Les vacances, la rentrée, l’automne et le reste

Avant de partir en vacances, je me suis dit que ce serait quand-même... Plutôt nécessaire de refaire un tour chez ma médecin chinoise. Aussi et surtout parce que j'ai paniqué sur un truc qui va sembler carrément con aux yeux du commun des mortels mais j'avais mal au majeur de la main droite. Et je vous vois venir! Non! Je n'ai pas trop fait de fuck aux gens (même si j'en fais beaucoup, c'est vrai), par contre mon majeur droit me sert vachement pour freiner en moto et si j'en arrivais à avoir tellement mal que je ne pourrais plus freiner, ce serait la fin de ma vie!
Oui! La fin de ma vie!
Et pas parce que je me tuerais non. En vérité, je ne me suis jamais trop servie des freins (à part en skate et on a vu ce que ça a donné!), mais des fois c'est un peu utile alors il faut quand-même que je sois en capacité de freiner. La mort, c'est de ne plus faire de moto.
Donc je suis allée chez la MTC. Elle ne m'a pas démâté le dos, par contre j'étais criblée d'aiguilles sur tout le côté droit car, je l'ai pas dit mais j'avais mal: au pied droit, au majeur droit et à la cuisse droite. Oui on sait, c'est chelou mais t'as déjà croisé quelqu'un de normal ici? Bon. Les décharges électriques étaient telles que j'en ai hurlé. Définitivement je déteste ça, ce qui ne m'empêche pas d'y retourner.
Bref.
J'avais soigneusement évité d'aller la voir depuis le décès de la Reine Mère car la MTC agit aussi sur le plan émotionnel. Et comme je le redoutais, depuis ce dernier rendez-vous, je ne fais que chialer. Ça fait du bien, vraiment je pense que j'en avais besoin. C'est chiant parce que j'ai des remontés pas toujours très sympas mais je me sens vraiment plus légère. Sur cet entrefaite, j'ai pris la décision d'aller voir un ostéo, rien à voir avec la choucroute, et mon majeur va beaucoup mieux!
Les 15 jours qui ont précédé mes vacances ont été une vraie curée, du taf par dessus la tête en plus du reste, heureusement j'ai réussi à dégager un moment pour partir faire un peu de plongée à la Méditerranée.


Moi, hurlant que j'ai fait pipi dans l'eau, me dirigeant vers les sanitaires pour rincer mon maillot en néoprene qu'il tient pas chaud du tout


Très franchement, c'est loin d'être l'endroit rêvé pour plonger, mais de manière totalement égoïste, j'y étais allée l'an dernier dans des conditions pas terribles et il fallait que j'y retourne pour réécrire. Ce périple qui partait de la frontière Espagnole ne convainquait pas grand monde, mais je suis ravie que tout le monde ai kiffé au final. On remet ça l'an prochain sur un autre spot, le plan est déjà dans les tuyaux et j'ai très hâte! :D
Ensuite direction la Westcoast!


Les raisons de cet égarement ne méritent pas d'être dites ici mais, cette année j'avais décidé que j'allais bronzer, et j'ai bronzé, beaucoup! Tellement que le seul truc que j'ai pécho au bord de la piscine fut une insolation #PrivateJoke, et que je suis rentrée avec la certitude que j'étais toujours allergique au soleil #CaCestFait.
Même si je ne vais pas avoir la place de tout raconter ici, c'était des vacances excellentes! Et même... Formatrices en un sens aussi. Par exemple, maintenant je sais que dans ce coin là, tu as beaucoup de gens coincés dans une mentalité des années 50, et que c'est fort dommage. Surtout pour eux. Je laisse pisser, finalement autant de niaiseries c'est presque touchant mais je vais m'arrêter là car sinon, vous savez comment je suis, je vais finir par rendre.
Depuis que je suis rentrée je n'arrête pas, j'ai toujours autant de boulot MAIS comme je l'ai dit dernièrement sur Patreon: G9 est terminée.
G9 aura été une torture jusqu'au bout pour milles raisons, la pire de toutes bien qu'elle soit loin d'être la plus dégueulasse! Si vous souhaitez en savoir plus et avoir toutes les news concernant la vidéo et l'expo, je vous invite à vous inscrire. Tout ce qui concerne G9 est accessible à partir de 5$ (+ plein d'autres contenus!) de même qu'un code promo pour le shop sera aussi disponible dès la mise en ligne.
Sur ces belles paroles je vous dis à très vite et je vous souhaite une très belle fin de week-end :).

