17 juillet – Journée internationale du con

Paris, ou l'éveil de l'insolence

Mais nous y reviendrons, en privé, parce que j'en suis à un stade de connasserie tel que connasserie n'est plus un terme adapté pour moi. Souvent j'ouvre la bouche et je me demande qui a parlé, c'est une sensation assez perturbante pendant deux secondes, le temps de me souvenir de la base à savoir que je m'en fous, et tout ça ne ce serait pas si grave si ça n'arrivait pas si souvent finalement. J'ai essayé 100 fois de me rappeler, sans succès, comment je faisais pour supporter les gens que je ne supportais pas pour une ou plusieurs raisons avant, alors j'ai fini par me faire une raison. Certes, prendre de l'age ne me calme pas, mais j'ai au moins pour moi de ne pas avoir dépassé le stade de la gratuité et c'est déjà pas mal.

Arrêtes ton cirque Jean-Mi...

Ce matin un prospecteur m'a appelé pour me vendre un site internet alors que je remontais deux étages avec mes sacs de courses soit au moment le plus opportun du monde. En temps normal je suis sympa, j'ai fait de la télépro y a pas plus ingrat comme taf, je sais comme c'est pénible d'emmerder tout le monde au téléphone et à quel point t'as l'impression de servir à rien en rentrant chez toi surtout grâce à tes supérieur(e)s qui aimeraient bien te faire croire que de ne pas décrocher 50 rdv en 2h c'est vraiment faire partie de la sous-crasse humaine. Mais comme mon niveau de compassion se promène dans des sous-terrains très très sous-terrains qui plus est en terres inconnues, s'il y a eu une période où je leur faisais volontiers perdre 10 minutes pour ne rien leur dire, un peu comme ils font vu qu'en général on se branle de ce qu'ils disent, j'ai gouté à la joie de pousser tellement à bout un télépro qu'il m'a raccroché au nez.

IT MADE MY DAY \0/

Ah! Beh ça se précise

Normalement si tout se passe bien, ce qui n'arrive jamais, demain je vais chez le concessionnaire pour le devis de ma future moto. Au diable les H2R et autres Harley, j'ai décidé de n'en faire qu'à ma tête.

J'espère que certaines personnes remarquent ici ma délicatesse... J'aurais pu effectivement faire une blague bien pire, méchante, basse et toute dédicacée. Et gratuite. Mais rassurez-vous, je n'en pense pas moins krkrkrkr.
Bref, j'hésite encore avec un Chappy mais juste pour la forme.

Et pour conclure

Après un petit souci avec mon opérateur mobile qui dure depuis 4 jours, je décide de ranger ma flemme de les prévenir pour les interpeller sur le Twitter, leur exposant que 4G merdoit et que je ne peux pas envoyer un putain de iMessage sans qu'il mette 24h à partir. Chose à laquelle Michele/Michale/Michael/IlSaitPlus #PointJeanMi #LaSchyzophrenie me répond "des imessages avec un Z10????"
... #WTF
De consternation je lui ai dit de se reprendre en me demandant si depuis 4 mois ils avaient beaucoup de stagiaires tellement le service client n°1 en France est devenu merdique à souhait.

Sur ce je vais reprendre le prochain petit pamphlet urbex qui sera en ligne on ne sait quand.
Bisou le monde.

Ces clébards pathétiques

Bon, ok, tout le monde a à peu près pigé que la Reine Mère était malade, voilà qui est statué.
Ce n'est pas la meilleure des choses à vivre, ni pour elle ni pour moi, tout le monde s'en passe et tout le monde s'en serait passé, et il y a des faits annexes dont je me passe aussi.
En première ligne la pitié, à base de "oh mon dieu Sandy c'est affreux" avec le regard désolé qui va bien, et puis "tu appelles si tu as besoin surtout n'hésites pas". Genre. Les gens qui ont envie d'être là sont déjà là ou encore là (et je les en remercie vraiment ♥) et j'ai envie de te dire que si t'as envie d'y être, d'une manière ou d'une autre, t'attendras pas que je te sonne. J'ai vu ce que ça faisait de demander de l'aide y a pas longtemps, ça m'a calmé, fin de l'histoire. Sachez également que la pitié n'a jamais aidé qui que ce soit, et que je me contre-branle salement que vous me plaignez, à dire vrai d'ailleurs c'est la dernière des choses dont j'ai besoin en ce moment, cela ne m'est d'aucune utilité.
En seconde ligne se placent les mecs en chien qui profitent de ce qu'ils pensent être une brèche pour se transformer en Mère Thérésa façon ce serait bien qu'on se voit "pour te changer les idées".

