Je suis motarde et je roule en short

Les beaux jours sont là! C'est le printemps, et comme on sait que le printemps est la saison du con, ils débarquent comme les parisiens sur les plages Normandes au mois d’août. Après je tiens à mettre les choses au clair, il ne sera ni question de parisiens, ni de cons dans ce post.
Cet hiver quand j'ai commencé à instagrammer avec ma moto, c'était toujours avec le fameux équipement, et pour cause: en hiver ça caille, du coup j'allais pas rouler en slip. Le soleil étant enfin là, quoiqu'un peu capricieux par ici, le blouson et le jeans tenant un peu trop chaud, j'ai tendance à les laisser au frais, dans mon dressing... Et quand tu communiques sur les réseaux sans équipement, tu te prends de sacrés retours, parfois aussi agressifs qu'injustifiés.
On va clôturer directement la close des commentaires haineux: ne soyez pas jaloux ça rend moche JE VOUS L'AI DÉJÀ DIT PUTAIN: roulez en slip aussi et ne me faites pas chier.
Poursuivons.
J'ai attaqué la saison très doucement en me faisant une petite sortie en débardeur et les nia-nia-nia ont commencé. J'occulte. Puis les températures aidant, aujourd'hui c'était le short. Pour le coup je ne suis vraiment pas désolée que certain(e)s se soient enfin rendu(e)s compte que mon "Stay wild, stay en slip" n'était [presque] pas un effet de style!
J'adore rouler en t-shirt, j'adore rouler en short, j'adore rouler en pull, J'ADORE ROULER SANS MON BLOUSON (j'ai toujours mes gants et mon casque par contre). Rouler avec mon blouson ne me dérange pas mais je me sens tellement embarrassée (mes blousons sont à ma taille FYI) dans ce machin et c'est tellement contradictoire avec le sentiment de liberté que la moto me procure que ça ne m'est pas agréable, donc j'avoue que dès que je peux l'oublier volontairement je ne me prive pas. Je choppe quelques coups de soleil certes, parfois ça fait mal de se prendre des insectes mais je suis ok avec ça.
Mon compte Instagram, tout comme mon site et n'importe qu'elle autre médium d'expression que j'utilise sur la toile, m'appartiennent, et ils n'ont pas d'autres vocations que d'être des espaces de dépôts d'impressions, de moments, de ressentis et, parfois d'échanges (que je souhaite constructifs, intelligents ou drôles pourquoi pas!). Des fois c'est pas dans la bonne temporalité ni dans le bon ordre, des fois c'est volontairement énigmatiques, mais il n'y a rien de plus à en attendre.
En aucun cas je n'ai encouragé qui que ce soit à faire ce que je fais, je n'ai même jamais dit que rouler en short ou en débardeur était bien, je ne suis pas là pour donner un quelconque exemple et en toute franchise je ne veux vraiment pas qu'on me prenne comme tel, par conséquent je trouve totalement hors propos de me dire que je donne le mauvais exemple. Je ne donne rien, je ne suis pas là pour ça, vous avez déjà des mamans, je partage quelques tranches de ma vie, c'est tout.
A aucun moment dans ma démarche je ne sous-entends que l'équipement est inutile, bien au contraire! L'équipement est extrêmement important et en tant que motard(e)s vous le savez déjà, soit parce que vous avez expériencé cette utilité, et je l'espère sans gravité, soit parce qu'on nous l'a tout simplement appris. Je ne sais pas si un blouson de moto ou un jeans a déjà sauvé une vie même si je suis convaincue qu'ils ont forcément évité beaucoup de pizzas, mais un casque oui, et des gants ont forcément aidé à ne pas laisser des doigts sur la route. En toutes saisons et pour les longs trajets je suis toujours équipée mais! Quand le temps le permet, sur les petites ballades ou les petits trajets, je m'autorise à rouler léger. De même qu'on ne me verra jamais sur le périph sans équipement.
Sans vouloir donner de leçon car a priori je suis plutôt mal placée, bien avant de passer mon permis moto, une personne, un motard que je tiens d'ailleurs en haute estime pour des millions de raisons et qui se reconnaîtra peut-être s'il passe par là, m'a dit que la première et la meilleure des protections en moto, c'était nous, et il a définitivement raison. De base, on se doit d'adapter notre conduite aux éléments extérieurs, quand on roule léger, il faut simplement faire dix fois plus gaffe à ce qu'il se passe autour de nous. S'il n'est pas super safe de conduire une moto sans blouson/pantalon, sachez en tous cas que c'est très formateur pour apprendre à sur-analyser l'environnement routier parce que si l'équipement laisse une petite marge d'erreur (rappelons que les protections ne sont à 100% efficaces que jusqu'à une certaine vitesse), en slip ça pardonne pas.
A part ça non, je ne suis pas suicidaire, et oui, je pense à mes proches.
Mourir d'un accident de moto ne me dérange pas, comme je l'ai déjà dit, entre mourir en moto ou mourir d'un cancer, mon choix est vite fait, mais ça ne veut pas dire que je fais de la moto pour me tuer... Ça peut sembler con de devoir expliquer ça mais y a des gens qui tirent parfois des conclusions qui en plus de sortir de nulle part sont vraiment très connes, excusez-moi. Est-ce j'ai plus de risques de me blesser parce que je roule sans blouson/pantalon? Certainement. Est-ce que j'ai plus de risques de mourir car je suis en short ou en débardeur? Je suis pas convaincue... Quand je vois d'autres motards équipés comme des pistards sur routes ouvertes, qui roulent comme des merdes et qui font des trucs tellement dangereux que même deux combis intégrales ne les sauveraient pas en cas de pépin, je me dis que pas forcément.
J'ai pas toujours une conduite agressive, les mauvaises langues peuvent dire qu'avec ma moto ce serait de toute manière impossible de "rouler fort" sauf que si, c'est possible, la plupart des customs envoient sans sourciller dès qu'on leur demande, mais sans me traîner, j'ai une conduite qui peut-être très cool parfois aussi, et c'est le cas, quand je suis en slip, tout simplement parce que je fais extrêmement gaffe dans ces conditions.
Dernier point, je suis une grande fille (bon ok pas dans les faits), responsable dans presque tous les domaines, et même s'il me reste je l'espère beaucoup de choses à apprendre: je gère ce que j'ai à gérer, dont mes "conneries". Même si je reste très prudente, si je me pète la gueule, si j'ai un accident, blouson ou pas, et bien c'est comme ça, le risque zéro n'existe pour personne. Au moins j'aurais fait ce que je voulais. Car finalement c'est bien là le principal: faire ce qu'on veut et kiffer ce qu'on fait comme on veut dans le respect de chacun. Qu'on ne soit pas en accord avec les actions d'un tiers ça arrive, retenez malgré tout qu'il est prétentieux de penser que les tiers auront quelque chose à foutre de votre avis donc vous avez le droit de vous taire.
Pour conclure, je remercie les personnes qui m'écrivent des DM bienveillants (car il y en a!), pour le reste je vous rappelle que c'est ma vie, que ce que j'en fais ne vous regarde pas et que je continuerai à faire ce que je veux et à partager ce que j'ai envie de partager sans volonté ni prétention particulière.
Et je souhaite bonne route à tou(te)s les motard(e)s qui seront passé(e)s par ici: roulez prudemment mais roulez comme vous voulez (et occupez vous de votre cul).

