Ma réponse à Bianca Longpré

Tout d'abord bonjour Madame. Je vous aurais bien laissé un commentaire sur votre article mais ces derniers sont fermés, d'où l'idée de répondre ici car votre pamplet plein de toupet et de prétention déplacée m'a lourdement dérangée.

Mais qui est fait pour donner des biberons à 4h du matin? Qui est fait pour se casser la gueule en glissant sur une hot wheels dans les marches? Qui est fait pour faire du lavage en quantité industrielle? Qui a le goût de changer des couches 5 fois par jour pendant 2 ans? Qui a le goût de passer ses vacances dans un camping pour les dix prochaines années, QUI?
C'est ce que je me disais, personne.

Et bien apparemment si: des gens comme vous qui choisissent d'avoir des enfants. Doit-on vous décerner une médaille? Pas plus qu'à d'autres, ça risque de surprendre votre égocentrisme mais tout le monde à des ptits problèmes auquels il doit faire face dans la vie et ils sont souvent plus chiants que de se lever la nuit pour nourrir son enfant.

Pourtant, avoir des enfants c'est pour moi une chose normale de la vie.

Pour valider cette phrase j'aurais besoin d'une définition inaliénable de la normalité, mais cette donnée étant propre à chacun elle devient relative et c'est donc impossible. Votre norme ou votre normalité, c'est comme votre religion: gardez-la pour vous car nous sommes tous différents et ce qui est normal pour vous n'est pas forcément normal pour tout le monde. A côté de ça, il est à noter que nous parlons de la fonction biologique de reproduction, pas d'une obligation. L'utérus c'est comme le cerveau chez certaines, pas toutes ne choisissent de s'en servir, la preuve...

Pourquoi des gens décident de tout garder pour eux? De ne pas partager et redonner à la prochaine génération? On ne parle pas d'aller au cinéma avec un neveu là. On parle d'avoir des enfants. De redonner pour vrai.

Quelle étroitesse d'esprit, vous sortez de chez vous des fois ou il n'y a que vous-vous-vous-vous, votre famille et vos lardons? Ou alors c'est peut-être une différence culturelle mais chez moi il y a des milliers de façon de "redonner pour vrai" et elles n'impliquent pas forcément des enfants.

Je crois que l'égoïsme est ce qui se cache derrière les gens sans enfant. L'égoïsme et la peur des responsabilités. Parce qu'avoir des enfants c'est la seule façon de vraiment redonner au suivant, ou devenir travailleur humanitaire à plein temps, c'est la seule façon de partager ce qu'on a reçu de nos parents et de la société.

J'ai trois sociétés, les responsabilités, j'en bouffe, j'en bois et j'en chie tous les jours et H24. Je me lève avec, je vis avec, je me couche avec et parfois même j'en rêve donc je dors avec. Croyez le ou non, c'est tellement fatigant que des fois, dans des moments de profonds égarements il m'est arrivé de me dire que j'aurais mieux fait de pondre, parce que prendre soin de la chair de ma chair me semble plus simple et plus abordable sous bien des aspects. Mais avoir un enfant ça se réfléchit, d'ailleurs si tout le monde passait par cette étape de réflexion, y aurait moins de gosses malheureux et de parentalités mal vécues (...). Quant à mon égoïsme, nous allons y revenir.

Au bout de 10 ans je vais avoir fait 14 600 heures d'aide au devoir et mon chum va avoir fait 5 720 brassées de lavage et nous allons avoir passé plus de 5 500 heures à préparer des repas.

Ah ben je vais ranger mon mouchoir alors, parce que si on considère que vous avez compté vos heures, c'est que vous avez quand-même du temps libre donc le tableau n'est pas si horrible, ouf!

On le fait par amour. Mes enfants sont ce qu'il y a de plus important pour moi. Mais même si je le fais par amour, j'offre énormément à ceux qui n'ont pas d'enfant... Je travaille pour eux. Je contribue au futur de la société.

Vous voulez parler de ces choses qui hurlent dans les oreilles de tout le monde dans les lieux publics? C'est troooop sympa de votre part! ;)

Je travaille, je paie des impôts et en plus j'élève des enfants. Sans enfant, sans relève, la société ne fonctionne plus.

C'est donc ça qui vous fait vous sentir investie de la mission divine de procréer? Je croyais que vous parliez d'amour, pardon! Vous savez vous n'étiez pas obligée, y aura toujours des gens pour se reproduire, aucune inquiétude à avoir pour cette société à laquelle vous êtes tellement dévouée j'vous assure!

Pourtant, je ne retire aucun bénéfice de la part de l'État pour mon travail de parent. Comme je gagne bien ma vie, financièrement l'État ne me donne rien. Sans compter que la société ne valorise pas vraiment le statut de mère et de père.

