Et va sérieusement falloir penser à aller se faire enculer

C'est con, mon blog était presque devenu un havre de paix. Dans un mois ou deux son karma nettoyé à l'eau du désintérêt allait même rendre possible la publication d'un post passionnant sur la philosophie bouddhiste sans que ça ne jure dans le décorum. Mais non. Aujourd'hui on va parler de manipulation, parce qu'à deux reprises je me suis retrouvée dans des situations pas très glorieuses.
On ne va pas dire que je suis un modèle d'honnêteté sur tous les plans, par contre, découle une transparence quasi divine du fait que je ne sache pas me forcer (à quoique ce soit). Ce n'est pas un trait de caractère très pénalisant sauf quand je suis en face d'une personne un peu susceptible ou que je tombe sur des personnes qui vont user de ce détail pour servir leurs propres intérêts.
Imaginez que vous n'ayez pas le comportement qu'on attend de vous, et que ce comportement non-adapté aux yeux de l'autre personne, provoque chez elle une attitude dédaigneuse et irrespectueuse à votre égard. La situation devenant pénible, vous initiez le dialogue pour essayer de comprendre ce qui se passe afin d'arranger les choses. Suite à cela, vous faites comme vous pouvez pour moduler le comportement qu'on vous reproche mais en face, la personne ne fait absolument rien pour inverser la vapeur. Après l'avoir observée faire ses simagrées pendant quelques jours, vous décidez d'arrêter les frais. Normal. Vous ne partez bien évidemment pas comme un voleur, vous expliquez, voire même, vous vous excusez... Voilà. Et là on trouve ça bizarre, pourquoi pas soudain et on peut même aller jusqu'à vous dire que vous choisissez la facilité: la fuite.

Effectivement, peut-être qu'on aurait pas été traité comme de la merde si nous-mêmes n'avions pas eu un comportement qui déplaisait, je l'entends. Mais quand on essaie d'arranger les choses, qu'en face rien ne se passe, n'est-on pas en droit de penser qu'on est un peu seul à vouloir que ça aille mieux? Et en considérant qu'une seule personne ne peut pas arranger une situation où deux personnes merdoient, n'est-il pas simplement logique, d'arrêter là? Et si notre comportement a été à ce point décevant et que la situation était a priori irrécupérable, pourquoi ne pas l'avoir dit d'entrée?
Peut-être parce que c'est pas si simple, de détruire la fourmilière. C'est pas si facile de prendre sur soi la décision de tout envoyer chier définitivement. Du coup c'est plus commode, de pousser l'autre, consciemment ou non, pour qu'il le fasse à notre place... C’est moche.
Il m'est arrivé quelques fois de devoir moi, prendre des décisions à la place de l’autre car il/elle avait créé une situation pourrie et que je n’allais pas me forcer à y rester. C’est évidemment toujours moi qui passe pour la méchante et c'est normal puisque dans sa démarche la personne en face veut créer un ressentiment à mon égard pour se faciliter la vie. J'ai l'habitude. Nous y reviendrons plus loin.
Ça, c'est le niveau un peu plus au-dessus de celui du bac à sable de la manipulation inter-relationnelle ordinaire, penchons-nous maintenant sur un level supérieur et pour le coup, encore plus insupportable.
Celui, du gens-sympa qui est, clairement un individu gerbant et humainement anormal.
Il est gentil, il sait vous caresser dans le sens du poil, et il ne vous froissera jamais intentionnellement. Sauf que sa sympathie, parfaitement artificielle, est à la longue hyper emmerdante, ce qui nous donne envie... De le pousser dans un ravin en lui jetant des gifles pendant qu'il brule.
Sympa, est la définition même de Jean si tant est qu'on ne regarde pas de trop près le tableau. Car pour conserver son capitale sympathie, Jean est adepte du discours contradictoire, de même qu'il a cette facilité à lourder environ trois mythos par phrase et qu'en plus il se croit si malin (ou il te prend tellement pour un con) qu'il pense qu'on ne voit rien. Après si jamais on pointe du doigt une de ces contradictions, vu qu'il est sympa, il acceptera qu'on lui fasse caca dans la bouche, des fois même, il en redemandera ou alors si c'est vraiment trop compliqué il fera comme si on n'avait rien dit (et ça j'avoue que c'est assez déroutant).
Après quelques mois d'observation, j'avoue que je ne sais pas si Jean pêche par excès de confiance ou bien s'il est dans une réalité parallèle. Par contre, je n'ai aucun doute sur le fait qu'il soit bête.
J'ai essayé 25 fois de le dégager, il est toujours revenu. Les premières fois, j'ai pensé que ça le faisait chier qu'on s'engueule, parce que je pensais encore que c'était une personne "normale". Mais comme il ne prenait pas note de ce qui faisait que ça clashait, j'ai fini par capter qu'en fait ce qui le faisait vraiment chier c'était que c'était sa faute si on s'engueulait.
Bienvenue dans l'enfer de la sympathie-très-sympa! Jean accepte tout, il peut se foutre éhontément de ta gueule, te raconter n'importe quoi et se contredire dans les deux secondes qui suivent, faire des efforts colossaux pour faire bonne figure en face de toi, mais alors, il n’acceptera jamais d'avoir le mauvais rôle. Donc il revient même s'il tu l'emmerdes, s'il n'a plus rien à te dire, s'il a autre chose à foutre et même s'il sait que toi même tu sais tout ça: il ne lâche rien il contrôle la situation. Il reviendra jusqu'à ce que ce soit toi qui prenne la responsabilité de la décision de le bazarder empalé de tout son long, dans un fossé.
J'y ai pensé, à la base. Je sais exactement quoi dire et comment le dire pour qu'il aille gentiment sauter du ravin comme un grand avec un bidon d'essence et des allumettes, mais je ne ferai rien, à moins que je ne trouve des tournures verbales plus tranchantes afin de satisfaire symboliquement mes pulsions homicidaires (symboliques aussi) à son endroit.
En fait j'en ai plein le cul d'avoir le mauvais rôle quand ça se passe mal. Les gens qui se retrouvent sur le carreau aiment beaucoup se faire plaindre alors que la plus mauvaise place est celle de la personne qui acte, qui prend la décision, qui ne pourra s'en prendre qu'à elle dans les moments de désespoir désespérants. Si j'acte plutôt facilement, ça ne veut pas dire que je le fais avec plaisir et que ça ne me coute rien. J'ai un cercle de relations très fermé par choix, quand j'intègre quelqu'un c'est avec sincérité, donc à force, toutes ces conneries, ça devient dur, beaucoup plus dur que si c'était moi qui me faisais dégager à cause de mes propres conneries (et je n'en suis pas exempte, je suis à des années lumières d'être irréprochable). Ça me fatigue et me blesse tellement que c'est en train de me rendre acide, et ça c'est moche.
Quoiqu'il en soit, on ne peut pas gagner contre un gens-sympa, et d'ailleurs, quel intérêt de gagner contre une personne aussi nulle? Il gagne dans tous les cas et puis, pour être à ce point obsédé par son image, Jean ne doit pas avoir beaucoup de sources de satisfaction dans sa vie. Si je me tais ce sera ma faute, si je l'ouvre aussi, alors je vais le laisser se débrouiller avec mon silence car si ça ne me permet pas de le noyer dans sa merde, au moins ça ne me coute rien.