Et là tu te dis mais putain de foutre dieu vous en êtes là quoi les gars? Déjà qu'à la base sur un malentendu ça n'aurait jamais marché, quand-même, en arriver à s'humilier comme ça faut vraiment pas avoir d'amour propre.
J'ai pas été méchante car j'estime qu'il y a plus grave, que j'ai globalement la flemme de dire ce que je pense quand c'est négatif car j'ai encore plus la flemme de la suite soit, de devoir me justifier sur le fait que je sois désagréable, mais là je commence à me dire que je vais peut-être devoir (re)commencer à être vilaine si cette situation se reproduit encore car... C'est désagréable. Avant cela, je vous informe encore une fois sur quelques points qui n'ont pas changé, à savoir que je n'aime toujours pas qu'on me drague, qu'on s'occupe déjà très bien de moi et que quand bien même si j'avais eu besoin, je suis assez grande pour aller chercher ce qu'il me faut toute seule sans l'aide de personne. Donc si par mégarde vous pensiez que..., et bien vous pensez de la merde. Bref, je ne suis ni outrée ni choquée, y a plus grand chose qui me scandalise venant de la part des gens, par contre on sera d'accord sur le fait que chacun garde ses petits problèmes hormonaux et que tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes.
A part ça, je suis lessivée, je dors tellement mal partout que je vais finir par aller dormir au boulot (sans conviction, juste le côté pratique quand je termine à 21h30), mais je déterre des arbres à moitié morts pour replanter un tout beau (ou en tous cas, complètement vivant). Sachez que déterrer un arbre est SUPER ULTRA CHIANT à la base, c'est encore pire quand même quand tu es en train de déterrer un arbre tu trouves le moyen de te faire alpaguer par un mec. Gentil au demeurant, c'est pas la question, mais putain est-ce qu'on peut déterrer des arbres tranquille?
Ensuite je code beaucoup ailleurs et je ne vais pas tarder à mettre une nouvelle version en ligne ici, bref j'avoue, mes écrans ne sont peut-être que des écrans mais ils ont l'avantage de me ficher la paix.
Bon, on se retrouve bientôt pour une review du make up KvD soit quand j'aurais appris à photographier correctement un make up sinon ça n'a aucun intérêt, en attendant, bonne nuit le monde!

