Invisible. Ou pas.

Ca, c'est de la semaine qu'on est content qu'elle se termine! Que je vous pose vite fait le tableau:
En ce moment, j'ai des analyses super compliquées pour la plupart. Soit parce que je sais que le ou les cadavres a déterrer vont pas être sympas du tout, soit parce que les patients sont bloqués, soit parce que je marche sur des œufs, que je sais qu'il va falloir les écraser à un moment ou à un autre et que c'est potentiellement un argument de poids pour provoquer un mouvement d'humeur pouvant être explosif. Dans la continuité je me retourne le cerveau à analyser des rêves bien tordus et vraiment pas faciles. A côté de ça j'avais un site à faire ou refaire sous WP, ça a un peu trainé mais pas trop si l'on considère que j'ai presque terminé malgré le fait que j'ai passé une partie de ma semaine à avoir des envies de meurtres.
Dimanche dernier j'ai commencé à faire une allergie, qui consistait principalement en deux grandes plaques de petits boutons sous-cutanés sur les joues. Comme je l'ai déjà dit, impossible de savoir d'où ça venait car je cite "ça peut venir de tellement de choses qu'on ne peut pas savoir" (on ne va pas être désagréable en disant qu'il est un peu honteux d'être payé pour dire ce genre de truc mais un peu quand-même). Les allergies, ça m'affole jamais trop car c'est assez coutumier que j'en fasse, du coup tant que ça ne démange pas j'attends que ça parte comme c'est venu, ce qui finit toujours par arriver. Cette fois, ça ne démangeait pas mais les plaques continuaient à sortir malgré tout donc au bout d'un moment et probablement trop tard, j'ai commencé à prendre des antihistaminiques tout en me badigeonnant trois fois par jours les joues à la cortisone. Autant te dire que niveau crème de jour j'ai largement connu mieux :/.
J'avais déjà dit ici que ce générique me donnait plein d'effets secondaires sans forcément me soulager et qu'il était nettement moins efficace que celui que je prenais habituellement. Bon ben maintenant je sais qu'il me provoque exactement les mêmes pulsions agressives que l'Atarax. De fait quand j'ai vu ce qui était en train de se passer, ma semaine a consisté à prévenir tous mes proches que j'avais envie de les empaler (heureusement que ces personnes m'aiment beaucoup), et à éviter tous contacts ou échanges inutiles avec qui que ce soit. Certes, je n'aurais bien-sûr tué personne, mais vu que j'étais vraiment pas d'humeur sympa il était tout à fait possible que je m'engueule avec tout le monde et franchement ça ne m'aurait pas ravi non plus.
Quoi qu'il en soit entre mon taf qui n'est pas simple en ce moment et les pulsions agressives qui se collent par dessus soit trois jours à passer mes journées à détester la terre entière sans raison et deux nuits à faire des rêves vraiment chiants, tout ça fut fatigant à souhait. Alors jeudi soir... Ou peut-être vendredi soir, j'ai décidé de ne pas reprendre de comprimé, chose qui fut une moitié d'erreur puisque maintenant ça me pique, mais au moins j'ai un comportement normal. Les plaques sont presque totalement parties mais je me retrouve avec les joues desséchées et qui pèlent ce qui est un peu dégueulasse, s'ajoute à cela le fait que j'ai vraiment un teint de merde parce que j'ai mal dormi et que j'ai dû faire trois vrais repas en une semaine, je te laisse imaginer mon état.
Samedi je me colle à WP pour terminer le site. Ce projet me plait, je suis à fond dedans jusqu'aux environs de midi quand je décide de sortir pour aller déposer des chèques que j'ai eu la flemme de déposer la veille. Ce jour là était un de ces jours où j'avais tellement la flemme que je serais sortie en pyjama si on n'avait pas été en février. Après m'être douchée j'ai mis les premières fringues qui me sont passées sous la main (et bien-sûr, ce n'était pas spécialement glorieux), j'ai ramassé mes cheveux en queue de cheval et yallah, moi et mes joues en kit étions fin prêtes pour affronter le monde \o/.
Il est 14h quand je monte dans la voiture, et comme il n'y a personne dans le centre à cette heure un samedi, j'arrive à me garer pile devant la banque. A ce moment là j'ai repensé que j'aurais vraiment pu venir en pyjama: peu de distance à parcourir pour atteindre un but où il fait toujours 25°, easy. La banque est fermée, je dépose mes chèques à l'automate en pensant à mon code WP donc autant dire que je n'étais absolument pas connectée au présent pour le coup, sous l’œil inquisiteur d'Aloha qui me regarde par la fenêtre de la voiture. Là quelqu'un sort des bureaux et m'envoie un bonjour, ce qui ne pose aucun problème puisque je suis de dos sauf qu'au moment où je me retourne rapidement pour renvoyer la politesse je m'aperçois que c'est mon banquier.
...
Comme je l'ai dit un peu plus haut, y avait déjà peu de chance que je rencontre quelqu'un, alors qu'on m'expose les probabilités de croiser mon banquier alors que la banque est fermée depuis midi s'il vous plait!! Bref.
Je ne m'affole pas, le pauvre il sort tard et il doit vraiment avoir envie de rentrer chez lui donc il ne va pas trainer. Sauf qu'en fait il va commencer à me parler.

A ce moment là j'ai essayé de relativiser en pensant à mon pyjama (échec), j'ai évalué les possibilités de fuites (aucune) alors c'est de la manière la moins naturelle qui soit que j'ai papoté puisque je n'avais plus le choix mais alors mal à l'aise était un euphémisme honteux comparé à ce que j'ai ressenti sur le moment.
Alors ouais, je sais bien que c'est pas comme si c'était la première fois que je m'habillais comme une merde, que j'étais pas maquillée et que je me payais une pelade, mais autant j'aurais croisé une connaissance j'en aurais pas eu grand chose à faire, autant quand ça touche de près ou de loin au taf j'ai énormément de mal. Trop d'humanité dans tout cela.
J'ai pas de problème avec mon banquier il est très cool mais bordel j'ai jamais été aussi soulagée de remonter dans ma voiture. En fermant la portière je me suis dit que qu'il aurait peut-être mieux valu venir en pyjama, foutu pour foutu hein.
C'est ici que je suis partie chez la Reine Mère pour imprimer des trucs, et parce que la vie m'en voulait ce samedi là, je tombe sur un patient et toute sa famille sur le parking. Encore une fois, le truc improbable qui n'aurait jamais du arriver.

Il va me falloir une semaine pour épurer tout ça. Trop, vraiment trop d'humanité à assumer en une heure.

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