Parce que c’est Noël

Après une énième séance assaisonnée à l'angoisse des fêtes de fin d'année, je me suis dit qu'il serait peut-être temps d'aller acheter un nouveau sapin car après visualisation approximative, le sapin blanc n'allait pas le faire du tout dans le nouveau cabinet. C'est chose faite, avec les boules qui vont bien, et même que ça devrait plutôt bien rendre si je ne succombe pas à cette envie de faire un sapin goth qui me taraude depuis quelques temps.
En 2016 les angoisses de fin d'année sont arrivées bien avant l'horaire d'hiver, un peu en même temps que les premières photos de sapins décorés sur Instagram et ça par contre, c'est clairement bien plus angoissant que le reste. M'enfin toujours est-il que la naissance du Christ, même si c'est la 2016ème fois et qu'on devrait commencer à être un peu habitué, déprime beaucoup trop de monde. Alors pourquoi Noël, et le nouvel an en passant, nous foutent à ce point au fond du seau? Enfin surtout vous car moi je m'en carre, pour changer, même si je ne vous cache pas que j'irai volontiers m'enterrer au fin fond du désert en attendant que cette hystérie collective et son épidémie de gastro se terminent.
Bien-sûr, chaque individu à sa bonne raison de déprimer, et on sait qu'il y a toujours une bonne raison de déprimer parce que c'est Noël, mais il y a malgré tout un dénominateur commun à tout le monde: les gens ont beaucoup, beaucoup trop d'attentes, parfois pas très cohérentes.
La plupart cherchent tout d'abord à retrouver les Noël de leur enfance soit le Noël magique alors qu'il n'a jamais existé qu'au travers d'une perception infantile, qui plus est, basé sur un mensonge.
Parce que c'est Noël, on attend aussi les fameux miracles, mais si tant est que les miracles existent, comme c'est un jour comme un autre, objectivement ça risque d'être compliqué.
Parce que c'est Noël, on se sent obligé de s'aimer, d'être sympa, ce qui forcément nous renvoie dans la gueule notre simple condition humaine qui implique qu'on n'aime pas tout le monde et que pas tout le monde ne nous aime non plus. Encore une fois, rien ne change, c'est juste que d'habitude, ça n'a pas tant d'importance car ce n'est pas Noël.
Parce que c'est Noël, y a toujours quelqu'un qui nous manque, ce qui est un peu moche, à moins que cette personne ne vous manque aussi les autres jours.
Parce que c'est Noël, on a tous un ou plusieurs emmerdeurs à table qu'on va devoir se farder pendant des heures, mais au moins, ça nous rappelle pourquoi on ne les voit qu'une fois par an.
Bref juste parce que c'est Noël, il y a toujours un truc qui ne va pas étant donné que c'est LE jour où tout doit aller bien.
J'aurais pu citer encore beaucoup d'exemples mais n'ayant pas envie de vous perdre en route je vais m'arrêter ici. Toujours est-il que par effet de contraste, et si on ajoute à tout ce que je viens de dire la chasse aux cadeaux millimétrée de deux mois et l'organisation militaire du repas, Noël devient juste une corvée. Du coup... Comme on est socialement obligé d'y passer tous les ans, est-ce que ce serait pas mieux de dédramatiser la chose et de prendre ce qui nous est offert histoire que Noël (re)commence à être sympa? A moins que vous n'aimiez vous auto administrer des fessées pendant deux jours évidemment mais ça c'est un autre problème.
En ce qui concerne le nouvel an... Au nouvel an, il faut impérativement faire quelque chose d'exceptionnel en tous cas c'est comme ça qu'on nous le vend, chose qui foire quasi pour tout le monde au même moment parce qu'on s'attend tellement à de grandes choses qu'on est quasi certain d'être déçu. Arrive aussi l'aspect obligatoire de faire la fête qui va de paire avec l'obligation d'être heureux, ce qui nous remet sous le nez que ce n'est peut-être pas forcément le cas, encore. Pire: le fait de ne rien faire pour le nouvel an qui s'apparente à un échec social cuisant.
C'est assez dommage de ne s'autoriser à faire des choses exceptionnelles qu'au nouvel an, et si jamais le côté exceptionnel n'est pas au rendez-vous c'est peut-être pas super grave non plus puisqu'il y a un 31 décembre tous les ans. T'as pas envie de faire la fête? Ok! Rien ne t'empêche de fêter le nouvel an sur la plage en juillet (c'est même encore mieux!).
Alors encore une fois, on se détend, les fêtes de fin d'année ne sont rien de plus que ce qu'elles sont et c'est peut-être pas si grave :). Au pire même si ça receommencera: ça va passer!

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