Pourquoi Noel 2016 est une sombre merde…

Dès le week-end dernier, j'avais l'impression que Noël était déjà passé. Au delà du fait que je ne sois pas la plus grande fan de Noël et que forcément plus ça passe vite et mieux c'est (ce qui n'est jamais le cas, le 24 & le 25 étant, à mon sens, les deux jours les plus longs de l'univers car les plus chiants) ça vient probablement du fait que, comme on trempe dans les illuminations et le reste depuis mi-novembre, j'ai dû avoir ma dose plus tôt que prévu.
Se pose ici et maintenant, soit le 23 décembre 2016, la Reine Mère qui décide de se tirer la couette. Je ne la blâme absolument pas, aimant tellement Noël en général à cette période soit je fais un début de septicémie soit je me fais renverser par une voiture. Bon cette année j'ai été sage, mais je ne désespère pas qu'une grippe fâcheuse se déclare dans les prochaines heures... Oui, je n'ai de cesse de le répéter, mais tous les ans c'est pareil: une grippe, c'est tout ce que je veux pour Noël.
Ça a commencé y a deux jours, elle était malade donc elle m'appelle alors que je n'étais même pas sortie du lit et que mon cerveau bataillait encore pour s'extirper des volutes du calmant ingurgité la veille, ce qui m'a d'entrée foutue en boule. Certes elle avait mal au bide, mais elle aurait surtout voulu que je vienne avec elle faire les courses de Noël, chose qui, contre toute attente, n'eut jamais lieu (pas plus qu'elle n'a été faire les courses d'ailleurs). Après un jour de répit, elle remet ça ce matin très fort car là, elle était VRAIMENT malade. Trois jours pour gerber une fois quand-même, j'ai envie de te dire qu'il était temps, mais mieux vaut tard que jamais. Du coup en sortant du boulot, les courses qui n'avaient jamais été faites ont été faites par moi-même et je te laisse imaginer ma joie de rentrer dans un supermarché un 23 décembre: j’irradiais d’exaspération telle une sapine pourvue d'une guirlande de 1000 lucioles, lucioles de la couleur qu'il vous plaira mais visibles à une centaine de mètres s'il vous plait.
Ce qui est bien c'est qu'à la base moi, tous les ans, je ne m'occupe que d'amener le dessert et si possible, de rester en vie. C'est bien le dessert, j'aime la symbolique du dessert, c'est le signe que le supplice est presque terminé. Et au final j'adore acheter le dessert, en cherchant la buche la plus jolie, c'est comme si Noël était presque fini. Là, je n'ai même pas pu me consoler de la situation en la trouvant, ce qui me donnera l'occasion d'y retourner demain parce que j'ai que ça à foutre. Bref.
Sortie de là, et l'expérience fut plus désagréable que de gerber un kébab croyez-moi, je brave donc la circulation (nuit + pluie + Sudie + les gens = meurtre de masse) pour aller déposer les victuailles du réveillon chez la Reine Mère, encore en pyjama, et qui n'avait pas eu le courage d'enfiler un pantalon pour aller chercher ses médocs alors que la pharmacie est à dix mètres (oui, dix mètres). Outre le fait que la Reine mère se sente constamment obligée de faire un défilé Chanel dès qu'elle sort de chez elle et qu'à cause de ça elle n'est jamais prête avant midi, là il était 17h30 et je lui ai rappelée que les jolies lunettes de soleil Dior que je lui ai offertes auraient plus que fait illusion si d'aventure elle avait daigné enfiler un putain de froc et des chaussures pour gagner le droit de se soigner et de se sentir mieux par elle-même... Si moins-bien il y avait, après on est d'accord, je m'égare un tantinet. Mais c'était apparemment plus sympa d'attendre que sa fille le fasse et elle a bien du cul que ce soit trop tard car elle aurait clairement mérité que je lui offre un onesie à la place d'un smartphone.
C'est ici que j'ai un peu explosé et que j'ai vidé mon sac à la personne qui est quand-même sensée savoir les bases. A savoir que non seulement je ne vois aucun putain d’intérêt à fêter Noël, c'est pas nouveau, ça a toujours été comme ça depuis qu'on est arrivé ici, encore moins de me remplir la panse pendant d'interminables heures, et ça, c'est depuis toujours. Mais que je suis sympa, je fais acte de présence et bonne figure pour faire plaisir à tout le monde, au moins jusqu'à ce que je pique du nez au milieu du repas (un classique indémodable me concernant). Est-ce que je méritais de devoir participer aux préparatifs d'un truc ou j'ai pas envie d'être? On frôle la perversion, c'est moche et C'EST MÊME SUPER MOCHE!
Après, dire à n'importe qui qu'on en a rien à foutre de Noël, c'est comme de dire qu'on ne veut pas d'enfant: c'est pas normal, sauf qu'au lieu de passer pour des égoïstes (car il est bien connu qu'un désir d'enfant n'est pas du tout égoïste, c'est même l'enfant qui se pointe tout seul dites #wi-wink) tu passes pour une ingrate, et puis merde, tout le monde aime Noël! Cool, manquait plus qu'une vérité universelle, pour fêter ça je vais donc marquer le coup et mettre une guirlande électrique dessus en exécutant un facepalm discret: les vérités universelles, on n'en a jamais assez.
Oui, je suis une personne égoïste, comme toutes les personnes psychiquement équilibrées. Ingrate? Vraiment pas mais j'estime que je n'ai a être reconnaissante de rien quand une tradition m'impose de m'emmerder le cul sur une chaise, qui plus est, je fais l'effort, considérable, de le faire pour le bon plaisir de ceux qui eux, aiment.
Cerise sur le gâteau, ça tombe un week-end, et quand tu bosses toute la semaine et que tu n'as que le week-end pour te palucher, ça fait outre chier.
Sans surprise, je n'ai qu'une hâte, c'est de retourner au boulot lundi parce que ce sera fini et que je vais défaire le sapin dans un violent élan d'allégresse crasse.
En attendant, comme demain je serai probablement ivre dès le lever et ce jusqu'à dimanche soir, je vous souhaite quand-même un joyeux noël et je vous bénis. On se retrouve la semaine prochaine pour le classique bilan annuel si je survis à tout ça, mais je garde espoir et j'espère quand même que je serai encore au lit avec la grippe que je n'ai pas.