Celle qui se décidait à passer à la cup

Il semblerait que ce post soit plutôt destiné aux meufs... Sorry guys!
Quand les cups menstruelles ont commencé à faire parler d'elles il y a quelques années, la chose m'a semblé plutôt absurde... Nous dirons plus honnêtement que je n'étais pas prête à me promener avec un réservoir dans la teuch, sans compter qu'à l'époque, ce n'était a priori pas très recommandé pour les porteuses de DIU.
Comme a peu près toutes celles qui sont passées à la cup, j'ai commencé à trouver très dérangeante l'idée de m'insérer des produits toxiques dans le fondement chaque fois que j'utilisais un tampon, malaise aboutissant au fait que je ne portais plus que des serviettes, sauf cas de force majeure. Et comme on le sait bien, les serviettes c'est pas super confortable.
J'ai donc commencé une timide quête d'informations sur les cups puisqu'elles n'ont plus l'air contre-indiquées pour les porteuses de stérilet, et demandé l'avis de mon gynéco. Ensuite il a fallu choisir LA cup menstruelle... Parmi des centaines de cups et des caractéristiques parfois obscurs. Col de l'utérus haut? Bas? Normal? Des enfants? Pas d'enfant? Flux abondant? Léger? Sport? Pas sport? Stérilet? Périnée flapi ou vaillant? Oh well...
Cent-quatre-vingt-six-douze jours plus tard, la fameuse était choisie: une p'tite mariole de chez Miu Cup, parce que j'aime bien acheter Français et que la qualité des produits proposés m'a convaincue. Une fois reçue, après l'avoir stérilisée je l'ai essayée pour m'entrainer.
La cup est assez rigide mais elle se manipule bien. Il m'a fallu environ une minute pour la mettre, je l'ai gardée le temps de faire quelques bricoles pour constater qu'on ne la sentait pas du tout, et puis je l'ai retirée aussi facilement que je l'avais mise, une vraie ninja.
Et quelques jours plus tard figure-toi que je n'ai jamais été aussi contente d'avoir mes règles! Juste parce que j'allais enfin pouvoir me débarrasser définitivement des bonnes vieilles protections périodiques. Oui je sais ça peut sembler complètement con mais celles qui savent... Savent probablement ce que je veux dire par là.
Première journée passée avec la p'tite mariole: aucune fuite ni gêne, retrait le soir car j'ose pas encore passer la nuit avec, fin de l'histoire.
Deuxième jour: la même, et je décide de la garder pour la nuit #ThugLife.
Festival de Cannes, Matin du troisième jour: je me réveille la gueule dans le pâté comme jamais, je vais à la salle de bain pour faire ma vidange et là... Impossible d'attraper la cup qui est remontée je ne sais où...
... Non je déconne! Elle est en fait remontée assez haut pour que je ne puisse pas l'attraper juste, sinon ce serait tellement pas marrant.
Et le matin vous me connaissez, je monte dans les tours plus vite qu'une cup menstruelle dans une foufoune! Ce qui n'a rien arrangé car je ne savais pas que le fait d'être énervée pouvait avoir un tel impact sur la contraction des muscles du vagin.

