Quand les Autres deviennent toxiques

C'est pas que je ne m'étais jamais rendue compte de la capacité des Autres à être toxiques, je fais malheureusement partie de ces personnes qui peuvent se faire très vite empoisonner par ses semblables de base (et encore j'ai fait vachement de progrès!). Par contre je commence à comprendre pourquoi malgré les progrès que j'ai fait je ressens toujours un étouffement à un moment ou à un autre, de même que j'ai décidé d'arrêter de croire que c'était moi et ma nature "asociale" la grande responsable de mes maux et des maux de tout le monde en passant.
A ce sujet, en 2018 j'ai décidé d'arrêter de me prendre pour une conne, car non, effectivement, je suis bien loin d'être asociale, il m'aura fallu moult événements, récents pour la plupart, pour m'en rendre compte, ainsi qu'un énorme, bien en évidence sous ma gueule et qui dure depuis des années: mon boulot.
Concrètement, tu ne peux pas travailler avec l'humain, tu ne peux pas à ce point avoir à cœur de mettre 200% de tes compétences professionnelles au service du mieux-être de l'Autre et t'afficher en tant qu'asociale, c'est un non-sens absolu, d'autant plus que je ne me force jamais. Plus récemment, j'ai découvert que je pouvais tisser des liens très simples et tout à fait sincères avec des inconnu(e)s que j'ai plaisir aujourd'hui à croiser quasi au quotidien. On échange trois mots, peut-être, et c'est tellement agréable. Je suis également parfaitement capable de nouer d'authentiques amitiés avec des personnes nouvellement rencontrées, c'est même quelque chose que je fais très naturellement, dans une certaine mesure puisque je ne suis bien évidemment toujours pas le fil de l'amitié.
C'est comme si des œillères m'étaient tombées, et si j'avais tendance à ranger les gens principalement dans deux catégories, aujourd'hui et depuis quelques temps, j'en considère beaucoup plus, peut-être d'innombrables, et tu peux pas savoir à quel point je me sens en accord avec l'idée qu'il y a 50000 types de liens soit autant qu'il y a de gens avec qui tu as des contacts. Je n'ai malgré tout pas pu revenir sur le fait qu'il y ait des personnes avec qui on pouvait s'entendre et d'autres non, ce qui m'a fait me rendre compte que j'entretenais involontairement des relations toxiques.
J'ai toujours pensé que certes, dans les relations au sens large, il pouvait y avoir une nécessité d'ajustements, ce qui concrètement est effectivement essentiel mais, jusqu'à quel point?
Déjà... Je me suis demandée pourquoi j'étais souvent à l'origine de la mise en place de "stop". Les personnes en face avaient pourtant des comportements qui me dérangeaient et qui je pense n'auraient pas dérangé que moi, mais c'était plus fort que moi je ne pouvais que conclure que c'était de ma faute puisque c'était un fait établi que j'avais un caractère difficile étant un peu asociale sur les bords, et si ce n'était pas moi qui mettais ça au fait, c'était les autres. Car c'était devenu un fait établi, étant donné que j'étais la première à dire que j'étais asociale, les autres le croyaient, alors qu'ils admettaient sans mal qu'ils n'avaient jamais rien vu d'asocial chez moi. Toujours est il que, c'était l'explication universelle, tous les problèmes, tous les conflits résultaient de mon comportement difficile et chez moi, cela se terminait dans de la culpabilité qui a fini par me bouffer, très fort ces derniers jours, avec tous les reproches qu'on peut se faire quand on se sent coupable de quelque chose. A l'inverse, les ajustements qu'on pouvaient me demander ont souvent été sur la base que ce que je faisais n'était jamais assez, jamais comme il fallait, finalement, jamais comme les gens voulaient, ce qui n'a évidemment pas arrangé ma culpabilité. Il était donc bien logique qu'à force, je pète un plomb, même plusieurs, d'un coup et très violemment. Pétage de durite dû à un trop plein, catalysé par une mise en contraste d'un fait extérieur que je vais expliquer un peu plus loin.
Avant tout, je me dois d'expliquer un détail, qui a d'ailleurs pesé lourd dans la balance quant au fait que je me catégorisais d'asociale à tord, à savoir qu'objectivement et en plus des faits cités plus haut, j'aime toutes les personnes qui sont dans mon entourage proche (dont quelques personnes à des centaines de kilomètres). Un peu fort de chocolat pour quelqu'un qui n'est sensé aimer personne hein? Ouais, c'était aussi pour ça qu'il était temps que j'arrête avec cette étiquette. Je suis tout à fait en capacité de leur dire que je les aime et bien que cela ne soit pas le même amour cela reste la même trame. Ce sont des personnes que j'aime vraiment et sincèrement pour qui elles sont. Je me permets maintenant de déposer ce lien ici, pour éviter d'une part que cet article fasse encore 5000 signes, pour bien modéliser la trame dont je parlais plus haut et pour rentrer un peu plus dans les détails de ma conception du sentiment d'amour.