On n'habite pas dans le même pays, mais c'est une réflexion que je me suis faite également: on devrait valoriser le travail de parents, car ça demande du courage et puis surtout ça les motiverait peut-être à bien élever leurs rejetons. De là à être récompensé pour ça par contre faut peut être pas pousser non plus. Avoir des enfants est facultatif, personne ne vous oblige à en faire, et personne d'autre que vous ne peut assumer votre choix d'en avoir. A côté de ça vous auriez tout aussi bien pu prendre la pilule et faire autre chose que de dire de la merde sur les autres, par exemple.

Et plus tard, dans 30 ans, qui fera tourner l'économie? Qui seront les prochains médecins, infirmières, ingénieurs, qui seront les prochains travailleurs: le fruit de nos sacrifices, nos enfants.

Médecins, infirmières, ingénieurs? Rien que ça! Espérons que vos enfants arrivent à la cheville de vos attentes ;).

Dans 30 ans, ceux qui ont décidé de ne pas avoir d'enfant vont quand même toucher leur retraite, vont profiter des services sociaux, des services publics, etc... Les gens qui «n'étaient pas faits pour avoir des enfants» vont profiter des mêmes avantages que ceux qui ont dû faire plusieurs sacrifices en ayant des enfants.

Booohloloh... Mais vous avez le même calendrier que nous à Québec ou vous êtes en 1940? Ici la retraite est quelque chose qui tend à devenir un souvenir et qui va vraiment finir par le devenir car les gens préfèrent travailler sans rien faire et faire des enfants (et oui...). Perso je paye pour ma retraite, pour ma sécurité sociale, pour la retraite des autres, pour la sécurité sociale des autres et puis pour la CAF qui nourrit et loge les gens qui comme vous décident d'avoir des enfants mais qui n'ont pas les moyens de les assumer (c'est trop sympa ça aussi) mais personne ne paiera pour moi donc les enfants ne me concernent pas, même si j'aide à en nourrir certains.

Est-ce juste que les gens qui décident de ne pas avoir d'enfants profitent des mêmes avantages que ceux qui ont décidé de s'investir, par choix oui, en devenant parent? Est-ce que les parents ne devraient pas profiter d'avantages? Je crois que oui.

Mais vous avez l'impression d'avoir sauvé l'humanité après avoir accouché adopté quatre fois ou quoi? Madame, faut redescendre en pression on dirait Céline Dion: VOUS ME FAITES PEUR!

En tant que mère et contribuable, je considère donc que j'ai droit d'être reconnue comme une contribuable supérieure, comme tous les parents. Oui mesdames et messieurs, l'élite, ce sont les parents.

Maintenant je suis gênée pour vous, si j'avais été croyante d'ailleurs j'aurais probablement prié pour le Canada après avoir lu cette affreuse phrase. Vous savez, ce genre d'idée de supériorité a couté la vie à des millions d'innocents sur le vieux continent. Bref... Tout reliquat de la seconde guerre mondiale à part, je ne vous demande pas si vous avez pensé aux personnes qui ne pouvaient pas avoir d'enfant avant d'avoir écrit cette monstruosité? Non je ne vous demande pas.

Donc ceux qui choisissent de pouvoir dormir le matin et de ne pas redonner tout ce qu'ils ont reçu nous en doivent une. En gardant pour eux tout leur temps, tout leur argent, toutes leurs valeurs, tout leur sommeil, les «sans enfant» devraient cotiser davantage que ceux «avec enfant».

Vous voulez qu'on vienne faire le ménage que vous avez la flemme de faire aussi? Le monde a tellement besoin de vous pour tourner que ce serait dommage de vous tordre le cou en glissant sur une Majorette! Tssss...

