temps que j'arrête avec cette étiquette. Je suis tout à fait en capacité de leur dire que je les aime et bien que cela ne soit pas le même amour cela reste la même trame. Ce sont des personnes que j'aime vraiment et sincèrement pour qui elles sont. Je me permets maintenant de déposer ce lien ici, pour éviter d'une part que cet article fasse encore 5000 signes, pour bien modéliser la trame dont je parlais plus haut et pour rentrer un peu plus dans les détails de ma conception du sentiment d'amour.
Autant te dire qu'il va m'être bien difficile d'étouffer une personne comme certain(e)s peuvent le faire avec moi, étant donné que le seul effet que ça me fasse est un dérangement profond. Par contre, cela ne m'a jamais empêché de faire savoir que j'étais embarbouillée par ce type d'attitude, me faisant passer pour une ingrate puisque comme cet étouffement ou ces volontés extérieures étaient des preuves d'affection il était inconcevable pour les requérant(e)s que je ne les accepte (subisse?) pas. Comme je les refusais en me convaincant toujours un peu plus que j'étais une personne difficile, je culpabilisais. Et au bout d'un moment donc, au bout de nombreux mois... J'en ai eu assez de ce schéma d'auto-flagellation tout aussi toxique que le reste et je pense que c'est ce qui m'a fait exploser. Ça m'a fait mal, mais c'était un mal nécessaire.
Arrive ici l'élément catalyseur.
Cette composante ne nécessite pas que je m'y attarde, j'ai juste décidé, de moi-même, d'accorder ma bienveillance à quelqu'un parce que cette personne avait une certaine valeur à mes yeux. En ce sens, on peut donc considérer que je l'aimais, encore une fois, d'une certaine manière. Je ne me suis jamais imposée, tout en lui apportant un soutien et en lui donnant quelques outils pour aller bien. J'ai répondu à sa demande, sans anticiper ses besoins qu'elle seule connait mieux que quiconque. Et puis, à force d'observation, je me suis rendue compte que cette personne avait vraiment du mal à me donner une place (sans que j'en ai demandé ou souhaité une!), mais qu'en plus je n'étais pas réellement respectée en tant que personne non plus, alors j'ai décidé de laisser tomber. Pas parce que je n'arrivais pas à obtenir ce que je ne convoitais pas, mais parce que j'ai eu la nette impression que cette sensation d'être "en butée" m'obligeait à admettre que mon devoir était accompli. Il ne restait donc plus qu'à lâcher la corde, chose que je maitrise assez bien même si c'est pas toujours plaisant, le plus pénible là-dedans étant que la personne s'acharne à la faire exister alors qu'elle même n'y croit plus non plus.
C'était pas une expérience très agréable quand je fais le bilan, mes actions ayant été je pense, bien trop interprétées de travers, mon ego me soufflant souvent dans le creux de l'oreille que je mérite d'être mieux entourée et d'aider des personnes qui ne me traiteront pas comme si je n'étais rien (et il a parfaitement raison au demeurant), mais je l'ai fait, je ne le regrette pas et ça ne va pas m'empêcher de continuer ma route. S'il y a bien un truc dont je suis convaincue, c'est que chaque personne qu'on croise et que chaque épreuve (ou exercice) qui nous tombe dessus, est là pour nous apprendre quelque chose en nous donnant l’opportunité de nous améliorer.
Ici j'ai accepté qu'on me tienne a distance, je respecte car il doit y avoir des raisons bien que je les ignore. J'en connais beaucoup, et j'en eus connu des tonnes qui auraient chié des caisses de ce fait (beaucoup dans mes patients d'ailleurs), à base d'on me prend pour un con, on m'aime pas, cette personne est une manipulatrice. J'en ai parfois fait directement les frais et ça aussi, j'ai décidé de m'en défaire car cette vision de l'affection biaisée, à mon age, me fatigue et me gonfle au plus haut point.
Des manipulateurs et des manipulatrices, vous n'en croiserez pas beaucoup dans votre vie, par contre, quand les gens sont en détresse affective, c'est la raison qui est le plus évoquée alors qu'en fait les dites personnes manipulatrices n'ont souvent juste pas voulu plier devant la personne qui se plaint d'en avoir été la victime. On est presque en droit de se demander, qui tente de manipuler qui, finalement.
Je peux citer aussi l'exemple de ma meilleure amie, où devrais je dire, de mon ex meilleure amie.
