Confinement – La fin

Cette fois c'est la bonne, le confinement est terminé! Et il était temps que ça prenne fin car cette période a vraiment été insupportable pour moi.
Peu après que j'ai parlé du confinement ici, j'ai épuisé toutes mes ressources en matière d'occupations. Rapidement je me suis retrouvée à tuer le temps. Tuer le temps au sens propre c'est à dire faire des choses pour faire des choses, faire des choses pour que le temps passe. Honnêtement il n'y a rien de pire que ça et je me suis retrouvée dans une torpeur mentale super chiante.
Si des fois il m'arrive de faire une courte pause, jamais je ne perds de temps. Et là clairement, j'ai foutu des journées entières dans la poubelle de mon existence.
J'ai télé-travaillé et le télé-travaille c'est l'enfer d'accord? Tu bosses chez toi dans un endroit qui donc n'est pas prévu pour ça, en regardant l'image de tes patients sur un écran ou un autre. Ça ne m'a absolument pas plu du tout.
Ce truc était au-delà d'une interdiction de sortir car dehors, il n'y avait vraiment RIEN à faire. Les seuls trucs appréciables à l'extérieur étaient environnementaux: pas de gens, pas de bruits humains et très peu de pollution. Les jours où je ne travaillais pas je n'avais donc rien à faire chez moi, et rien à faire nulle part. J'adore passer du temps avec moi-même mais putain quand tu t'es introspectée dans tous les coins là aussi tu finis par manquer de matière.
Avant l'annonce du déconfinement j'étais dans un état de nerf inconnu jusqu'ici et paradoxalement complètement à plat. Si le confinement m'a appris quelque chose, c'est que de vivre sans le moindre petit objectif me met vraiment mal. Faire le tour du quartier en marchant/courant ça n'a aucun intérêt. Prendre la moto pour aller nulle part mais sans s'éloigner c'était mieux que rien m'enfin bon. Étonnamment je ne me suis pas non plus découverte une passion débordante pour faire les courses. Et subir ça pour protéger une minorité ça m'a vraiment foutu en boule.
Encore plus quand en réfléchissant à la réalisabilité d'un confinement sélectif je me suis rendue compte que si ça n'avait pas été fait c'est parce que malheureusement beaucoup de gens sont cons.
Bref... L'annonce de la fin du confinement aura eu un effet limité puisque quelques jours plus tard j’enchaînais à nouveau les insomnies et j'arborais mon meilleur comportement léthargique. Mal dormir mais dormir n'importe quand et impossible de me recadrer. Ne plus avoir d'énergie pour quoique ce soit, ni parler, ni tourner en rond. Trainer dans le canapé avec les chiens, et attendre que ça passe devant Netflix. Que je perde des journées à brasser du vent ou à rien faire revenait au même. J'ai atteint le dernier stade de cet état quand j'ai commencé à avoir la flemme de dormir. En gros pendant le confinement, j'ai expériencé l'état végétatif et c'était plutôt moche.
Je parle au passé mais c'est toujours d'actualité.
A côté de ça, je pourrais pas dire que j'ai hâte d'être à demain.
Je suis impatiente de retrouver mes patients, de refaire mon boulot avec plaisir, de reprendre ma vie et les gens que je côtoie, mais je redoute vraiment d'être confrontée à nouveau au facteur trop-de-gens additionné aux mesures de la crise sanitaire. Faire la queue pendant deux heures pour acheter du shampoing ça me tente moyen. Si le confinement m'a apporté une certitude, c'est qu'on est beaucoup trop nombreux mais surtout beaucoup trop mal éduqué.
Ce qui va me manquer c'est d'observer la nature reprendre ses droits. Au final, les massifs et autres parcelles de verdure laissés à l'abandon, ça rend plutôt bien! L'air dénué des pollutions habituelles, sans odeur de kérosène et autres gaz d'échappements, le ciel parfaitement bleu, les nuits impeccablement claires et leur tapis d'étoiles. Le silence nocturne aussi, et le chant des insectes. Le bourdonnement incessant des bestioles en journée par contre ne va clairement pas me manquer. D'ailleurs en me promenant je me suis faite attaquer par un frelon asiatique je n'ai jamais couru aussi vite de ma vie. Couru en hurlant hein, sinon ça aurait été moins marrant.
Ce que le confinement m'aurait apporté de bien, c'est l'opportunité d'avoir le temps de réfléchir.
Réfléchir à presque toutes les choses connes que j'ai faites dans ma vie (heureusement que j'ai eu beaucoup de temps), expier beaucoup, et me fixer de nouveaux objectifs. C'était pas agréable mais ça m'a fait du bien. J'ai pu mettre en lumière ce qui n'allait pas aussi. Désagréable et ça l'est toujours mais ça finira par s'arranger. Malgré mon état déplorable je crois que je me suis délestée d'un gros poids qui me parasitait et j'ai l'impression de me sentir beaucoup plus forte. En fait, c'est peut-être ça qui m'a tant couté durant ce temps mort.
En tous cas, je vous souhaite une bonne reprise à toutes et à tous, il est temps pour moi d'aller me remettre en état pour demain et vu le travail je suis déjà très en retard.
Prenez soin de vous!