Après 10 ans de harcèlement, le bilan

Ça fait quelques temps que je m'interroge sur l'éventualité de faire un post au sujet de ce truc absolument sordide sur lequel je me suis toujours tu afin de ne pas envenimer la chose, mais je ne voulais donc pas en parler ici avant d'être à peu près certaine que ça allait se terminer.
Dernièrement les choses ont bougé d'une manière totalement inattendue alors que je venais de réunir tous les éléments pour déposer plainte et, bien que cela fasse déjà quelques jours que j'ai une paix royale, j'ai du mal à être convaincue que c'est bel et bien fini. En 10 ans, il y a toujours eu des hauts et des bas, des absences suivies par des retours de plus en plus oppressants de la personne harcelante, faits rendant très compliqué mon positionnement aujourd'hui.
Comment vous dire que j'ai plus vraiment l'habitude d'être tranquille après dix longues années à vivre périodiquement sur le qui-vive? Sans dire que ça a été tendu tous les jours, ces 4 derniers mois ont par contre été les plus pénibles et écrasants. Harcèlement, menaces et finalement mise à exécution des menaces... Et je peux pas dire que sur ce coup là j'ai pas eu une bonne étoile car il s'en est fallu de peu. Encore aujourd'hui je ne préfère même pas imaginer ce qui aurait pu se passer!
Pas mal de monde m'a demandé pourquoi je n'avais pas déposé plainte et la vérité... Est que je n'ai jamais vu une plainte aboutir, donc en dix ans, ça ne m'a jamais traversé l'esprit. J'en ai déposé qu'une dans ma vie qui n'a abouti à rien, et dans mon entourage ceux et celles qui l'ont fait ont récolté le même résultat, parfois même si le motif était grave. On peut donc conclure que si je me suis sentie dans l'obligation de constituer un dossier pour me pointer au commissariat c'est vraiment que j'étais dans un désespoir profond. Ce qui était d'ailleurs le cas. Mon opinion n'engage que moi, il n'est basé que sur mon expérience et mes constatations, je ne sous-entends pas que la justice ne fait jamais son travail, mais plus simplement, il existe un delta monstrueux entre Enquête d'action et consorts, et la réalité. Bref, pour conclure, ce harcèlement me bouffait déjà la vie et m'empêchait déjà de vivre normalement dans certains aspects de mon existence, ce n'était pas prioritaire d'aller perdre du temps en blabla dans un bureau même si le temps était pourri... Et qu'il l'est toujours.
Dans tous les cas j'espère que cette fois, c'est vraiment la bonne et que je n'entendrai plus jamais parler de ce type. Par précaution je n'irai pas plus loin publiquement, mais je tenais à remercier toutes les personnes qui m'ont aidé et/ou soutenu dans ce merdier.
Et j'invite ici les membres du site à se connecter afin de lire la totalité de ce post. Pour les autres, je vous souhaite une belle journée, une belle soirée, une belle nuit, comme d'habitude: c'est selon ;).

Hypnose – Le bouton Off

Il ne me semble pas avoir encore parlé d'hypnose ici, probablement car je n'avais pas encore assez de recul sur la pratique. Je n'en ai pas vraiment plus, mais depuis que j'ai mon diplôme je vais de surprises en ravissements (c'est niais, mais vrai!).
Je n'écris pas aujourd'hui pour broder sur ce qui m'a amené à vouloir me former à l'hypnose, ça faisait un peu plus d'un an que j'en avais envie et je me suis décidée à sauter le pas car après des années à exercer la psychanalyse, l'hypnose était une suite logique et un complément nécessaire à ma profession, cela s'inscrivait donc dans la continuité quoiqu'en disent les puristes (qui plus est cela ne m'intéresse pas).
J'ai commencé à hypnotiser très rapidement, les proches les plus curieux pour m'entrainer durant ma formation, et en cabinet dès la semaine suivante et les résultats sont bluffants. Je me suis beaucoup plongée dans l'auto-hypnose afin d'améliorer un ou deux détails chez moi, de même que j'avais établi un protocole pour me préparer à l'examen du plateau moto. Protocole qui a excellemment bien fonctionné, au point que je n'ai pas vraiment de souvenirs de l'examen en lui-même mais l'important étant que je l'ai réussi. Et je viens aujourd'hui déblatérer sur ma dernière expérience.
L'hypnose est un outil qui s'avère puissant, voilà pourquoi je ne m'approche pas de certains troubles avec car je trouve ça trop brutal (ça n'engage que moi et mon point de vue de psychanalyste, je ne souhaite pas ouvrir de débat à ce sujet). Puissant au point de libérer l'individu d'énormément de choses qui l'handicapent ou le font souffrir, puissant au point de le reprogrammer partiellement.
Il y a peu je me suis retrouvée tortillée par des émotions qui n'avaient plus lieu d'être et dont je voulais me débarrasser, très fort, au point d'avoir envie de tout effacer. A ce moment là, j'avais fait le tour de la problématique dans laquelle j'étais, j'en avais tiré un apprentissage, et de cet apprentissage a découlé l’inéluctable à savoir que le malaise engendré par la situation ne me servait plus à rien. On sait bien qu'il faut du temps pour se libérer de certains événements, et on prend toutes et tous ce temps, pour comprendre, pour apprendre, et il arrive un moment où, il reste ce que j'appelle les mauvaises habitudes et ces dernières peuvent nous faire perdre un temps dingue pour plus grand chose. C'est ici que j'ai pensé à l'hypnose pour terminer le ménage et donc au départ, tout effacer.
Si on peut faire oublier un chiffre avec l'hypnose, après réflexion, j'ai trouvé malgré tout fort peu déontologique de me faire oublier totalement l'existence d'une personne (oh-sans-déconner? :D) et puis surtout j'avais la flemme d'évaluer les conséquences qu'un truc aussi extrême pourrait avoir de fait il m'a semblé plus sage de niveler mes ambitions. L'idée n'était donc plus d'effacer bêtement, mais de recadrer et lâcher-prise. De suite, c'était quand-même mieux.
Après la première séance, ça allait déjà mieux, je ne me prenais plus la tête mais c'était encore trop présent. Quinze jours plus tard, après la seconde, j'expliquerais pas comment ni pourquoi mais objectivement, ça n'avait plus d'importance et puis un jour, y a pas si longtemps, j'avais oublié.