Moi et mon stress post traumatique, on vous emmerde

Depuis que j'ai dit que cette joyeuseté m'était tombée sur la gueule par une nuit chaude de juillet, j'ai reçu beaucoup de messages de soutien et je profite d'ailleurs de l'occasion pour vous remercier. Ma motivation d'écrire ici n'a pas changé depuis toutes ces années, à savoir que je le fais dans le simple but de m'exprimer, et pas dans le but qu'on me lise même si c'est le cas dans la finalité. Du coup vos réactions m'ont agréablement surprise et ça me touche beaucoup <3. C'est aussi triste à dire que ça ne l'est pas du tout, mais y a des personnes ici qui ont bien mieux pigé ce qui m'est arrivé et qui m'arrive encore, que d'autres qui me côtoient régulièrement. Dans une réalité où je passe pour une dingue ou pour une manipulatrice les jours de grand vent, et ou finalement je me sens très seule, vous n'imaginez pas à quel point vous me faites du bien! Quoiqu'il en soit, aujourd'hui j'ai décidé de mettre les pieds dans le plat et d'expliquer ce qu'est un stress post traumatique. À noter que je n'ai pas sorti le DSM mais qu'il s'agit de mon SPT à moi, ce qui sous-entend que comme la symptomatique varie d'un individu à l'autre, c'est probablement pas celui de tout le monde. Pour commencer on attrape pas un SPT, c'est le SPT qui t'attrape un jour où tu ne t'y attends absolument pas. Que dis-je... Où tu es à des années lumière de t'y attendre.
À la base c'est donc un peu comme un traumatisme lambda sauf que celui là est tellement violemment que tu n'arrives pas à le gérer. Personnellement, j'ai explosé, et implosé et puis j'ai du me désintégrer aussi et depuis c'est l'enfer au quotidien parce que pour une fois, je ne vais pas mâcher mes mots, je l'ai bien trop fait jusqu'ici pour préserver tout le monde.
Tu ne dors plus parce que ton cerveau fonctionne de travers et si tu as l'outrecuidance de t'endormir t'es assurée de faire des cauchemars. Et pas n'importe quels types de cauchemars: tu vas revivre le traumatisme avec option réveil en transe et c'est tellement violent que tu le revis avec la même intensité que le traumatisme initial. Donc quand tu es l'heureuse hôte du parasite SPT tu passes de très mauvaises nuits ce qui n'est pas super engageant pour la suite.
La suite c'est la journée, journée que tu passes dans l'angoisse d'une catastrophe imminente. Me demandez pas laquelle, quand ça fait 100 fois que tu vis quelque chose qui te détruit chaque fois un peu plus, tu n'as qu'une trouille c'est que ça se reproduise, et ça se reproduit, puisque toutes les occasions sont bonnes pour revivre le moment délicieux de ta destruction. Un mot, une expression, une photo, un endroit, une odeur, un détail qui peut sembler parfaitement anodin, n'importe quoi venant de n'importe qui, provoque un flashback et te remets dans un état merdique. Je sépare volontiers l'état d'hyper-vigilance qui crée l'ambiance puisque tu deviens un vrai radar à tout. Le moindre signe, geste, mot est l'occasion aussi d'avoir ta petite piqure de rappelle.
Entre les mauvaises nuits où tu ne dors presque pas, voire pas du tout car tu finis par ne plus avoir envie d'affronter le trauma, et les journées qui peuvent partir en couille en une fraction de seconde, toi, tu es juste épuisée, ce qui consolide le cercle vicieux puisque comme chacun sait la fatigue amplifie la symptomatique.
J'ai eu des crises de rage monstrueuses. C'est au delà de la colère et ça dépasse la haine, c'est totalement reptilien, voilà pourquoi aujourd'hui il ne faut absolument pas que je croise certaines personnes car je crois que je pourrai perdre le contrôle et être vraiment violente. J'ai jamais été quelqu'un qui pardonnait, pas pour faire genre c'est juste que je suis pas copine avec la bible, je n'oublie pas non, du coup si à la base j'ai un dossier avec quelqu'un c'est déjà mal barré, là ce serait homicidant. Ces accès de rage sont hyper douloureux physiquement et psychiquement, et ça termine toujours par une migraine d'une violence équivalente.
Ton humeur fluctue, toujours, que ce soit sur une longue ou très courte période, et tu peux passer d'un extrême à l'autre en un battement de cil. Tu te retrouves aussi dans l'incapacité de ressentir les émotions, et ça j'avoue que c'est relativement particulier, maintenant ça va un peu mieux mais j'ai un peu eu l'impression d'être morte dedans. Tu n'éprouves rien, mais tu sais que tu éprouves quelques bricoles dans certains cas seulement. Bien sûr, c'est pas valable pour les émotions liées au traumatisme en question et autant te dire que cette condamnation est difficilement vivable pour finir par devenir insupportable.
À part quand les émotions liées au trauma devenaient ingérables (et c'est souvent ce qui arrivait et arrive parfois encore), j'ai gardé la face, je suis restée debout et presque toujours digne. Oui, plein de gens savaient que ça n'allait pas, mais la combine imparable quand t'as pas envie de rentrer dans les détails c'est de dire que tout va bien, comme ça personne ne vient te faire chier. Je ne me suis d'ailleurs même pas arrêtée de bosser pour aller sucer du lexo pour dépression (lolilol) comme une petite merde. Au contraire, faute de pouvoir résoudre mes propres problèmes, je pouvais aider les autres dans les leurs et ça me faisait beaucoup de bien, même si j'avais quelques blancs et que je ne me souviens pas de tout... Je sais toujours pas comment j'ai fait ni même où j'ai trouvé l'énergie pour le faire, mais ça m'a aidé à garder le cap (sur nulle part, mais le cap quand-même) et ça me faisait sortir la tête hors de l'eau le temps que j'y étais.
Le diagnostique du SPT s'est posé quand toute la symptomatique que je viens de citée, dont je passe certains détails annexes, s'est étalée au delà d'un mois. Ce que je voulais éviter par dessus tout, c'était qu'il dépasse la fameuse deadline des trois mois, puisqu'ensuite ce n'est plus un SPT mais un SPTC, chronique. En quelque sorte, ça a foiré. J'ai pas assez expié pour quelque chose que j'ai pas mérité là ? À priori pas encore.