Autant te dire qu'il va m'être bien difficile d'étouffer une personne comme certain(e)s peuvent le faire avec moi, étant donné que le seul effet que ça me fasse est un dérangement profond. Par contre, cela ne m'a jamais empêché de faire savoir que j'étais embarbouillée par ce type d'attitude, me faisant passer pour une ingrate puisque comme cet étouffement ou ces volontés extérieures étaient des preuves d'affection il était inconcevable pour les requérant(e)s que je ne les accepte (subisse?) pas. Comme je les refusais en me convaincant toujours un peu plus que j'étais une personne difficile, je culpabilisais. Et au bout d'un moment donc, au bout de nombreux mois... J'en ai eu assez de ce schéma d'auto-flagellation tout aussi toxique que le reste et je pense que c'est ce qui m'a fait exploser. Ça m'a fait mal, mais c'était un mal nécessaire.
Arrive ici l'élément catalyseur.
Cette composante ne nécessite pas que je m'y attarde, j'ai juste décidé, de moi-même, d'accorder ma bienveillance à quelqu'un parce que cette personne avait une certaine valeur à mes yeux. En ce sens, on peut donc considérer que je l'aimais, encore une fois, d'une certaine manière. Je ne me suis jamais imposée, tout en lui apportant un soutien et en lui donnant quelques outils pour aller bien. J'ai répondu à sa demande, sans anticiper ses besoins qu'elle seule connait mieux que quiconque. Et puis, à force d'observation, je me suis rendue compte que cette personne avait vraiment du mal à me donner une place (sans que j'en ai demandé ou souhaité une!), mais qu'en plus je n'étais pas réellement respectée en tant que personne non plus, alors j'ai décidé de laisser tomber. Pas parce que je n'arrivais pas à obtenir ce que je ne convoitais pas, mais parce que j'ai eu la nette impression que cette sensation d'être "en butée" m'obligeait à admettre que mon devoir était accompli. Il ne restait donc plus qu'à lâcher la corde, chose que je maitrise assez bien même si c'est pas toujours plaisant, le plus pénible là-dedans étant que la personne s'acharne à la faire exister alors qu'elle même n'y croit plus non plus.
C'était pas une expérience très agréable quand je fais le bilan, mes actions ayant été je pense, bien trop interprétées de travers, mon ego me soufflant souvent dans le creux de l'oreille que je mérite d'être mieux entourée et d'aider des personnes qui ne me traiteront pas comme si je n'étais rien (et il a parfaitement raison au demeurant), mais je l'ai fait, je ne le regrette pas et ça ne va pas m'empêcher de continuer ma route. S'il y a bien un truc dont je suis convaincue, c'est que chaque personne qu'on croise et que chaque épreuve (ou exercice) qui nous tombe dessus, est là pour nous apprendre quelque chose en nous donnant l’opportunité de nous améliorer.
Ici j'ai accepté qu'on me tienne a distance, je respecte car il doit y avoir des raisons bien que je les ignore. J'en connais beaucoup, et j'en eus connu des tonnes qui auraient chié des caisses de ce fait (beaucoup dans mes patients d'ailleurs), à base d'on me prend pour un con, on m'aime pas, cette personne est une manipulatrice. J'en ai parfois fait directement les frais et ça aussi, j'ai décidé de m'en défaire car cette vision de l'affection biaisée, à mon age, me fatigue et me gonfle au plus haut point.
Des manipulateurs et des manipulatrices, vous n'en croiserez pas beaucoup dans votre vie, par contre, quand les gens sont en détresse affective, c'est la raison qui est le plus évoquée alors qu'en fait les dites personnes manipulatrices n'ont souvent juste pas voulu plier devant la personne qui se plaint d'en avoir été la victime. On est presque en droit de se demander, qui tente de manipuler qui, finalement.
Je peux citer aussi l'exemple de ma meilleure amie, où devrais je dire, de mon ex meilleure amie.
Ça faisait déjà quelques années que je courais derrière, que c'était toujours moi qui appelais ou qui proposais des choses. Il y avait environ 3/5 jours de battement pour avoir une réponse à un SMS, les appels je n'en parle pas, quand elle décrochait, c'était il y a 4 ou 5 ans, quant au fait d'organiser ne serait-ce qu'une sortie fallait que je pousse comme une forcené. Ma mère est tombée malade et je n'ai eu aucun support de sa part, à part le jour des funérailles où elle m'a honoré de sa présence, mais je vous dirais qu'aussi moche que ça puisse paraitre, les funérailles de la Reine Mère furent bien moins douloureuses à vivre que les longs mois où je l'ai accompagnée dans sa maladie. En mettant tout ça bout à bout, j'ai lâché. Bien avant les funérailles en fait. Les gens ont envie ou n'ont pas envie. Peut-être était-ce une vengeance, mais comme j'en ignore (encore) les raisons j'en déduis que cela ne me concerne pas et que pour ne pas vouloir s'expliquer, la situation lui convient très bien comme ça. Elle est libre, et moi je suis libre de ne pas faire vivre une meilleure-amitié qui n'existe plus depuis longtemps. Je ne pense pas qu'elle se soit foutue de ma gueule, ni que ce soit une mauvaise personne, on a peut-être juste plus rien à se dire. C'est quelqu'un que j'ai aimé très fort et que j'aime et respecte toujours aujourd'hui, même si c'est forcément différent, mais si elle est heureuse sans moi, alors ça me va. Cette rupture m'aura permis de me concentrer sur les personnes qui avaient vraiment envie d'être , des gens qui répondent à mes appels/SMS et qui acceptent qu'on fasse des choses ensemble sans que j'ai à suer sang et eau pour les trainer quelque part, et qui me proposent des choses aussi. Voilà comment un truc a priori moche peut avoir d'heureuses conséquences. Le lâcher-prise à d'ailleurs toujours des répercussions quasi magiques.
