Magnifique

J'ai pas souvent de surprises avec les gens parce que j'ai mon petit radar personnel. J'écoute beaucoup, et quand il y a trop de fausses notes, je me casse. Pas tout le monde n'est forcément super content mais moi au moins, j'évite les emmerdes car plus les gens sonnent faux, puis leur capacité à faire chier est grande. Il ne s'agit pas d'hypocrisie ou de quelque chose du genre, juste de vraies dissonances dans leur personnalité. Chaque fois que je me suis rendue compte que quelque chose clochait et que j'ai insisté ça s'est plus ou moins mal terminé voire, ça a provoqué de vraies catastrophes. Du coup j'ai toujours eu l'habitude de laisser tomber assez rapidement et je pense que ça ne va pas aller en s'arrangeant. Sauf là, car la curiosité fut plus forte.
Y a des gens que tu as beau côtoyer très souvent, tu ne sais quand-même pas qui ils sont, tu ne saurais pas dire si tu les connais et peut-être même que si tu savais pas qu'ils existaient t'en saurais autant sur eux qu'en les ayant à côté. Sisi ça existe: des grandes énigmes.
J'en ai pas connu beaucoup et pas longtemps non plus parce que j'ai un peu autre chose à foutre que de gratter des coquilles, au bout d'un moment, ça me tape sur le système. A priori c'est pas que tu les emmerdes puisque c'est eux qui viennent te chercher, mais t'es toujours obligé(e) ou presque de faire un pas vers eux le reste du temps. La moindre discussion est difficilement possible à moins qu'elles ne soient initiées par eux directement, dès que tu poses une pauvre question t'as l'impression qu'ils vont se vider de leur sang pour te répondre, bref, une vraie partie de plaisir que ces gens. Mais comme au-delà de ça ils sont pas désagréables et qu'ils t'emmerdent pas directement, quand ils disparaissent de la surface terrestre et qu'ils reviennent ben t'es pas mécontente de les revoir. Et comme en plus je suis du genre optimiste, je me suis dit qu'avec le temps, cette personne si énigmatique à l'époque s'était peut-être déridée et que j'allais peut-être même en apprendre plus , soyons fous!
La réponse est: non, et oui.
Elle est toujours aussi pincée mais par contre cette fois j'ai pigé pourquoi et ça m'a rappelé une situation similaire où là par contre j'avais violemment pris la réalité en pleine gueule. Dans les deux cas, la personne mentait. Gentiment, par omission, ou juste maladroitement. C'est pas contre toi, ni même forcément pour te ménager, c'est juste qu'elles savent qu'elles sont en train de faire une connerie, qu'elles ont envie de la faire mais qu'elles ont du mal à l'assumer. Non contre toute attente je ne parle pas de cul, mais si ce monologue ronflant peut vous sembler plus intéressant de ce point de vue je n'y vois aucun inconvénient.
Cette fois j'ai pris une distance très respectable et j'ai laissé faire. Tout se passait bien jusqu'à ce que je m'aperçoive de la présence, pour imager, d'un grand écran noir tendu sur le côté. J'ai demandé ce que c'était, on m'a répondu qu'on ne voyait pas de quoi je parlais, ça m'a confirmé qu'il y avait bien un écran et ça s'est arrêté là car j'en avais rien à faire, chose que je me suis permise de dire sur l'instant. Je ne sais pas ce que représente cette phrase pour les gens mais en ce qui me concerne, quand j'en ai rien à faire, c'est pas que j'ai pas envie de savoir, c'est juste que je m'en fous tout court.
Quelques mois plus tard, l'écran est enfin tombé parce que c'est souvent ce qui arrive, et ça m'a d'ailleurs tellement passionné que je m'en suis aperçue des semaines après que ça se soit produit. Ça va être très compliqué de dire qu'il n'y en avait pas du coup, mais je te rassure, vu ce qu'il masquait je peux au moins te confirmer que je m'en fiche vraiment.
Je n'ai pas trouvé d'utilité à cet écran pour ma part, mais je suppose qu'il était là pour que je ne puisse pas juger. Sauf que je n'ai aucune tendance à me prendre pour dieu donc que je ne juge pas plus que je ne pardonne. Par contre je suis toujours très embarrassée par les gens qui attendent quelque chose des autres, volontairement ou non. Je crois qu'il n'y a pas un jour où je ne peste pas sur cette façon manichéenne d'appréhender la vie ou cette manière toute occidentale de tenter d'exister au travers de choses ou de personnes extérieures. Trier le bien du mal, faire pour les autres, exister au travers des autres, se voir dans d'autres yeux, paraitre, avoir, mais ne surtout pas être car c'est mal ou au mieux parfaitement inintéressant. J'ai juste envie de conclure en vous disant de vous démerder avec vous-mêmes et de foutre la paix au reste, ça vous détendrait vachement plus de vous lorgner un peu plus objectivement le nombril. Pas que je cautionne tous les comportements (les miens y compris) mais putain les éléments extérieurs ne sont pas la réponse à tout, ils ne sont pas ce que vous êtes et ils ne peuvent pas vous aider non plus à vous sentir meilleur.
Partant de là, quoi? Il aurait fallu que je t'engueule ou que je te donne ma bénédiction? Je suis ni curée ni ta mère, ce n'est pas moi non plus qui vis avec ta conscience et heureusement car pour avoir recours au déni comme tu le fais ça doit pas être facile tous les jours.

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