Vermines par Romain R. MARTIN

"Bourganeuf, petite commune isolée de la Creuse. Arnaud Vallaud, jeune taxidermiste asocial et cynique, impose le respect par sa verve et sa mauvaise foi.
Accompagné de Pascalin, le brave du village, il tient une boutique et mène une vie très monotone jusqu'au jour où une armoire normande écrase son chien. Son quotidien se transforme alors en une série d'aventures burlesques et tragiques.
Hasard, accident ou vengeance?
On n'est jamais aussi seul qu'on le croit..."


J'avais vu la cover passer sur FB, peut-être 100 fois. Vermines ça m'avait parlé, Vermine c'était le petit nom du chien que j'avais il y a quelques années et qui portait d'ailleurs très bien son sobriquet: une vraie saloperie, je l'adorais c'est juste qu'il avait une manière particulière de me le rendre par exemple, en pissant systématiquement sur mes rideaux, un vrai bonheur.
Et puis Vermines est arrivé dans ma boite aux lettres il y a quelques semaines. Le livre, pas le chien... A dire vrai l'urne de ce dernier est présentement dans un placard de ma cuisine. J'ai mis du temps à le finir, toujours le livre et toujours pas le chien qui lui s'est fini tout seul il y a bien longtemps sans l'aide d'aucune armoire, ni normande ni suédoise. Et j'ai mis du temps à le finir parce que je n'avais tout simplement pas envie qu'il se termine, aimant bien trop la météo pourrie, les animaux empaillés et les petites bourgades perdues (mes confesses aux habitants de Bourganeuf pour ce qualificatif quelque peu douteux s'ils devaient se perdre par ici). C'est d'ailleurs le seul reproche que je pourrais faire à ce bouquin: il est trop petit, bien que cela n'entame en rien son côté redoutable.
Vermines est à mon humble avis, une petite merveille de 178 pages, un véritable enchantement d'une acidité rare que j'ai apprécié au plus haut point jusqu'au dernier signe, allant parfois, jusqu'à hurler de rire en me promenant le long de ses lignes. Je sais, pour le coup ça peut peut-être sembler atroce, mais j'adore l'humour corrosif et j'ai trouvé tous les personnages, bien que parfois relativement abjectes ou bien encore désagréables, très attachants au demeurant.

"... Bien avant mon père, c'est ma mère qui prit conscience d'avoir mis au monde un monstre doublé d'un escroc. C'est son instinct maternel, je crois, qui l'a alerté sur ma douteuse condition humaine - très loin de celle de Malraux - tandis que mon père n'aurait décelé aucune once d'hostilité à être convié à boire des mojitos dans un bassin semi-gonflable de méduses sodomisant des oursins..."

L'histoire est simple mais bien déroulée, c'est fluide, mordant, vif, l'univers est aussi monotone que charmant et les événements relatés sont d'un commun affligeant, mais c'est tellement bien écrit que dans cette veine j'aurais signé pour 1000 pages du descriptif d'un chien qui chie dans un caniveau s'il avait fallu. Heureusement, la trame de Vermines vole beaucoup plus haut je vous rassure, et ce bouquin mérite vraiment qu'on se penche sur son cas! Je ne sais pas comment décrire ce livre mais une chose est sûre c'est qu'il est vraiment bon et qu'il ravira les personnes qui trouvent les romans dits noirs, rafraichissants. Une belle démonstration littéraire de la part de l'auteur, en espérant que ce ne soit pas la dernière car elle a un petit goût de trop peu.


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