Tout ça pour dire que, même si mon catalyseur n'est aucunement en rapport avec le reste et encore moins l'anecdote avec mon ex meilleure amie, il m'a fait me rendre compte que si je mets peut-être beaucoup de "stop" avec certaines personnes, je n'en reçois pas en retour car s'il y a bien un truc qu'il serait vraiment abusé de me reprocher, c'est que j'exige des choses des autres. Au contraire, je les laisse venir et je les laisse être. Ça ne m'intéresse pas de modeler les gens à mes volontés.
J'en suis à un stade de ma vie où j'aspire plus que jamais à la tranquillité, et je n'ai pas à m'octroyer des tares qui ne peuvent définitivement pas m'être imputées, ni par les autres, et surtout pas, bêtement, par moi-même. Je suis finalement bien comme tout le monde: une personne sympa qui ne l'est plus quand on lui marche sur les pieds. J'ai besoin de mon espace, je veux être entourée de personnes qui me respectent avec ce dernier, comme je les respecte avec le leur et à partir de maintenant, je ne prendrai plus la responsabilité d'un comportement déplacé à mon égard car finalement, ça a fini par bien me bouffer, et ça n'a aidé personne (si tant est que quelqu'un ait le sentiment de devoir être aidé mais ça c'est une autre histoire et ce n'est pas le sujet).
Malgré tout, je ne rejette pas tous les tords sur les autres, j'ai une immense part de responsabilité dans le fait que j'ai pété un plomb, et c'est ce que je corrige à partir de maintenant. Je ne veux pas qu'on m'oblige à me synchroniser sur un rythme qui n'est pas celui dans lequel je suis à l'aise, et je n'accepte plus d'être contrainte à le faire, je ne l'ai jamais exigé d'un tiers par conséquent je ne vois pas pourquoi j'accepterai qu'on le fasse avec moi, c'est inacceptable. Je ne veux pas mettre de côté mon cheminement (qui, en ce moment, est vraiment crucial et déterminant pour le coup) pour faire plaisir à qui que ce soit, ou par peur de déplaire et de passer pour ce que je ne suis pas. A un moment, il appartient à chacun(e) de savoir ce qu'il/elle veut, personne ne vous en voudra pour ça. Mon cheminement, qui résulte des événements qui se sont produits et se produisent dans ma vie, ne peut pas convenir à tout le monde, j'en suis consciente, jusqu'ici j'ai pris beaucoup de responsabilités (parfois... Invraisemblables d'ailleurs!) sur mes épaules au point d'en avoir des douleurs dorsales infernales pendant des mois, des années (qui m'ont quittée dès lors que j'ai pris conscience de tout ça CQFD), parfois justifiées mais souvent pas du tout. Maintenant, chacun est libre d'agir en fonction de ce qu'il veut, ça a d'ailleurs toujours été le cas. Une chose est certaine, je ne suis pas là, pour correspondre à ce qu'on attend de moi, je suis qui je suis et c'est à prendre ou à laisser.
2017 m'a démonté, ça a été la pire des années de ma vie et comme la pire des années qu'il peut y avoir ça s'est très mal terminé, mais j'avoue que même si j'aurais profondément voulu que tout cela n'arrive pas, ça m'a rendu beaucoup plus forte, et je suppose donc que cette remise en place dont il est question ici-même est une suite logique parmi d'autres et que ce n'est pas la dernière car beaucoup de choses doivent encore être réglées.
Ce n'est pas parce que je n'en parle pas que rien ne se fait, ceux qui me connaissent savent que de toutes façons, j’œuvre toujours en silence car je n'ai aucun compte à rendre. Je veux vivre ce que j'ai à vivre, évoluer à ma façon, comme je l'entends et si personne ne s'est demandé si ça me plaisait de faire cet apprentissage, préférant interférer avec des volontés diverses qui n'étaient pas les miennes, et bien ils peuvent bien en tirer les conclusions qu'ils veulent, m'affubler de tous les noms d'oiseau qui leur plairont, après cette explication s'ils brodent, cela ne pourra concerner qu'eux.