Désolée pour le dérangement

Quand on est pas inspiré pour introduire un sujet délicat, autant commencer par la conclusion: je crois que c'est ici que je disparais.
J'ai probablement l'entière responsabilité de tout ce qui se passe ou plutôt de tout ce qui ne se passe pas. J'ai fait ma part de taf pour que ça s'arrange, par la suite j'ai fait tout ce que je pouvais pour que ça évolue dans le bon sens. C'est là que je me suis rendue compte que je donnais des coups d'épée dans l'eau car mon champ d'action se voulait très réduit ainsi qu'on ne m'autorisait pas grand chose, si ce n'est rien. J'ai quand-même continué à essayer parce que ça me tenait vraiment à coeur, j'ai pris des portes au nez, très polies, avec le sourire parce qu'au début je trouvais ça justifié, puis le temps passant, ça a commencé à devenir blessant, et là j'en suis au stade où je suis vraiment blessée.
Effectivement, j'ai pas toujours été très loquace de mon côté et je conçois que ça aussi, ça ait pu faire du mal, mais j'ai pris mon courage à deux mains pour m'expliquer et, soit personne ne s'est rendu compte à quel point je me foutais à poil soit tout le monde s'en branlait soit les deux. Je tiens à préciser en passant que si j'ai pas de problème particulier avec les excuses en général, des comme ça j'en fais très rarement, faut vraiment qu'à mes yeux la personne en vaille la peine, et à l'époque, elle valait vraiment cette peine.
Peut-être que quand je suis revenue je ne suis pas rentrée assez dans les détails lors de mes explications, tous ces petits détails aussi ignobles les uns que les autres. Peut-être que j'aurais dû étaler des explications sordides pour que tout le monde comprenne par quoi je passais et suis passée ensuite, que si mon attitude a pu blesser j'étais moi-même en train d'en chier copieusement pour des raisons qui n'ont pas toutes été dites. Non, définitivement je ne me suis pas marrée, non ça ne m'a pas fait plaisir, mais j'ai pas pu faire autrement, ou mieux que ce que j'ai fait. Et malheureusement, dans une certaine mesure, j'aurais pas pu faire pire non plus. A côté de ça, si on m'avait demandé, chose que les gens font quand ils s'intéressent, j'aurais pu développer, expliquer peut-être encore mieux, mais faut que j'arrête de me leurrer, aujourd'hui je me rends compte que tout bêtement, ça n'intéressait personne. Après, pour ce que ça vaut quand quelqu'un se met à table, j'aurais au moins apprécié récolter une once de franchise, même si ça n'aurait pas été plaisant à entendre, je crois qu'on était plus à ça près. Ca aurait été sympa de me dire où est ce que je devais me positionner par exemple, un truc dans ce genre là. Sauf que depuis je patauge dans une cuvette tiède, ce qui est encore pire (et encore pire que ce que j'ai fait moi à la base), et que ça fait des mois que ça dure.
Je prends autant de portes dans la gueule qu'au début, dès que j'essaie de faire un pas pour me rapprocher on me fait bien comprendre que c'est inopportun ou au mieux, j'ai l'impression très nette qu'on se force à accepter mon geste, et quand je laisse venir ça n'évolue pas non plus. Comme personne ne m'a expliqué quoique ce soit, si je comprends bien, je dois me contenter de ça: une relation sans substance, blessante et finalement dénuée d'intérêt qui finira tôt ou tard par pourrir de son inconsistance. C'est gâché de mon point de vue, mais je ne suis personne pour obliger quiconque à aller dans mon sens. De mon côté il est évident que je n'ai pas fait tout ça pour ça et que s'il n'y avait plus rien pour moi j'aurais tout simplement pu l'entendre et l'accepter dès le départ plutôt que de gamberger et marcher sur des oeufs pendant des mois pour essayer de trouver ma place sans en avoir la possibilité.
Après avoir longuement réfléchi, cela me peine énormément d'avoir fait tout ça pour qu'on me prenne pour une conne, et j'estime avoir assez expié pour mes péchés. Je veux bien être sympa mais je ne suis pas maso non plus, je m'arrête là, délestée également d'un poids ou deux. Vu qu'apparemment je demandais la lune, tu peux la garder et la mettre dans ta petite cuvette d'eau tiède entre quatre murs, parce que cette fois je prends la porte d'une autre manière et c'est moi qui la referme. Je souhaite pour la pérennité de ton ego démesuré que tu ne t'entoures que de gens parfaits qui ne font jamais d'erreur, le cas échéant tu risquerais de te retrouver bien seul.

Partager sur Facebook