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Quoiqu'il en soit après un bon flippe, 40 minutes plus tard je sors enfin l'engin et décide de ne pas le remettre, et peut-être même, de ne jamais le remettre.
Sauf que ça m'a taraudé toute la journée car je n'aime pas rester sur un échec.
Merde, ça se passait si bien entre nous, pourquoi? Je suis allée à la pêche aux infos et thanks god je ne suis pas la première à qui c'est arrivé. En rentrant le soir, je remets ma cup "juste pour la soirée" parce que je suis têtue. Ça se passe bien.
Quatrième jour: ben tout va bien Micheline, on a même passé la nuit ensemble, et ce jusqu'à la fin de mon cycle.

Bilan de l'aventure P'tite mariole: Meilleur investissement de l'année 2019.

Ne jamais oublier de se dépasser!

J'avais dit que j'allais parler de mon dernier petit-gros périple en moto, here we are!
Je sais plus si je l'avais dit, mais moi, je voulais pas mon A[2] pour éviter les bouchons, même si c'est sympa aussi, je voulais rouler, je veux dire, partir, aller faire des trucs, bouger et à un moment, il a simplement fallu se lancer même si pour l'instant, ce n'est que l’entraînement.
Auto-école ou moto-école, même combat, tu sors de là avec des bases (solides c'est beaucoup dire mais utiles dans tous les cas) et un papier attestant que tu sais ne pas être dangereux/dangereuse, mais tu ne sais pas tout à fait conduire pour autant. Pour la suite il faut rouler, et plus le trajet est long, plus tu apprends.
Je n'ai pas regardé le compteur kilométrique de ma moto pour connaître le nombre de bornes qu'on a déjà fait ensemble, mais je pense qu'on est facile sur du 4 chiffres à présent. Plein de petits trajets urbains depuis le retour de la concession où je l'ai achetée (160km d'autoroute d'entrée ça donnait le ton), et nous dirons deux moyens-périples mais ici il ne sera question que du dernier.
360km de nationales, c'était sympa!
En personne très organisée que je suis je n'ai absolument pas anticipé mon itinéraire. La moto finalement, ça me réapprend à conduire sans GPS (je n'ai pas d'attache pour mon smartphone et je ne compte pas en prendre pour le moment car j'ai une flemme intergalactique) et c'est très bien!
Maintenant au moins, je sais que mon sens de l'orientation est efficace.
En personne super pragmatique, j'ai profité de ce trajet pour utiliser pour la première fois mon nouveau casque (mais quel génie!!!!), ajoutez à cela que j'étais malade, que ça faisait quelques jours que je ne pouvais rien manger et que ce jour là ce n'était pas mieux. Le reste? Freestaïle!
Sur la première partie du trajet, j'ai eu plutôt froid ce qui était plutôt chiant. Une centaine de kilomètres plus tard j'ai vraiment regretté de ne pas avoir pris mes gants d'hiver même si ce n'était plus l'hiver, et je commençais à avoir mal au cul. Whatever, j'ai découvert aussi qu'il faisait plus froid quand je passais aux abords des forêts et des forêts, il y en a beaucoup. Que les motards en BMW ne disaient jamais bonjour, que je doublais parfois comme une merde sur la roue arrière (c'est mal ne faites pas ça chez vous), et que putain de merde ce nouveau casque me faisait affreusement mal à la tête ce qui aggravait furieusement ma nausée. Et en plus pour bien faire, je me suis bouffée l'intérieur des joues!


