Celle qui sortait le nez de chez elle

Ce que je ne veux plus entendre

... Mais que ça dépend de qui quand-même
- Toi, ça à l'air d'aller mieux!
Oh mec tu savais pas qu'en fait j'avais une baguette magique cachée dans mon cul? Putain de merde, excusez-moi je suis vulgaire mais bordel, j'en peux plus de cette question/affirmation de gens qu'en ont rien à secouer et qui veulent entendre une réponse qui les arrange.
Oui, ça va, je suis pas du genre à me laisser aller dans un seau de merde, c'est cool. Est-ce que ça va mieux? Ouais carrément, mais ça va dépendre des heures, on va dire que les pics bas sont de moins en moins bas. Mon temps est compté ici, comme tout le monde.
- Courage
C'est pas tout le temps le cas mais souvent ça vient des gens qui conjurent comme je dis ou de ceux qui comprennent mais ne veulent surtout pas s'impliquer (chose que je comprends tout à fait mais n'ayez crainte, je suis pas du genre à sauter sur tout le monde pour raconter mes petites misères). Oui courage on y passe tous, non, on y passe pas tous non, pas par là, d'ailleurs je ne le souhaite à personne.
Bref, j'entends encore une fois un courage, je rends.

La maigritude

La barre des 38 kilos est franchie, mes muscles qui finalement ne sont pas si petits, me sauvent car même si je suis très fine ça n'a rien de trop choquant cette fois, je dirais même que si je faisais pas 1m20 et que j'avais des plus gros seins je pourrai me balader sur un podium Victoria secret sans que ça choque. Bref, toutes les mauvaises choses n'ont pas que des si mauvaises répercutions, habituellement j'ai pas de complexes particuliers, aujourd'hui je n'ai rien à redire sur mon corps. Je suis à 7% de masse grasse, j'ai pas un pet de cellulite, rien ne se casse la gueule et rien ne pend, j'ai des seins, des fesses, tout est nickel.
Malgré tout la bouffe reste le seul truc que j'arrive pas à gérer en ce moment. J'ai bien des envies de certaines choses mais soit une fois que c'est sous mon nez ça me dégoute, soit je mange deux bouchées et j'ai envie de gerber. C'est pas marrant tous les jours car ne pas manger [assez] c'est super pénalisant, tu as la tête qui tourne quasi tout le temps, tu t'essouffles à la moindre occasion (même en marchant sisi, superbe) et forcément quand tu fumes comme un pompier ça n'arrange rien, si t'arrives à manger plus de 20 grammes de quelque chose tu as des piques dans tous le ventre et surtout, tu ne peux pas faire de sport. Gros problème car comme tout le monde le sait, le sport c'est super bénéfique. Alors je fais de la guitare et je chante, jusqu'au moment où tu finis par te foutre de tes incompétences physiques et que tu vas te bouger le cul.

Les bases... Et les modules

Tu sais ce qui fait du bien quand t'es en train d'en chier comme une merde? Les sources, les bases, ce qui te constitue, ce qui t'as peut-être construit(e) aussi. N'étant pas en état physique d'aller à l'eau, ce qui me pénalise et me retarde énormément, je ne pouvais quand-même pas rester comme ça, alors j'ai eu la brillante idée qui peu sembler totalement saugrenue quand on me connait, d'aller au skatepark.
Le skatepark m'est théoriquement interdit depuis mes 13 ans à cause de mes multiples blessures. Le skate tout court aussi d'ailleurs mais là c'pas envisageable. Un jour ça m'a repris comme une envie de pisser j'ai commandé ma nouvelle street aux USA et je me suis mise au street pur, et depuis quelques années au downhill. Ce qui est bien avec le skate, c'est que le panel pour rider est large.
Je ne vais jamais au skatepark à part sur la WestCoast, parce qu'il y a une bonne ambiance et parce que toutes les générations sont là ce qui donne un truc vraiment unique et conviviale. J'avais jamais réessayé ici depuis la fameuse interdiction, pourtant le skatepark est à côté de chez moi. Et comme quoi tout arrive, c'est un soir où j'avais l'impression de m'étouffer dans moi-même (encoooooore #LaFatigue) que l'idée m'est venue, et dès le lendemain j'y suis allée... En vélo, une très grande idée.
Ce qui me sépare du skatepark c'est une côte... Et déjà que pédaler m'essoufflait honteusement, quand je suis arrivée j'ai lutté un petit moment avec une envie de vomir carabinée mais après ça j'ai passé un super moment, rencontré des gens vraiment cools et c'était tellement bien que j'y suis même retournée et que c'est pas fini \o/. Du coup après mon premier passage là-bas et après avoir raconté à un ami à quel point ça avait été vraiment positif et que j'étais donc très contente, je me suis prise dans les gencives (de porc? Je sors) une petite référence sortie de nulle part qui m'a fait hurler de rire.