J'y serai effectivement arrivée sans hypnose, je l'ai déjà fait par le passé, mais jamais si rapidement. Le résultat est en place depuis quelques jours, sans fluctuations particulière, je suppose donc que c'est ancré.
Et vous pourriez me demander, qu'est ce que c'est, le bouton off?
Pour la faire courte, ça vient d'un échange sur Twitter datant d'y il a quelques années. Et le bouton off, c'est le bouton sur lequel on aimerait appuyer pour arrêter son cerveau quand quelque chose fait trop mal, ou nous prend trop la tête. Mais finalement, pourquoi devrions nous nous infliger ça? Ce serait tellement dommage. C'est aussi dommage de s'emmerder trop longtemps. Parfois, on peut actionner le bon curseur pour retrouver la paix intérieur, sans devoir arrêter son cerveau, en supprimant juste les mécanismes qui nous empoisonnent, on arrive à un apaisement vraiment libérateur. Donc... J'ai pas trouvé le bouton off, je ne préfère pas savoir s'il existe vraiment un bouton erase, par contre j'ai trouvé un levier plutôt efficace pour arriver à un résultat à peu près similaire à quelques nuances près.

Quand les Autres deviennent toxiques

C'est pas que je ne m'étais jamais rendue compte de la capacité des Autres à être toxiques, je fais malheureusement partie de ces personnes qui peuvent se faire très vite empoisonner par ses semblables de base (et encore j'ai fait vachement de progrès!). Par contre je commence à comprendre pourquoi malgré les progrès que j'ai fait je ressens toujours un étouffement à un moment ou à un autre, de même que j'ai décidé d'arrêter de croire que c'était moi et ma nature "asociale" la grande responsable de mes maux et des maux de tout le monde en passant.
A ce sujet, en 2018 j'ai décidé d'arrêter de me prendre pour une conne, car non, effectivement, je suis bien loin d'être asociale, il m'aura fallu moult événements, récents pour la plupart, pour m'en rendre compte, ainsi qu'un énorme, bien en évidence sous ma gueule et qui dure depuis des années: mon boulot.
Concrètement, tu ne peux pas travailler avec l'humain, tu ne peux pas à ce point avoir à cœur de mettre 200% de tes compétences professionnelles au service du mieux-être de l'Autre et t'afficher en tant qu'asociale, c'est un non-sens absolu, d'autant plus que je ne me force jamais. Plus récemment, j'ai découvert que je pouvais tisser des liens très simples et tout à fait sincères avec des inconnu(e)s que j'ai plaisir aujourd'hui à croiser quasi au quotidien. On échange trois mots, peut-être, et c'est tellement agréable. Je suis également parfaitement capable de nouer d'authentiques amitiés avec des personnes nouvellement rencontrées, c'est même quelque chose que je fais très naturellement, dans une certaine mesure puisque je ne suis bien évidemment toujours pas le fil de l'amitié.
C'est comme si des œillères m'étaient tombées, et si j'avais tendance à ranger les gens principalement dans deux catégories, aujourd'hui et depuis quelques temps, j'en considère beaucoup plus, peut-être d'innombrables, et tu peux pas savoir à quel point je me sens en accord avec l'idée qu'il y a 50000 types de liens soit autant qu'il y a de gens avec qui tu as des contacts. Je n'ai malgré tout pas pu revenir sur le fait qu'il y ait des personnes avec qui on pouvait s'entendre et d'autres non, ce qui m'a fait me rendre compte que j'entretenais involontairement des relations toxiques.
J'ai toujours pensé que certes, dans les relations au sens large, il pouvait y avoir une nécessité d'ajustements, ce qui concrètement est effectivement essentiel mais, jusqu'à quel point?
Déjà... Je me suis demandée pourquoi j'étais souvent à l'origine de la mise en place de "stop". Les personnes en face avaient pourtant des comportements qui me dérangeaient et qui je pense n'auraient pas dérangé que moi, mais c'était plus fort que moi je ne pouvais que conclure que c'était de ma faute puisque c'était un fait établi que j'avais un caractère difficile étant un peu asociale sur les bords, et si ce n'était pas moi qui mettais ça au fait, c'était les autres. Car c'était devenu un fait établi, étant donné que j'étais la première à dire que j'étais asociale, les autres le croyaient, alors qu'ils admettaient sans mal qu'ils n'avaient jamais rien vu d'asocial chez moi. Toujours est il que, c'était l'explication universelle, tous les problèmes, tous les conflits résultaient de mon comportement difficile et chez moi, cela se terminait dans de la culpabilité qui a fini par me bouffer, très fort ces derniers jours, avec tous les reproches qu'on peut se faire quand on se sent coupable de quelque chose. A l'inverse, les ajustements qu'on pouvaient me demander ont souvent été sur la base que ce que je faisais n'était jamais assez, jamais comme il fallait, finalement, jamais comme les gens voulaient, ce qui n'a évidemment pas arrangé ma culpabilité. Il était donc bien logique qu'à force, je pète un plomb, même plusieurs, d'un coup et très violemment. Pétage de durite dû à un trop plein, catalysé par une mise en contraste d'un fait extérieur que je vais expliquer un peu plus loin.
