Je me casse, je suis saoulée

J'ai décidé de ne plus côtoyer les gens à gosse(s):
Ceux qui te demandent quand est ce que tu t'y mets dès qu'ils te croisent...

... Puis plus récemment, précisément ceux qui s'oublient tellement dans leur parentalité qu'ils oublient tout le monde au point de ne plus considérer l'Autre soit... Sans faire ma chiure j'vais pas compter mais ça fait beaucoup de monde. Les fractures sociales dues à la parentalité sont connues, on sait bien que les enfants ça change tout, pour les parents comme pour l'entourage. Les gosses en question ne m'ont jamais dérangé bien au contraire, les parents non plus dans l'absolu mais là j'en suis au stade où j'ai juste plus envie de savoir que certains existent.
La plupart des gens qui deviennent parents deviennent aussi tout-parents, n'existant plus qu'au travers de leur(s) rejeton(s). Ils peuvent t'en parler pendant des heures et te faire des exposés complets relatifs à leur(s) chiard(s) aussi chiants que le reste pendant qu'eux s'oublient complètement, et toi avec, car comme ils n'arrivent plus à Être tout seul [sans leur(s) gamin(s)] forcément, si tu n'en as pas tu n'es personne non plus.
Dans le lot tu en as aussi qui en plus, ne s'intéressent à rien. Alors ok, on va dire qu'on n'est pas obligé de parler de soi, ni obligé de se poser mutuellement des questions ou de s'intéresser à l'Autre (c'est tellement surfait), mais si en plus, on ne peut même pas parler films ou bouquins, on frôle le vide intersidéral et ce n'est juste plus possible DU TOUT.
Depuis le début, je suis consciente de faire de très gros efforts pour que ça fonctionne (et ça ne fonctionne pas de mon côté), je sais aussi que c'est tout à fait anormal et que ça allait mal se terminer. Dans une relation saine on n'a pas à faire ce genre d'effort, et faire des efforts à un moment donné, c'est forcément attendre des bénéfices qui dans le contexte, n'arrivent jamais. Je me suis adaptée, j'ai vraiment essayé, j'ai été patiente, je me suis intéressée à des trucs qui me sont totalement étrangers et qui m'ennuient profondément, dans le simple but de désamorcer des tensions que je ne percevais pas forcément moi-même, tout ça sans résultat si ce n'est très ponctuel. A côté de ça parce qu'il fallait bien qu'il y ait une cerise sur le cake et que pour le coup je ne l'ai pas forcément vue venir: en tant que personne sans enfant on a été bien content de me trouver (moi et d'autres sans-gosses d'ailleurs) pour faire des trucs de merde que les autres copains-parents (à qui on propose plus d'aller au ski/à la mer par contre) ne voulaient pas faire et... A croire que c'était enfin l'heure: j'ai fini par foutre un putain de post-it sur mon frigo.
Ca m'aura appris qu'il n'existe vraiment aucune pseudo bonne raison pour faire des efforts, donc que les relations qui nous coutent doivent expressément prendre fin sous peine d'arriver à un extrême #FearThePostIt. Et ça m'aura appris en passant aussi que je ne m'entends pas avec les femmes au foyer mais ça, je m'en doutais un peu.
Faire le point étant toujours plus rapide quand on cumule les exemples, en trente secondes c'était torché. Je suis convaincue que l'univers des tout-parents est une sorte de réalité parallèle qui ne doit pas croiser la mienne. J'ai bloqué tout ce petit monde de mon téléphone, le post-it est sur le frigo, cette prise de position est ferme, définitive et sans appel.

Encore et toujours, y a trop de trucs chiants dans la vie pour qu'on s'emmerde avec le manque à être des autres.

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