Madame nombril-du-monde, les gens qui n'ont pas d'enfant ne sont pas forcément des flemmards, ce sont des gens qui peuvent être assez honnêtes avec eux-mêmes pour admettre qu'ils n'en veulent pas, et les raisons qui les ont conduits à cette conclusion ne vous regardent pas.
Ne pas avoir d'enfant ne signifie pas qu'on ne fait rien car il n'y a pas que ça à faire dans la vie. Chacun fait ce qu'il veut de sa vie: c'est un devoir de faire ce qu'on veut de notre vie et la vie est pleine de possibilités pour qui se décide à les considérer! Chaque femme décide de ce qu'elle fait de son corps (d'où je vous parle nous sommes en 2016), chaque individu choisit sa direction et non, on n'est pas obligé d'utiliser nos fonctions reproductrices! Je n'ai pas d'enfant et je suis absolument sûre de travailler plus que vous pourtant moi je ne viens pas vous emmerder parce que vous travaillez moins que moi et que vous avez des gamins. A côté de ça, ce sont peut-être des gens comme moi, avec ou sans enfant, qui embaucheront peut-être les vôtres plus tard, parce que quelles que soient les ambitions que vous nourrissez pour eux rien ne garantie qu'ils finiront toubibs ou cosmonautes. C'est pour ça que la diversité est si importante, on ne s'investit pas dans les mêmes choses et c'est avant tout ça qui permet à la sacro-sainte société de tourner. Vous faites ce que vous voulez de votre utérus tout comme les autres femmes font ce qu'elles veulent du leur et le monde ne s'écroulera pas parce qu'on n'a pas décidé de pondre à la chaine pour le bien de la société! La société vous emmerde Madame, vous n'êtes qu'un pion et vos enfants avec, à l'échelle planétaire vous n'êtes personne et à l'échelle de l'univers vous n'êtes rien! Partant de là il me semble bien pitoyable de vous servir d'éléments externes comme la société pour valider votre asservissement aux couches culottes: avoir des enfants est un choix personnel, vous êtes la seule a en avoir voulu, si vous n'en aviez pas fait, personne ne serait venu vous faire chier, à part des gens comme vous il est vrai.
Quant à mon égoïsme crasse de personne-sans-enfant, excusez-moi de m'être demandée un jour, si je pouvais offrir une vie décente à un enfant. Je ne parle pas de le nourrir ou de lui donner une enfance paisible, ça je pense en être capable ou tout du moins faire du mieux que je peux, mais je parle d'une vie, d'une existence soit 70 ou 80 années car un enfant ne reste pas un enfant! Malheureusement tout ne dépend pas de nous et ce qui ne dépend pas de nous ne me rassure absolument pas. Excusez moi donc d'avoir observé les non-sens de ce monde et de votre société vénérée, d'avoir pris peur en jaugeant les possibilités du contexte actuel, et d'avoir déduis que je me trouverais plus égoïste de laisser mon enfant là que de ne pas le mettre au monde. Excusez-moi d'avoir considéré les choses en prenant des repères un peu plus lointains que la porte de chez moi. Prenez ça pour de l'égoïsme si ça vous soulage.
Jusqu'ici, je n'avais pas pris soin de lire votre second article en réponse à toutes les insultes et autres menaces que vous avez reçues suite à vos revendications ridicules. C'est chose faite.
Dans le premier volet vous me donniez l'impression de débarquer de votre campagne profonde, dans le second on sent tout à fait votre désarrois face à cette réalité qui vous rattrape enfin: bienvenue! Vos excuses molles et autres explications mal emballées m'ont profondément ennuyées et je ne vois pas pourquoi vous vous plaignez. Vous n'avez pas cherché à débattre vous avez balancé un pavé dans la marre et quand on balance un pavé dans la marre il faut s'attendre à reprendre autant de pavés dans la gueule que de gens qu'on a éclaboussé. Non, vous n'avez pas été insultante en traitant les gens qui n'étaient pas comme vous d'égoïstes, vous avez juste adopté une conduite infantile qu'on pardonne à un individu de 4 ans mais qui adoptée par une personne adulte devient inacceptable. Là où vous avez été insultante c'est dans vos jugements infondés.
A vous entendre vos enfants n'ont été qu'un devoir sociétal de même que vous donnez plus l'air de subir votre parentalité qu'autre chose. Les gens qui se sentent concernés par la conduite d'autrui et qui jugent ne sont souvent que des personnes qui cherchent à soigner maladroitement leurs propres insécurités. Sans vouloir vous offenser, quand on est bien dans ses pompes et en accord avec soi-même on n'a aucun besoin de salir de parfaits inconnus pour se valoriser. Une décision que l'on juge bonne pour soi et qui nous apporte des vrais bénéfices se suffit à elle-même. Dans votre discours je n'entends qu'une femme aigrie qui se plaint derrière trois caisses de superlatifs ne trompant qu'elle même et qui jalouse ceux et celles qui n'ont pas choisi d'avoir de chiards.
Bibliquement parlant, l'égoïsme c'est le mal et apparemment, votre bonheur dépend tellement des autres que vous avez bien appris la leçon. C'est bien, cela confirme votre statut de bon petit soldat bien rangé dans les jolis rangs. Dans la réalité, beaucoup de gens sont malheureux car ils ne sont pas assez égoïstes et que leur estime d'eux ne dépend que de choses extérieures donc arbitraires. L'égoïsme n'est pas un défaut ni une tare, c'est un point crucial qui se travaille au quotidien et qui n'a rien à voir avec la reproduction. En apprenant à être égoïste on ne devient pas le point central d'une galaxie car rien n'y personne n'est sensé tourner autour de nous pour qu'on existe, on apprend simplement à briller seul. A l'évidence, si vous aviez été plus égoïste votre premier article aurait été bien différent et vous n'auriez pas pris une rouste.
Mérite-t-on de crever pour une opinion? Personne en capacité d'avoir une opinion ne mérite de crever, mais c'est une question qui n'a pas lieu d'être ici car vous n'avez pas donné votre opinion, vous nous avez servi du réchauffé périmé du siècle dernier que vous avez brandi comme une vérité universelle. Je ne vous souhaite pas de mourir pour ça par contre j'espère qu'un jour vous vous déciderez à sortir de votre caverne et à voir plus loin que le bout de votre nez. Et par pitié, ne venez pas vers moi pour débattre de ce que je viens de dire si d'aventure vous trouveriez cet endroit, je n'ai pas de temps à perdre à justifier mes propos auprès de gens qui n'ont ni manières ni instruction.

Cordialement.

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