Avant tout, je me dois d'expliquer un détail, qui a d'ailleurs pesé lourd dans la balance quant au fait que je me catégorisais d'asociale à tord, à savoir qu'objectivement et en plus des faits cités plus haut, j'aime toutes les personnes qui sont dans mon entourage proche (dont quelques personnes à des centaines de kilomètres). Un peu fort de chocolat pour quelqu'un qui n'est sensé aimer personne hein? Ouais, c'était aussi pour ça qu'il était temps que j'arrête avec cette étiquette. Je suis tout à fait en capacité de leur dire que je les aime et bien que cela ne soit pas le même amour cela reste la même trame. Ce sont des personnes que j'aime vraiment et sincèrement pour qui elles sont. Je me permets maintenant de déposer ce lien ici, pour éviter d'une part que cet article fasse encore 5000 signes, pour bien modéliser la trame dont je parlais plus haut et pour rentrer un peu plus dans les détails de ma conception du sentiment d'amour.
Autant te dire qu'il va m'être bien difficile d'étouffer une personne comme certain(e)s peuvent le faire avec moi, étant donné que le seul effet que ça me fasse est un dérangement profond. Par contre, cela ne m'a jamais empêché de faire savoir que j'étais embarbouillée par ce type d'attitude, me faisant passer pour une ingrate puisque comme cet étouffement ou ces volontés extérieures étaient des preuves d'affection il était inconcevable pour les requérant(e)s que je ne les accepte (subisse?) pas. Comme je les refusais en me convaincant toujours un peu plus que j'étais une personne difficile, je culpabilisais. Et au bout d'un moment donc, au bout de nombreux mois... J'en ai eu assez de ce schéma d'auto-flagellation tout aussi toxique que le reste et je pense que c'est ce qui m'a fait exploser. Ça m'a fait mal, mais c'était un mal nécessaire.
Arrive ici l'élément catalyseur.
Cette composante ne nécessite pas que je m'y attarde, j'ai juste décidé, de moi-même, d'accorder ma bienveillance à quelqu'un parce que cette personne avait une certaine valeur à mes yeux. En ce sens, on peut donc considérer que je l'aimais, encore une fois, d'une certaine manière. Je ne me suis jamais imposée, tout en lui apportant un soutien et en lui donnant quelques outils pour aller bien. J'ai répondu à sa demande, sans anticiper ses besoins qu'elle seule connait mieux que quiconque. Et puis, à force d'observation, je me suis rendue compte que cette personne avait vraiment du mal à me donner une place (sans que j'en ai demandé ou souhaité une!), mais qu'en plus je n'étais pas réellement respectée en tant que personne non plus, alors j'ai décidé de laisser tomber. Pas parce que je n'arrivais pas à obtenir ce que je ne convoitais pas, mais parce que j'ai eu la nette impression que cette sensation d'être "en butée" m'obligeait à admettre que mon devoir était accompli. Il ne restait donc plus qu'à lâcher la corde, chose que je maitrise assez bien même si c'est pas toujours plaisant, le plus pénible là-dedans étant que la personne s'acharne à la faire exister alors qu'elle même n'y croit plus non plus.
C'était pas une expérience très agréable quand je fais le bilan, mes actions ayant été je pense, bien trop interprétées de travers, mon ego me soufflant souvent dans le creux de l'oreille que je mérite d'être mieux entourée et d'aider des personnes qui ne me traiteront pas comme si je n'étais rien (et il a parfaitement raison au demeurant), mais je l'ai fait, je ne le regrette pas et ça ne va pas m'empêcher de continuer ma route. S'il y a bien un truc dont je suis convaincue, c'est que chaque personne qu'on croise et que chaque épreuve (ou exercice) qui nous tombe dessus, est là pour nous apprendre quelque chose en nous donnant l’opportunité de nous améliorer.
Ici j'ai accepté qu'on me tienne a distance, je respecte car il doit y avoir des raisons bien que je les ignore. J'en connais beaucoup, et j'en eus connu des tonnes qui auraient chié des caisses de ce fait (beaucoup dans mes patients d'ailleurs), à base d'on me prend pour un con, on m'aime pas, cette personne est une manipulatrice. J'en ai parfois fait directement les frais et ça aussi, j'ai décidé de m'en défaire car cette vision de l'affection biaisée, à mon age, me fatigue et me gonfle au plus haut point.
Des manipulateurs et des manipulatrices, vous n'en croiserez pas beaucoup dans votre vie, par contre, quand les gens sont en détresse affective, c'est la raison qui est le plus évoquée alors qu'en fait les dites personnes manipulatrices n'ont souvent juste pas voulu plier devant la personne qui se plaint d'en avoir été la victime. On est presque en droit de se demander, qui tente de manipuler qui, finalement.
Je peux citer aussi l'exemple de ma meilleure amie, où devrais je dire, de mon ex meilleure amie.