Aujourd'hui, j'ai sporadiquement des cauchemars dont le contenu m'est inconnu mais qui me réveille toujours dans cet état de destruction. Avec moins d'écho, mais ce n'est toujours pas agréable. Le traumatisme est en parti dilué, certains jours ça va, d'autres pas du tout, le problème étant que les jours sans deviennent de plus en plus sombres, car je suis lasse et lassée.
Il y a clairement un avant et un après, ce que j'étais avant et ce que je suis aujourd'hui. L'épuration du trauma est une chose, la reconstruction une autre, autrement plus difficile. Je suis terriblement triste de me dire que "c'était avant, quand tout allait bien et que j'allais bien, que j'étais qui j'étais et que j'étais bien comme ça" tout en sachant pertinemment que ce ne sera plus jamais comme ça car ce n'est plus possible, de plus, je ne sais pas dans quel état je serai sortie de là. S'en suit un sentiment d'injustice terrible car clairement, je n'ai pas mérité ça. De souffrir aussi fort, de devoir me battre tous les jours contre moi-même pour aller mieux alors que j'ai déjà passé des années à me battre tout court, que j'étais déjà à la corde et que c'est aussi pour ça que ce traumatisme a été à ce point destructeur.
Peut-être que ça a été tellement fort que c'est juste pour ça que ça n'a pas disparu, mais peut-être aussi qu'on ne m'a pas aidé sur certains points.

Pour le SPT comme pour des autres troubles psychiques c'est invisible, tu es donc affreusement seule et tu te laisses dire des trucs monstrueusement cons qui, à couvert d'une bonne pensée (mais pas tout le temps) sont en fait aussi destructeurs que le reste.

Oh, mais faut que tu passes à autre chose, c'est fini maintenant!