... Évidemment :D.
Au-delà du fait que c'est vraiment une belle surprise, ça m'a fait un bien dingue d'arriver dans un endroit neutre. On sait pas qui t'es, on sait pas ce que t'as ou presque, on te parle normalement et j'avoue que ouais, ça commence vraiment à aller mieux.
Quand je dis qu'on sait presque pas ce que t'as c'est parce que, c'est plus tout à fait vrai. Faut croire que dans les miettes éparpillées du reste de la confiance que j'avais en l'Autre j'ai retrouvé un petit morceau que j'ai réussi à donner. J'ai pas envie de passer ma vie à avoir peur de tout, y a un monde entre le tout-donner et donner ce qu'il faut, qui plus est à l'heure actuelle, je n'ai plus rien à perdre ce qui sous-entend donc que j'ai tout à gagner.
Je vais essayer de rester propre et peut-être de ne plus y aller en vélo quand j'ai l'estomac vraiment vide, mais au-delà de ça, c'est cool et ça fait du bien de retrouver la famille. Et s'il y a des moments ou je me crashe encore, j'arrive à en provoquer/trouver des beaux aussi. La balance est redevenue vivable.

O-sin here we come!

Autre bonne nouvelle! Je me suis laissée dire que "ça aurait dû être fait avant"... Peut-être pas. Il y a des choses à faire avant, des choses qu'il faut laisser faire aussi et ne pas forcer parce qu'en forçant on peut parfois reculer sans s'en rendre compte. Il y a un temps pour tout, et quand ça arrive, c'est qu'il est l'heure. Si le glas ne sonne pas encore, je sais qu'il est là et que je l'entendrai une fois revenue sur le sable. Reste plus qu'à me réconcilier avec la nourriture avant évidemment sinon je vais paumer mon boardshort et j'aurai l'air bien con le cul au vent lol non j'exagère un peu je suis sûre qu'il tient encore ;).
Tu peux te jeter à l'eau dès que le vent tourne, mais ça ne fera rien si avant t'as pas pris dans la gueule toute la merde que tu devais te prendre.
Tu peux encore te jeter à l'eau pour nettoyer toute cette merde mais ça ne servira à rien si tu n'as pas compris pourquoi tu le faisais et tu peux encore t'y jeter indéfiniment, tant que tu ne sens pas ta capacité à avoir confiance en ce qui va suivre, ça ne sert à rien encore.
Oui ça a été moche, oui je comprends qu'on ait pu s'inquiéter pour moi, oui je comprends que ça aurait pu mal tourner, vous savez que je ne suis pas tendre avec moi-même, mais aujourd'hui grâce à tout ça je suis prête à passer à l'étape suivante. Encore une fois, merci aux personnes qui sont à mes côtés, d'une manière ou d'une autre.
Je suis fière de ce que j'ai fait, de la manière dont j'ai avancé en trois ans, seule puisqu'une carotte au bout d'un bâton ne représente rien. Je suis arrivée à mon but, à ce moment là on a décidé que je n'en valais plus la peine, et je n'y peux strictement rien. J'ai ensuite sur-dépassé mon but et je l'ai affiché à la gueule du monde entier sans vergogne parce que j'en ai chié GRAVE pour y arriver.
Je suis fière de ne jamais avoir écouté ceux qui tout en étant pas à ma place et en ne me connaissant même pas ont osé trouver à redire sur ma façon trop terre-à-terre de faire, allant même jusqu'à dire que j'aurais du tout abandonner pour une carotte et un bâton.

Les bénéfices de tout ça me reviennent en totalité, si j'en suis là aujourd'hui c'est grâce à moi. J'ai rien demandé, j'ai eu besoin de personne... Et j'ai rien écouté comme d'habitude et j'ai eu raison!
En 2007 je voulais devenir quelqu'un de meilleur, en 2011 j'ai cru que j'étais devenue pire, en 2016 je suis ce que je voulais être.

Quel que soit le chemin que vous décidez de prendre, si vous avez évalué méthodiquement pragmatiquement et scrupuleusement toutes les façons d'arriver où vous voulez aller, à partir du moment où votre choix sur la manière de procéder est fait, si ça a du sens pour vous, si c'est réfléchi, si c'est logique, si vous y croyez, ne laissez personne vous donner tord ou vous faire douter de vos capacités, d'action ou de jugement. Parce qu'à partir du moment où l'on décide de mener à bien un projet surtout quand c'est le notre, on est seul dans sa galère et le chant des sirènes n'ammène que des merdes pour ceux qui choisissent de l'écouter. Les gens qui veulent vraiment faire partie de votre vie seront encore là quand vous arriverez au port, et si besoin, quand vous reviendrez sur le sable :). Et vous pouvez tous vous faire une petite note sur le frigo car ça c'est pas de la théorie c'est mon expérience !


Bon dimanche le monde <3

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