Ça faisait déjà quelques années que je courais derrière, que c'était toujours moi qui appelais ou qui proposais des choses. Il y avait environ 3/5 jours de battement pour avoir une réponse à un SMS, les appels je n'en parle pas, quand elle décrochait, c'était il y a 4 ou 5 ans, quant au fait d'organiser ne serait-ce qu'une sortie fallait que je pousse comme une forcené. Ma mère est tombée malade et je n'ai eu aucun support de sa part, à part le jour des funérailles où elle m'a honoré de sa présence, mais je vous dirais qu'aussi moche que ça puisse paraitre, les funérailles de la Reine Mère furent bien moins douloureuses à vivre que les longs mois où je l'ai accompagnée dans sa maladie. En mettant tout ça bout à bout, j'ai lâché. Bien avant les funérailles en fait. Les gens ont envie ou n'ont pas envie. Peut-être était-ce une vengeance, mais comme j'en ignore (encore) les raisons j'en déduis que cela ne me concerne pas et que pour ne pas vouloir s'expliquer, la situation lui convient très bien comme ça. Elle est libre, et moi je suis libre de ne pas faire vivre une meilleure-amitié qui n'existe plus depuis longtemps. Je ne pense pas qu'elle se soit foutue de ma gueule, ni que ce soit une mauvaise personne, on a peut-être juste plus rien à se dire. C'est quelqu'un que j'ai aimé très fort et que j'aime et respecte toujours aujourd'hui, même si c'est forcément différent, mais si elle est heureuse sans moi, alors ça me va. Cette rupture m'aura permis de me concentrer sur les personnes qui avaient vraiment envie d'être , des gens qui répondent à mes appels/SMS et qui acceptent qu'on fasse des choses ensemble sans que j'ai à suer sang et eau pour les trainer quelque part, et qui me proposent des choses aussi. Voilà comment un truc a priori moche peut avoir d'heureuses conséquences. Le lâcher-prise à d'ailleurs toujours des répercussions quasi magiques.
Tout ça pour dire que, même si mon catalyseur n'est aucunement en rapport avec le reste et encore moins l'anecdote avec mon ex meilleure amie, il m'a fait me rendre compte que si je mets peut-être beaucoup de "stop" avec certaines personnes, je n'en reçois pas en retour car s'il y a bien un truc qu'il serait vraiment abusé de me reprocher, c'est que j'exige des choses des autres. Au contraire, je les laisse venir et je les laisse être. Ça ne m'intéresse pas de modeler les gens à mes volontés.
J'en suis à un stade de ma vie où j'aspire plus que jamais à la tranquillité, et je n'ai pas à m'octroyer des tares qui ne peuvent définitivement pas m'être imputées, ni par les autres, et surtout pas, bêtement, par moi-même. Je suis finalement bien comme tout le monde: une personne sympa qui ne l'est plus quand on lui marche sur les pieds. J'ai besoin de mon espace, je veux être entourée de personnes qui me respectent avec ce dernier, comme je les respecte avec le leur et à partir de maintenant, je ne prendrai plus la responsabilité d'un comportement déplacé à mon égard car finalement, ça a fini par bien me bouffer, et ça n'a aidé personne (si tant est que quelqu'un ait le sentiment de devoir être aidé mais ça c'est une autre histoire et ce n'est pas le sujet).
Malgré tout, je ne rejette pas tous les tords sur les autres, j'ai une immense part de responsabilité dans le fait que j'ai pété un plomb, et c'est ce que je corrige à partir de maintenant. Je ne veux pas qu'on m'oblige à me synchroniser sur un rythme qui n'est pas celui dans lequel je suis à l'aise, et je n'accepte plus d'être contrainte à le faire, je ne l'ai jamais exigé d'un tiers par conséquent je ne vois pas pourquoi j'accepterai qu'on le fasse avec moi, c'est inacceptable. Je ne veux pas mettre de côté mon cheminement (qui, en ce moment, est vraiment crucial et déterminant pour le coup) pour faire plaisir à qui que ce soit, ou par peur de déplaire et de passer pour ce que je ne suis pas. A un moment, il appartient à chacun(e) de savoir ce qu'il/elle veut, personne ne vous en voudra pour ça. Mon cheminement, qui résulte des événements qui se sont produits et se produisent dans ma vie, ne peut pas convenir à tout le monde, j'en suis consciente, jusqu'ici j'ai pris beaucoup de responsabilités (parfois... Invraisemblables d'ailleurs!) sur mes épaules au point d'en avoir des douleurs dorsales infernales pendant des mois, des années (qui m'ont quittée dès lors que j'ai pris conscience de tout ça CQFD), parfois justifiées mais souvent pas du tout. Maintenant, chacun est libre d'agir en fonction de ce qu'il veut, ça a d'ailleurs toujours été le cas. Une chose est certaine, je ne suis pas là, pour correspondre à ce qu'on attend de moi, je suis qui je suis et c'est à prendre ou à laisser.
2017 m'a démonté, ça a été la pire des années de ma vie et comme la pire des années qu'il peut y avoir ça s'est très mal terminé, mais j'avoue que même si j'aurais profondément voulu que tout cela n'arrive pas, ça m'a rendu beaucoup plus forte, et je suppose donc que cette remise en place dont il est question ici-même est une suite logique parmi d'autres et que ce n'est pas la dernière car beaucoup de choses doivent encore être réglées.
Ce n'est pas parce que je n'en parle pas que rien ne se fait, ceux qui me connaissent savent que de toutes façons, j’œuvre toujours en silence car je n'ai aucun compte à rendre. Je veux vivre ce que j'ai à vivre, évoluer à ma façon, comme je l'entends et si personne ne s'est demandé si ça me plaisait de faire cet apprentissage, préférant interférer avec des volontés diverses qui n'étaient pas les miennes, et bien ils peuvent bien en tirer les conclusions qu'ils veulent, m'affubler de tous les noms d'oiseau qui leur plairont, après cette explication s'ils brodent, cela ne pourra concerner qu'eux.

