Standing ovation please

Des fois t'as des semaines blindées de boulot, des fois t'en as d'autres avec moins de boulot donc plus de temps pour vivre.
Soit je suis une personne avec un cul éhontément bordé de nouilles, soit la vie est bien faite. Si vous me demandez ce que j'en pense, je vous dirais que très honnêtement, ni l'un ni l'autre. Ce serait bien la nouvelle du siècle que la vie soit bien foutue et une blague absolue que de dire que je suis une personne chanceuse car dans le genre poissarde je tiens une place que personne ne peut m'envier.
Les gens qui me lisent depuis longtemps savent que je ne sais comment, dans mes heures les plus sombres, il y a toujours une personne qui sort quasiment de nulle part qui va me tendre une main (première théorie: je fais très pitié), ou que je fais des runs en Porsche parce que quand je veux quelque chose, je me donne les moyens de l'avoir (ce qui rend caduque la première théorie pour glisser vers la seconde qui dit que je suis je cite "une racaille"... LOL), ou je ne sais trop quoi encore, mais en ce sens, je dirais que je peux avoir du bol, ou un instinct de survie assez développé pour réussir à m'ouvrir vers l'extérieur quand je suis le plus renfermée sur moi-même.
Cette fois ça n'a pas marché du tout de cette manière et je ne vais pas revenir là-dessus.
Dans un travail thérapeutique, on n'avance pas à pas, il n'y a pas d'ordre, et au départ personne n'est vraiment en mesure de savoir quelle étape sera franchie avant l'autre puisque chacun fait comme il peut. Ça prend du temps et ça fait mal, mais jamais aussi mal que ce qui nous a blessé à la base alors disons que c'est juste simplement hyper désagréable, un peu comme un tatouage sur les côtes qui n'en finit jamais, alors qu'on a ses règles et qu'on n'a rien bouffé. Il y a le travail en séance, mais le plus gros se passe en dehors, en ce sens je suis fatiguée et meurtrie comme si je m'étais débattue dans une vierge de fer. J'ignore si c'était nécessaire ou bien si c'était une étape, mais j'en suis arrivée au stade où je me serais parfaitement vue tout arrêter. Tout. Et il a fallu que je touche le fond du seau qui cette fois était vraiment profond, pour me payer un flip assez monumental devant la lucidité qui teintait cette idée afin que deux fils (... Voire plus) arrêtent de se toucher dans les tréfonds de mon cerveau.
C'était hier. Et des lors, je ne me suis jamais sentie aussi bien depuis des semaines, peut-être même des mois.
Avant ça j'avais eu droit à une remise à l'heure d'une personne parfaitement inattendue qui a osé s'aventurer dans mon espace. J'ai apprécié son élégance, sa mesure, sa manière de peser les mots, la même qui m'a bercé et consolidé alors que j'étais ado. Son adresse et son profond désintérêt. Merci infiniment. Comme je l'avais dit j'ai lu le livre, que je n'avais jamais ouvert jusque là, j'ai trouvé ça assez troublant, accablant peut-être, sans équivoque parfois, risible et trop amer pour moi malgré tout, mais ça a finalisé la remise à l'heure et donc, encore merci.
Entre ça et le reste, puisqu'il semblerait que si je perds encore plus de temps à me retrouver je vais en crever, j'ai décidé de faire le deuil de ce que j'étais hier pour aller chercher qui je suis aujourd'hui. Ca à l'air con dit comme ça, et simple mais t'imagines pas ce que ça m'a couté de l'admettre. D'un autre côté, on évolue chaque fois dans la douleur, soit chaque fois qu'une merde nous tombe sur la gueule, tout au long de notre vie, alors, tout ça a du sens aussi.
Dès que la conscientisation de la chose fut faite j'ai acté en ce sens dans plusieurs domaines, et vu les bénéfices que j'en tire déjà (oui, les bénéfices!! \o/) je suis forcément sur une voie digne d'intérêt.
Aujourd'hui j'ai donc acté dans ce nouveau sens, et je n'ai fait que des choses qui m'ont fait du bien. Je n'ai pas bossé, je n'ai pas répondu au téléphone, je n'ai honoré aucune obligation. Y a tellement longtemps que je n'ai pas ressenti un bien-être comme ça que je tenais vraiment à l'absorber totalement. Je me doute bien que c'est pas fini et que ça va revenir, qu'il y aura encore quelques fameux jours sans, mais comme chaque fois que j'avance, ça perd autant de terrain que d'intensité.
En attendant je ne suis pas demain, ni dans une semaine ni dans un mois, et là, je vais bien.

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