L'effet caméléon on n'aime ou on n'aime pas, moi je surkiffe!


Il était vraiment temps que j'en change, mon Shark est parfait pour les trajets urbains, le fait qu'il s'allume est un véritable atout la nuit, mais au-delà des 80 il siffle, bouge (les mousses ont vraisemblablement dû se tasser) et en plus il a une prise au vent vraiment désagréable peu importe le type de moto. J'ai donc pris un Scorpion qui me faisait de l’œil depuis quelques mois, une entorse au règlement du total-noir-mat mais franchement il est terrible, et puis sans soleil, il est noir de toute façon. Pas de sifflement, beaucoup moins de prise au vent, bien plus silencieux.
160 km plus tard, j'étais aussi à l'aise dedans que dans mes chaussons, même si j'avais toujours mal au cul.
J'ai dû m'arrêter en urgence pour sortir une guêpe de mon casque justement, et j'ai eu beau chercher je ne sais toujours pas par où elle a bien pu passer. J'ai repensé à cette sombre histoire de frelon dans le slip et ça m'a fait beaucoup rire (rien à voir avec moi je précise) avant de repartir.
J'ai expériencé la fatigue au bout d'un peu moins de 300 bornes e la fatigue en moto c'est la merde.
J'avais froid, je ne sentais plus mes mains, je n'avais plus de force, et j'étais raide comme un piquet, en plus d'avoir vraiment très mal au cul. Le plus chiant étant clairement le froid car tu te crispes, qui plus est tu ne sais pas si tu dois accélérer pour arriver plus vite en sachant que tu auras forcément plus froid ou bien ralentir tout en ayant froid en sachant que ça va durer encore plus longtemps. Le choix de merde ou le choix de merde. Ne sachant quoi faire, j'ai maintenu mon allure qui était déjà bien rythmée.

J'étais presque arrivée quand un chevreuil a traversé, me faisant oublier mon séant qui commençait à se décomposer de douleur.
Justement le matin je me demandais comment ce genre de situation devait se gérer (la bestiole, pas le mal au cul). Et bien comme le mal au cul: ça ne se gère pas. La bestiole traverse devant toi, tu flippes violemment ta race, tu t'arrêtes au refuge suivant pour te remettre de tes émotions et poser tes gants sur le moteur. A ce moment là il faisait quasi nuit, j'avais le derrière en miettes la clope au bec sur le bord de la route au milieu de nulle part. Et alors que je me disais que j'avais eu de la chance, j'ai entendu un bruit bizarre: un second chevreuil a traversé juste à côté de moi #facepalm. J'ai pas attendu le troisième, j'ai remis mon équipement et j'ai gazé jusqu'au garage. Et tant pis pour mon derrière.
J'ai eu très froid, ce fut l'heure la plus longue du monde, j'ai fait un tour de périph de nuit dans un état lamentable, mais je suis rentrée.

J'ai pris une douche, je me suis couchée fissa sous trois couettes avec mes chiens. Ma carcasse a mis deux jours à se remettre de cette journée.

... Et j'en avais autant sur le blouson et la moto #PointSupertimor

Peut-être que d'un point de vue extérieur et pour d'autres motard(e)s, 360km c'est rien, effectivement, quand on a l'habitude, ça doit pas être grand chose, mais je ne l'avais jamais fait et je voulais savoir si j'en étais capable. Maintenant que je sais que c'est le cas il me tarde de remettre ça vers une autre destination!
Peut-être que d'un point de vue extérieur encore, cette balade ressemble à une grosse galère. En fait pas du tout. Déjà ça a été une belle journée, ensuite j'ai appris énormément! Maintenant je fais des roues arrières parfaitement naturellement et je suppose que ma plaque d'immatriculation ne va pas tarder à finir sur la chauss... Oubliez ça. J'ai pris une belle aisance quoi.

Le pot d'échappement: votre meilleur ami pour vous réchauffer les pieds

Pour terminer, je me suis laissée dire qu'il fallait être "un peu couillu pour partir seule", j'aurais plutôt envie de dire que c'est là tout l'intérêt de la chose.
Comment te dire que la moto c'est formidable pour les raisons qui suivent:
- Tu n'es pas joignable et tu as une bonne raison de ne pas l'être
- Tu vas où tu veux
- Tu fais ce que tu veux
- Tu chantes toutes les merdes du monde dans ton casque
Et j'en passe! Après, peut-être que sans intercom je supporterais de rouler avec d'autres personnes, j'essaierai un jour quand je serai grande.

… Tell me to count to ten

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Passez une belle fin de week-end les Bitches!