Ça faisait déjà quelques années que je courais derrière, que c'était toujours moi qui appelais ou qui proposais des choses. Il y avait environ 3/5 jours de battement pour avoir une réponse à un SMS, les appels je n'en parle pas, quand elle décrochait, c'était il y a 4 ou 5 ans, quant au fait d'organiser ne serait-ce qu'une sortie fallait que je pousse comme une forcené. Ma mère est tombée malade et je n'ai eu aucun support de sa part, à part le jour des funérailles où elle m'a honoré de sa présence, mais je vous dirais qu'aussi moche que ça puisse paraitre, les funérailles de la Reine Mère furent bien moins douloureuses à vivre que les longs mois où je l'ai accompagnée dans sa maladie. En mettant tout ça bout à bout, j'ai lâché. Bien avant les funérailles en fait. Les gens ont envie ou n'ont pas envie. Peut-être était-ce une vengeance, mais comme j'en ignore (encore) les raisons j'en déduis que cela ne me concerne pas et que pour ne pas vouloir s'expliquer, la situation lui convient très bien comme ça. Elle est libre, et moi je suis libre de ne pas faire vivre une meilleure-amitié qui n'existe plus depuis longtemps. Je ne pense pas qu'elle se soit foutue de ma gueule, ni que ce soit une mauvaise personne, on a peut-être juste plus rien à se dire. C'est quelqu'un que j'ai aimé très fort et que j'aime et respecte toujours aujourd'hui, même si c'est forcément différent, mais si elle est heureuse sans moi, alors ça me va. Cette rupture m'aura permis de me concentrer sur les personnes qui avaient vraiment envie d'être , des gens qui répondent à mes appels/SMS et qui acceptent qu'on fasse des choses ensemble sans que j'ai à suer sang et eau pour les trainer quelque part, et qui me proposent des choses aussi. Voilà comment un truc a priori moche peut avoir d'heureuses conséquences. Le lâcher-prise à d'ailleurs toujours des répercussions quasi magiques.
Tout ça pour dire que, même si mon catalyseur n'est aucunement en rapport avec le reste et encore moins l'anecdote avec mon ex meilleure amie, il m'a fait me rendre compte que si je mets peut-être beaucoup de "stop" avec certaines personnes, je n'en reçois pas en retour car s'il y a bien un truc qu'il serait vraiment abusé de me reprocher, c'est que j'exige des choses des autres. Au contraire, je les laisse venir et je les laisse être. Ça ne m'intéresse pas de modeler les gens à mes volontés.
J'en suis à un stade de ma vie où j'aspire plus que jamais à la tranquillité, et je n'ai pas à m'octroyer des tares qui ne peuvent définitivement pas m'être imputées, ni par les autres, et surtout pas, bêtement, par moi-même. Je suis finalement bien comme tout le monde: une personne sympa qui ne l'est plus quand on lui marche sur les pieds. J'ai besoin de mon espace, je veux être entourée de personnes qui me respectent avec ce dernier, comme je les respecte avec le leur et à partir de maintenant, je ne prendrai plus la responsabilité d'un comportement déplacé à mon égard car finalement, ça a fini par bien me bouffer, et ça n'a aidé personne (si tant est que quelqu'un ait le sentiment de devoir être aidé mais ça c'est une autre histoire et ce n'est pas le sujet).
Malgré tout, je ne rejette pas tous les tords sur les autres, j'ai une immense part de responsabilité dans le fait que j'ai pété un plomb, et c'est ce que je corrige à partir de maintenant. Je ne veux pas qu'on m'oblige à me synchroniser sur un rythme qui n'est pas celui dans lequel je suis à l'aise, et je n'accepte plus d'être contrainte à le faire, je ne l'ai jamais exigé d'un tiers par conséquent je ne vois pas pourquoi j'accepterai qu'on le fasse avec moi, c'est inacceptable. Je ne veux pas mettre de côté mon cheminement (qui, en ce moment, est vraiment crucial et déterminant pour le coup) pour faire plaisir à qui que ce soit, ou par peur de déplaire et de passer pour ce que je ne suis pas. A un moment, il appartient à chacun(e) de savoir ce qu'il/elle veut, personne ne vous en voudra pour ça. Mon cheminement, qui résulte des événements qui se sont produits et se produisent dans ma vie, ne peut pas convenir à tout le monde, j'en suis consciente, jusqu'ici j'ai pris beaucoup de responsabilités (parfois... Invraisemblables d'ailleurs!) sur mes épaules au point d'en avoir des douleurs dorsales infernales pendant des mois, des années (qui m'ont quittée dès lors que j'ai pris conscience de tout ça CQFD), parfois justifiées mais souvent pas du tout. Maintenant, chacun est libre d'agir en fonction de ce qu'il veut, ça a d'ailleurs toujours été le cas. Une chose est certaine, je ne suis pas là, pour correspondre à ce qu'on attend de moi, je suis qui je suis et c'est à prendre ou à laisser.
2017 m'a démonté, ça a été la pire des années de ma vie et comme la pire des années qu'il peut y avoir ça s'est très mal terminé, mais j'avoue que même si j'aurais profondément voulu que tout cela n'arrive pas, ça m'a rendu beaucoup plus forte, et je suppose donc que cette remise en place dont il est question ici-même est une suite logique parmi d'autres et que ce n'est pas la dernière car beaucoup de choses doivent encore être réglées.
Ce n'est pas parce que je n'en parle pas que rien ne se fait, ceux qui me connaissent savent que de toutes façons, j’œuvre toujours en silence car je n'ai aucun compte à rendre. Je veux vivre ce que j'ai à vivre, évoluer à ma façon, comme je l'entends et si personne ne s'est demandé si ça me plaisait de faire cet apprentissage, préférant interférer avec des volontés diverses qui n'étaient pas les miennes, et bien ils peuvent bien en tirer les conclusions qu'ils veulent, m'affubler de tous les noms d'oiseau qui leur plairont, après cette explication s'ils brodent, cela ne pourra concerner qu'eux.