The journey

Par une douce soirée printanière, ne savant que foutre, je me suis mise à lire mes vieux journaux intimes. Ma conclusion est, que mon adolescence pourrait facilement faire un scénar de timbré.

Le temps faisant son œuvre, j'ai redécouvert tout un pan de ma vie que j'avais oublié à 90%, et je trouve vraiment fabuleux d'avoir été de ceux qui ont pris du temps pour consigner si soigneusement des événements et autres anecdotes, même s'ils sont parfois vraiment limites, car je suis plus que ravie d'y avoir encore accès des années plus tard.
Le fait est que, et on se faisait un peu tous la réflexion dans la voiture en rentrant de vacances, la vie d'adultes c'est très bien, mais plus encore: c'est chiant. Y a des jours tu te demandes si c'est la réalité ou une expédition punitive, tu ne peux t'échapper de rien ou presque et si tu le fais, t'es à peu près sûr-e que ça te reviendra dans la gueule avec des intérêts à 12% si c'est pas pire. A côté de ça ouais, tu as enfin la liberté, qui n'est au final, presque qu'une vague illusion d'être libre puisque tu es prisonnier-e d'un système malgré tout et qu'il est bien pire que l'autorité parentale.
Moi à 14 ans, j'avais des problèmes de filles de 14 ans qui me semblaient évidemment insurmontables, comme tanner la reine mère pour avoir un scooter, et dieu sait que la pauvre a chargé (je lui décerne aujourd'hui la médaille de la patience), râler parce que je n'avais pas le droit de partir en vacances à la montagne avec des potes (et elle avait peut-être raison), et me rouler par terre pour avoir une dixième mais indispensable paire de Doc. Par contre, ça m'a pas fait super sourciller de foirer de 10 points mon brevet blanc parce que tu comprends, j'étais super bien trop occupée à savoir quel mec j'allais galocher à pleine bouche le week-end suivant à la patinoire. D'ailleurs pour bien faire avec ma meilleure amie, on a révisé le brevet en torchant des binouses, et ça a super bien fonctionné. Et puis on s'est cassé la gueule dans les buissons en Bw's et on riait tellement qu'il a fallu que quelqu'un viennent nous aider à nous relever mais cette fois là, on avait rien bu.
A 15 ans si le plus beau mec du lycée me reluquait c'est probablement "parce que j'avais un truc qui merdait dans mes fringues", j'allais aussi accompagner ma meilleure amie chez son psy à Toulouse puis on partait picoler à St Cyp' dans la foulée. Il m'arrivait de me retrouver chez des gens que je ne connaissais pas beaucoup voire même absolument pas pour fumer des pétards le mercredi après-midi, et de squatter je ne sais quel parc miteux sous la pluie avec un gars qui heureusement n'était pas l'homme de ma vie.
J'ai passé le plus beau 14 juillet du monde avec Morad, un grand amour qui a duré au moins trois mois. J'ai fait des soirées honteusement alcoolisées sans vergogne dans des endroits complètement improbables, j'ai dormi (oui, juste dormi n'exagérons rien) avec des gens que je ne connaissais que peu voire pas et je ne sais pas comment on se démerdait mais quand les parents venaient nous chercher, on marchait toujours excessivement droit, alors qu'à 20 ans quand t'essayes de rentrer bourrée discrètement, tu te payes obligatoirement tous les meubles que tu croises chez toi et même ceux que tu ne croises pas d'ailleurs.

Je me suis retrouvée dans des situations impensables à faire des trucs... Impensables aussi, comme de prendre une douche à cinq en buvant du pastis et en chantant la macarena, j'ai aussi fini dehors dans un canapé au milieu d'Empalot pendant qu'un pote se faisait raser la tête par le dealer du coin dans le fauteuil juste à côté, le tout avec un énorme radio-k7-CD qui crachait l'école du micro d'argent (un très bon album). Voilà pour la partie la plus mignonne du périple, mais en gros je dirais que globalement, j'ai fait environ n'importe quoi à peu près n'importe où... Et qu'au final, ça n'a pas vraiment changé sauf que c'est malheureusement plus rare.

A 16 ans, pour résumer, après avoir fait bien assez de free, après qu'on se soit bien marré en sniffant du tip-ex avec les copines en cours de maths, et après être sortie avec le batteur d'un groupe qui s'est littéralement foutu à oilp en plein concert devant tout le lycée, ça s'est compliqué. Et même devant le dit journal de cette période 16 ans plus tard il m'a été délicat de lire une des plus belles parties de ma vie puisqu'elle a tout anéanti quand elle s'est terminée. Le journal suivant a été volontairement détruit il y a quelques mois car ça ne m'apportait vraiment rien de bon de garder cette merde. Quoiqu'il en soit, ça m'a fait du bien de me souvenir de tout ça et franchement, j'ai définitivement eu une adolescence absolument géniale.
J'en ai déduis que... Si j'avais oublié la majeure partie de cette dernière, c'est peut-être parce que j'étais en partie souvent bourrée, mais cette seule explication ne tient pas si je considère que ma vie actuelle est tellement dingue que je n'ai juste plus le temps de me souvenir et que c'est finalement très triste.

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