Le deuil: ce qu’on ne sait pas forcément avant d’y être passé

L'idée de ce post sur le deuil m'est venue... Parce que j'avais envie de l'écrire principalement, et je ne saurais pas vraiment le décrire. Je me suis basée sur mon expérience personnelle, ainsi que sur les observations professionnelles que j'ai pu faire. Son objectif n'est pas de culpabiliser qui que ce soit mais peut-être d'effectuer quelques focus et autres recadrages ainsi que d'apporter des précisions sur des éléments qu'il n'est pas forcément évident d'anticiper ou d'appréhender.
Pour terminer, si cet article peut donner l'impression d'être venimeux sous certains aspects, aucun règlement de compte ne transite par son biais. S'il est effectivement vrai que j'y consigne quelques voire beaucoup d'éléments personnels, j'estime que de mon côté tout le monde est au parfum de mes ressentis et il n'y aura par conséquent, aucune révélation particulière.

La mort ne s'anticipe pas

Deux types de mort s'offrent à nous: la mort brutale, qui n'était absolument pas prévue et qui vous tombe dessus comme une tuile qui n'irait se jeter nulle part ailleurs que sur votre gueule. Et la mort programmée, d'une maladie ou de vieillesse, moins surprenante certes, et qui produira le même effet que la tuile, pour la simple est bonne raison que...

La mort est inconcevable

Effectivement on sait qu'on va tous mourir mais ça s'arrête là, car en avoir conscience nous empêcherait probablement de vivre en [presque] toute insouciance. On n'envisage pas que ça pourrait nous arriver à nous demain, encore moins à nos proches! C'est pourquoi on ne vit pas forcément la vie qu'on aimerait, de même qu'on ne profite pas des gens comme on le devrait, prétextant qu'on a le temps. Oui dans l'absolu, du temps on devrait en avoir. Ou pas, car même si on préfère garder la mort à distance et la regarder du coin de l’œil, elle reste très banale.

Vous ne serez jamais prêt(e)

Le fameux "préparez-vous" qu'on entend environ très souvent en cas de maladie ou de dégénérescence d'une personne proche part d'une intention trouble pour un effet très moyen.

Au mieux on sait ce qui va arriver, et c'est bien tout. Encore au-delà de ça, vous avez l'espoir qui prend le dessus et l'humain est capable de nourrir un espoir tout aussi énorme que déraisonné. Objectivement non, on ne peut pas se préparer à ça, on n'est pas câblé pour et même de le savoir ne nous aidera en rien.

Ici et maintenant

Puisqu'on ne sait pas ce qui peut se passer demain ou qu'on préfère mettre au moins quarante-douze mouchoirs dessus, il faut apprendre à rester dans le présent et comme on nous dit souvent "profiter de l'instant". Ce qui concrètement revient à vous obliger à vous comporter d'une manière tout à fait normale (et positiiiiive!) face a une personne en train de mourir en espérant qu'elle ne vous demande pas votre avis sur son état si elle est en capacité de le faire (et si c'est le cas: elle sait, elle demande juste une confirmation/autorisation de votre part, ce qui est encore pire). Seconde problématique et pas des moindres, profiter de l'instant présent c'est admettre même partiellement que la fin est proche... C'est tendu. Comme on m'a souvent dit : "bon courage". Vous trouverez néanmoins moult occasions pour vous écrouler à loisir de la façon qui vous siéra le mieux à l'abri des regards.

Rien ne se passe forcément comme on l'avait prévu

Qu'importe la manière de mourir, un matin tu te réveilles et quelques heures plus tard c'est fini. T'auras peut-être eu le temps de dire au revoir, ou pas, ça se fera peut-être dans la douleur ou paisiblement... La finalité étant la même j'ai envie de te dire qu'il n'y a pas de bonne manière de mourir et que c'est toujours moche. Quoiqu'il en soit, c'est là que tout ce que je viens de dire te remonte au bon endroit: t'étais pas prêt(e), c'était pas possible et ça ne l'est toujours pas vraiment, le présent te joue encore un mauvais tour de même qu'à partir de là, le temps deviendra une donnée très variable tout comme la vie vient de te jeter dans un précipice immense.

La mort fait ressortir le meilleur ou le pire des gens

C'est détruit(e) au dernier degré que vous allez devoir faire avec certaines personnes ayant des comportements irrespectueux et parfaitement déplacés, souvent, au sein de votre propre famille. Par chance, pour elles surtout, vous serez peut-être trop abattu(e) pour leur mettre un coup de pelle donc vous prendrez sur vous, soit parce qu'on n'est plus à ça près, soit parce que ce n'est pas le moment de créer des discordes. Mais soyez patient(e), on ne reste jamais à terre pour toujours.

A côté de ça, certaines personnes jusqu'alors quasi inconnues pourront vous apporter du soutien, par bienveillance ou simplement parce qu'elles veulent vous niquer au sens propre, à vous de faire le tri.

La mort met mal à l'aise tout le monde

... Et provoque des réactions que nous qualifierons d'étranges car on est très poli, voir même de maladroites et blessantes, chez les gens qui ne sont pas concernés. Alors que vous n'avez même pas encore mesuré ce qui vient de se produire, on va vous proposer par exemple de sortir, de partir en week-end, un concert, un restau sans que vous ayez demandé quoique ce soit, pour vous changer les idées.

On peut le prendre assez mal, on peut aussi considérer le fait que ces personnes, qui dans 100% des cas n'ont pas encore traversé ce dans quoi vous essayez de survivre, elles-mêmes bouleversées par le déplacement qu'elles mettent en place, disent de la merde. A ce titre nous rappellerons donc just in case que perdre quelqu'un pour toujours n'est pas se faire larguer.

On pleurera plus tard

Et NON ce n'est pas forcément du déni, allez manger vos morts #Pardon.
Ça on ne s'y attend pas mais c'est tristement vrai: la mort est avant tout une formalité administrative et les démarches liées sont telles que vous n'aurez pas le temps de pleurer.
Objectivement, votre proche est à peine froid(e) depuis 30 minutes que vous devez déjà donner des consignes quant à son corps en attendant de mettre les pieds aux pompes funèbres, mais pour ce faire, il faudra récupérer l'acte de décès, statuant et officialisant donc... La mort de la personne à la minute près, document sans accroche particulière si ce n'est qu'il reste d'un formalisme anéantissant.
Il faudra alors annoncer un décès autant de fois que de personnes que connaissait le/la défunt(e), ce qui sera l'équivalent du nombre de fois où vous revivrez son départ. Cerise sur le gâteau, certain(e)s seront avides de détails et ça on s'en passe VRAIMENT. Ceci fait arrivent les déclarations administratives auprès des divers organismes où la personne avait un contrat, parfois il faudra prouver notre filiation, ce qui n'a l'air de rien mais qui est juste obscène en de telles circonstances, et plus rarement vous tomberez peut-être sur des organismes qui statueront que vous n'avez juste aucun lien de parenté...
... Sans commentaire.
S'en suit le début du déménagement du lieu d'habitation, le tri dans les affaires, le qui-garde-quoi.
En trois mois si vous avez pleuré quatre fois, c'est bien tout.