Oh merde alors! Moi qui pensait que le prendre un tir de char d'assaut en pleine gueule c'était ma nouvelle passion j'suis super déçue.

Aller, faut aller de l'avant!

Si tu penses que de subir tout ça c'est le grand kiff, prend ma place et démerde toi, on aura même pas besoin d'en reparler dans une semaine, 24h dans cet état ça va te calmer direct.

C'est fini, il faut oublier!

Mon problème c'est pas l'oubli, j'en ai déjà oublié plein des choses, c'est juste que le passé qui revient m'emmerder et que je peux pas maitriser ce fait.

Elle fait toute une histoire pour pas grand chose, ça arrive à tout le monde et c'est pas un drame pour autant!

Personne n'est tout le monde et la complaisance me file la gerbe. Tout le monde s'est déjà coupé, tout le monde à saigné, moi j'ai pris un coup de tronçonneuse, pas de couteau de cuisine en coupant des carottes.

Kelly, elle trouve tous les prétextes pour gagner du temps

Ah oui Kelly est une manipulatrice.

J'en passe mais j'en ai entendu des fa-bu-leuses.

De base, je sais que c'est compliqué d'expliquer ce qui m'arrive et qu'environ personne ne comprend ou très peu.
Aujourd'hui les personnes avec qui je me sens le mieux sont celles qui ne sont pas au courant, celles qui évitent le sujet et ses annexes, celles qui n'attendent rien de moi et surtout pas que j'aille mieux. Le pire du pire, au delà de revivre le trauma tous les jours, c'est de se penser comprise par les personnes clefs de ta vie alors qu'en fait pas du tout ou pas tout à fait. Il a parfois fallu qu'une tierce personne explique à une autre ce que j'ai pour qu'elle daigne enfin me croire (...), mais... Si ça peut lui faire éviter de me jeter au travers de la gueule mon "anormalité" au travers des propos tenus par des tiers ne me connaissant pas, je valide.
Au moins on est d'accord car j'ai du mal à comprendre moi aussi ce qui m'arrive sur certains points.
N'étant pas née de la dernière pluie, j'ai connu des déceptions, des deuils, des coups durs, des trucs vraiment pourris, et je me suis toujours relevée, comme tout le monde. Je ne suis pas du genre à me laisser abattre, n'importe qui me connaissant pourra en attester. Oui comme tout à chacun je suis capable de tomber, ce qui n'est pas grave en soi, mais encore une fois, j'ia pour habitude de me relever. Si j'avais la possibilité de tout effacer de ma mémoire, j'effacerais tout, sans faire de détail, absolument TOUT, le problème c'est pas moi qui ne veut pas oublier puisque j'ai oublié, le problème c'est le passé qui revient m'emmerder.
J'en suis au stade de ma thérapie où comme je le disais y a quelques temps, ça a bien avancé. Pas aussi bien que j'avais espéré sur le trauma mais beaucoup sur moi-même car c'est avant tout un travail de reconstruction.
Je ne veux pas passer ma vie prisonnière de moi-même, j'ai déjà trop chargé. J'ai couru comme une acharnée à m'en foutre la santé en l'air pour me faire exploser la gueule. C'était LE projet de ma vie, pas n'importe lequel, et personne n'en à rien eu à branler car tout le monde à pensé à sa gueule, ce qui n'est pas un reproche, mais un fait avéré. On a éhontément fait voler en éclat tous les bénéfices de mon travail, bénéfices que je n'arrive toujours pas à considérer car ils sont toujours assimilés au trauma au point que je m'en veux d'avoir atteint mon but si je considère comment ça s'est terminé.
Aujourd'hui je ne m'écroule plus pour chialer (ou presque), aujourd'hui par contre je suis en mesure de me tenir bien droite et d'envoyer chier qui m'empêchera d'aller mieux, car m'est d'avis que si j'en suis encore là aujourd'hui, c'est en partie parce qu'il y a des choses que je n'aurais pas du prendre sur moi, ni entendre.
Alors je ne demande plus à quiconque de comprendre, les choses sont ce qu'elles sont, vous n'êtes pas concerné(e)s, j'espère que ça ne vous arrivera jamais, mais je prends le parti de me débrouiller seule avec mon parasite plutôt que d'entendre de la merde, et la prochaine que j'entendrai sera la dernière.