The end of an era

Plus on a des choses désagréables à conscientiser, plus on boucle et plus c'est difficile. Qui plus est quand on lutte dans ce genre de circonstances on est toujours plus enclin à faire des tours sur soi-même pour se prendre le même mur en pleine gueule plutôt que d'aller dans une direction plus constructive. Il faut laisser le temps, quand l'air du bocal devient vraiment vicié on n'a forcément plus d'autre choix que celui d'en sortir.

Ce fut largement la boucle la plus désagréable que j'ai expérimenté, niveau toxicité le level était sympa, je suis allée au-delà de toutes les limites sans trouver de réponse. J'ai tout décortiqué, j'isolais des éléments, je prenais le mur, et je recommençais indéfiniment. Jours et nuits. Chaque fois je me prenais un gros échec dans les dents, c'était pas ça. A aucun moment je n'ai percuté que le travail avait commencé, comme je ne percute plus rien depuis des jours d'ailleurs, et que c'était pas des échecs mais avec du recul, juste le chemin qui était en train de se définir.

Les vagues étaient douces et fortes, solides, bien creusées. Pas énormes mais pas petites, c'était facile. En sortant de l'eau j'étais bien, et toujours complètement éclatée de fatigue au dernier stade du dernier degré du dernier niveau du sous-sol de l'épuisement, on l'a pas dit mais c'en était au point où j'ai réussi à dormir un œil à moitié ouvert quand-même (lol). Il devait falloir que je me mette dans un état vraiment merdique pour ne plus avoir la force de lutter contre le fait que je ne détestais personne, mais que j'entretenais un sacré conflit avec moi-même. J'étais bien mais j'étais pas libre et c'est à ce moment là que la cause de mon mal-être a changé de cible, ce qui n'a pas aidé sur le moment. D'un coup il ne me semblait plus utile de compter les points, de savoir, de décortiquer, d'analyser, d'expliquer, d'excuser parfois, je me suis attardée sur un arbre alors qu'il y avait la forêt derrière.

Je ne m'attendais pas à des miracles, mais pas à me retrouver dans une impasse non plus. Le retour fut épique, au point ou très sincèrement, je sais pas comment j'ai fait pour conduire, je ne me souviens plus de la route. Par contre je me souviens d'être rentrée, d'avoir rangé mes affaires et de m'être trainée jusqu'à la salle de bain pour me laver les dents (... bizarrement...). J'ai regardé ma gueule, j'ai regardé mes os (pour ceux et celles qui se demandaient, la bière ne fait pas prendre du poids, en tous cas pas si tu danses beaucoup pendant que t'en bois lol) et c'est là que j'ai enfin admis que je ne pouvais pas continuer à m'infliger cette colère et qu'il fallait que je regarde les choses en face, à commencer par moi et forcément comme tout le monde dans un contexte conflictuel, j'ai pas kiffé.

Si on m'avait pas coupé l'herbe sous le pied, je serais clairement passée à l'action sans sourciller c'est d'une évidence absolue avec le fait que je l'aurais fait en trainant un boulet ce qui n'aurait été bon pour personne. C'est cette certitude d'avoir vraiment tout fait pour aller jusqu'au bout qui à fait que je suis allée fouiller encore au-delà et j'ai trouvé puis levé un très vieux mouchoir méticuleusement posé sur une petite ligne. Aucune révélation inattendue, mais une précision que je pensais complètement accessoire (et c'est bien là tout le problème). Donc je suis remontée encore plus loin pour savoir depuis quand c'était là: fin 2010, bien, et qu'est ce qui s'est passé fin 2010? Très bien on y est. Autre chose? Non et c'est déjà pas mal. J'ai pas eu la force de me foutre en rogne une énième fois mais ça aurait pu, après je me suis déjà fait tellement de mal que c'était pas super nécessaire non plus. Du reste, ça ne me surprend pas outre mesure d'avoir trouvé ça vu ce que je trouve chez les autres, dans 98% des cas c'est des putains de détails qui mettent une merde sans nom, c'est d'ailleurs peut-être aussi pour ça que j'ai eu tant de mal à y aller, en plus de savoir que ça allait être déplaisant, je savais que ça allait être une connerie.

J'ai attendu avant d'écrire ça, parce que sur le moment je me suis dit que j'avais eu tellement d'épiphanies que ça pouvait encore en être une de transition. Mais si je prends en compte le fait que je n'ai plus d'extrasystoles, que je dors tout à fait normalement (et les deux yeux fermés), que je mange tout aussi normalement, que je n'ai plus de montée de haine comme j'ai pu en avoir, et ce depuis ce moment là, je crois que cette fois on est bon.
Effectivement depuis que mon miroir m'a symboliquement renvoyé un geyser de chiasse, et ça par contre contrairement au reste je l'ai assez mérité, au-delà de la disparition de la symptomatique colorée sus-citée, je suis dans mon état normal, ça faisait 5 ans que ça ne m'était pas arrivée, qui plus est, émotionnellement stable depuis 48h. Beaucoup de ressentis par rapport à beaucoup d'événements qui ont eu lieu ces dernières années se sont complètement résolus, dissouts, et je me suis décidée à prendre les choses et les gens pour ce qu'ils sont, totalement. Plus pour ce qu'ils ou elles ont été, plus pour ce que je pense qu'ils ou elles sont ni pour ce que je voudrais qu'ils ou elles soient. Partant de là je pense être dans de meilleures conditions pour faire mes choix et je dis bien mes choix de manière entière et saine plutôt que de mettre la charrue avant les bœufs et au final de me saboter moi-même.
En vous souhaitant une belle journée, je vous retrouve dans trois jours pour la mise en ligne de GENESIS 8.

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