La préparation des funérailles

Si certaines personnes prévoient leurs obsèques de leur vivant, auquel cas la démarche s'en verra relativement plus légère sans pour autant être plus agréable, beaucoup plus ne veulent pas y penser.
Aux pompes funèbres, vous devrez choisir le cercueil, le lieu d’inhumation ou de crémation, l'urne éventuellement. Ce sera le moment de faire votre caca nerveux si vous ne voulez pas d'un corbillard doré (...), vous serez invité(e) à revenir pour apporter les vêtements que portera le ou la défunte pour son dernier voyage, avec un joli discours et la clé USB contenant la musique pour la cérémonie. S'il s'agit d'un parent décédé, j'espère que vous n'êtes pas enfant unique comme je le suis. Cette expérience fut abjecte.

La course au four

Si le temps nécessaire est pris lors des enterrements, en cas de crémation vous aurez 20 minutes pour dire adieu à votre proche. En tous cas, au crématorium de Cornebarrieu, et bien-sur, si vous n'êtes pas une "personnalité", auquel cas vous aurez le privilège d'avoir du rab.
Vingt minutes plus tard alors que le plumier vient de disparaitre vous êtes invités à libérer les lieux au plus vite, l'affichette à l'extérieur de la salle comporte déjà le nom de la personne suivante, les proches de cette dernière sont déjà dans la pièce attenante à la salle de cérémonie, et une heure plus tard, vous pourrez venir récupérer l'urne ainsi que vos fleurs laissées vulgairement dehors pour l'occasion. Ça n'engage que moi, mais j'ai trouvé le service de ce lieu que je qualifierai d'usine, parfaitement irrespectueux.

On va vous faire chier pour aller de l'avant

La pierre tombale sera a peine en place ou l'urne tout juste dans vos bras que quelques âmes bien pensantes vont vous presser pour aller mieux. Bien-sûr ça part d'une de ces bonnes intentions qui jonchent l'enfer, mais c'est aussi et encore un coup du déplacement: s'ils vous voient aller mieux vite, c'est qu'ils iront mieux aussi vite quand ce sera leur tour. Je suis au regret d'informer ces personnes que comme je le disais plus haut, au mieux on est en train d'accuser le coup, mais le deuil n'a pas encore commencé. Cette exigence d'un égoïsme crasse et fardée d'une pseudo bonne intention est donc encore une fois déplacée au possible.

Les gens vont disparaitre

Il y a les personnes maladroites et les grandes absentes, ces dernières seront les premières à être mises à l'écart de votre répertoire ou à changer de case. Gens de passage ou connaissances, deletées, ça dépend. C'est moins douloureux que de perdre sa mère, c'est exempt de rancœur, ça s'inscrit dans une logique telle qu'on a l'impression que les choses se mettent enfin en place. C'est moche mais plutôt agréable et ça permet de faire un coin de ménage sur votre existence car...

Vous allez disparaitre

Peut-être pas si vous perdez votre chien ou votre grand-mère, encore que ça peut faire tout aussi mal, mais perdre un parent, c'est perdre une partie constituante de soi, et ça... Je n'en avais vraiment jamais entendu parler, pas même dans les bouquins! Qu'est ce qu'on garde? Qu'est ce qu'on laisse? Qu'est ce qu'on a trouvé? Qu'est ce qu'on prend? Qu'est ce qu'on veut devenir? Ou est-ce qu'on veut aller? Et si ça n'a rien à voir avec la crise d'adolescence c'est un accouchement de soi-même en bonne et due forme. Faire le deuil d'un parent c'est faire le deuil de ce qu'on était et c'est aussi être prêt à changer. Et quand on change, notre entourage change aussi, d'articulation, partiellement ou totalement c'est selon.

On se laisse du temps

On n'est pas en train de traverser n'importe quoi. Durant mes études j'ai étudié les phases du deuil, son déroulé approximatif, et si tout est supposément complexe, j'en avais pas réellement mesuré la lourdeur et les enjeux même en l'ayant observé au travers de beaucoup de patient(e)s. Le deuil est un passage obligatoire dans la vie, une expérience... Dont on se serait passé ça c'est sûr, mais une expérience quand-même, et si personne ne va jamais au bout car ce n'est pas non plus dans notre câblage, essayons de faire ça du mieux que l'on peut. Si certaines personnes partent, nous on est encore là et on doit continuer de la meilleure des manières. Ce n'est pas parce qu'on s’octroie du temps qu'on n'avance pas.

On laisse filer

Avant que ça n'arrive, on imagine toujours que le jour où, nous serons dévasté(e), que ça va être invivable voire même qu'on ne s'en remettra pas. Dans les faits, on est effectivement dévasté, c'est invivable au point d'en être toxique, étouffant, et on se demande quand est-ce qu'on s'en remettra. Certaines personnes vont même être dans des états catastrophiques alors que la douleur de la perte sera raisonnablement visible chez d'autres. On ne peut pas savoir au préalable. Ce type de peine se manifeste toujours par "vagues". On peut tenir une journée sans qu'il ne se passe quoique ce soit, et se répandre en une seconde avant d'aller dormir si on y arrive. On peut passer une semaine sans toucher un kleenex, et quinze jours horribles. Je crois qu'il y a un temps pour tout et que tant que ça ne prend pas de proportions, faut laisser faire.

On ne se sent pas coupable

Ni d'être carrément mal, ni d'être à peu près bien, les deux s'enchainent dans un rythme aléatoire de toute façon. A force d'être au fond du seau on finit toujours par en avoir assez marre pour se décider à mettre un coup de pied au fond (et on en mettra beaucoup car on y va assez souvent) et même si on se sent bien on reste conscient que c'est dans un coin et que ça peut revenir. Venant des autres, on entendra peut-être quelques remarques grinçantes bien que dites du bout des lèvres parce que ça ne va encooooore pas, eheh oui, et alors j'ai envie de dire...

Accepter n'est pas oublier

Souvent les personnes en deuil ont tendance à assimiler le fait d'aller mieux et d'oublier la personne disparue. C'est faux. J'y faisais référence en amont, la mort n'est pas une rupture. S'il vaut mieux oublier une personne qui nous quitte, ce qui sous-entend aussi d'arrêter de l'aimer, là rien ne nous y oblige. Le travail du deuil mortuaire, c'est juste d'accepter mais ce n'est pas plus simple.

Et sinon, comment on accompagne au mieux une personne en deuil?
S'il n'y a pas de manière idéale de faire son deuil, je crois qu'il existe néanmoins une bonne façon de faire avec les personnes endeuillées, ou en tous cas une bonne trame. Il y a deux profils qui se distinguent, les personnes qui vont être spontanément demandeuses d'une aide ou d'une présence extérieure et les autres. D'un autre côté, l'état émotionnel étant fluctuant, on peut avoir la succession des deux aussi.
D'un point de vue global, il faut considérer qu'être en deuil n'est pas un kiff en soi et qu'on ne l'a pas choisi, par conséquent, il serait malvenu de penser que la personne en profite. Si la personne est pot de colle et vous sollicite peut-être un peu trop, c'est avant tout parce qu'elle en a besoin (surtout au début), au même titre que celle qui souhaite prendre du temps pour elle et rester seule ne cherche pas expressément à vous éviter. Un rejet tout comme une intrusion non sollicitée peut être extrêmement mal pris. Je ne dis pas par là qu'en cas d'hyper sollicitation il faut se tenir à disposition non plus, soutenir est une chose, mais vous ne pouvez pas combler l'absence d'une personne disparue et ce ne serait vraiment pas aider qu'abonder en ce sens.
Quoiqu'il en soit, étant donné qu'il serait très prétentieux de penser que vous sachiez mieux ce qu'il faut faire que celui ou celle qui traverse son désert, être simplement à l'écoute reste une bonne solution, et surtout, ne brusquez rien, pas même indirectement.
La personne en deuil n'a pas toujours envie d'en parler, le cas échéant c'est qu'elle a peut-être envie de se libérer de quelque chose. Dans le doute laissez faire et n'amenez pas le sujet. Qu'elle en parle encore ne signifie pas qu'elle n'a pas avancé, et qu'elle élude ne veut pas dire non plus que le dossier est classé. J'ai à ce sujet l'exemple des grandes affirmations qui quand je les entends ne m'inspirent que des "vas te faire enculer/je t'emmerde", à base de "tu ne vas pas mieux" ou "mais pourtant tu vas mieux je ne te vois pas trop pleurer" variante de "tu vas mieux vu ce que tu postes sur FB". Je n'ai jamais eu des envies de meurtre plus insoutenables que quand on m'a dit ça, et si je n'ai tué personne y en a qui se sont fait répudier vraiment comme les dernières des merdes. Le plus triste étant que dans le lot se tenait une personne a qui je tenais beaucoup et pourtant quand j'y pense, rien que pour assouvir ma haine à son endroit je pourrai la répudier encore et encore chaque fois d'une manière plus dégueulasse. C'est ultra moche je vais finir en enfer... Sinon je tiens à dire que j'arrive beaucoup mieux à maitriser ma colère, par contre si je monte en pression je suis ingérable.
Pour reprendre avec plus de modération, une personne en deuil peut tout à fait faire bonne figure sur un temps donné, plaisanter, aller bosser, faire du sport, poster de la merde sur les réseaux sociaux, sortir et tout ça n'est pas un indicateur de bien-être total pour autant. La preuve en est qu'un détail a priori insignifiant pour le commun de mortels va souvent être le déclencheur d'une crise de larmes inopinée. Pas la peine de dramatiser la chose, pas la peine de l'ignorer non plus, c'est juste normal de se répandre de temps en temps.
Le deuil est chronophage, c'est un temps que l'on doit utiliser à bon escient et de brusquer quelqu'un en plein travail peut avoir des conséquences fâcheuses. Pour illustrer mon propos je vais conserver l'image de l'accouchement de tout à l'heure: dites à une femme en train d'enfanter de se grouiller, je pense que ça pourrait vous faire drôle!

Pour terminer, si faire son deuil n'est pas chose facile, accompagner quelqu'un d'endeuillé n'est pas simple non plus. Si vous ne vous le sentez pas, autant le dire et agir en conséquence plutôt que de faire des dégâts supplémentaires, parfois, même si vous avez les meilleures intentions du monde. Objectivement, nous ne pouvons pas savoir comment veulent être aidés les autres, il n'y a qu'eux pour le dire et que vous pour entendre qu'ils ont besoin de vous ou qu'ils veulent que vous leur foutiez une paix... De circonstance.