Aux inconnu(e)s

Il y a quelques jours j'ai vu un article passer sur ma TL, et venant de qui ça venait, je pense que c'était un peu pour que je tombe dessus ;). Ça disait qu'il fallait pas rester seul quand on allait mal, que le fait d'être isolé pouvait empirer les choses, ce genre de trucs. Et il m'a donc fallu quelques jours pour y réfléchir car, c'est pour moi la meilleure période pour me torturer la cervelle.
Actuellement tout va à peu près mal et les gens qui me détestent ici mais qui viennent me lire car ils sont aussi complètement cons peuvent se réjouir car je pense pouvoir dire sans trop me tromper que tout le mal qu'on peut me souhaiter me tombe dessus à tous les niveaux. Je n'irai pas plus loin dans les détails, l'idée qu'on puisse se branler sur mon site me dérange un tantinet.
L'article en question n'était pas totalement faux, ni totalement vrai car chacun sa manière de s'isoler.
Oui, effectivement quand je vais mal je m'isole. De base j'aime beaucoup être seule, ensuite j'ai besoin de calme pour trouver une solution à ce qui se passe, et quand je n'en trouve pas, ça me rend folle. Presque au sens propre, ou vraiment au sens propre. Ça me rend dingue jusqu'à ce que je trouve, ou jusqu'à ce que je me résigne au fait qu'il n'y en ait pas, ce qui me met en rage et c'est déjà arrivé qu'il me faille quelques mois pour retrouver mon état normal. Parfois dans un moment d'égarement, je peux me tourner vers une personne proche, mais souvent les réponses qu'on m'apporte me rendent encore plus dingue par conséquent je préfère y penser avant d'aller vers qui que ce soit pour finalement rester dans mon coin, ce qui ne veut pas dire que j'ignore systématiquement les gens quand ils viennent vers moi pour autant.
C'est pas que je renie ou que je laisse tomber mes proches, carrément pas, mais c'est comme ça que j'ai toujours fonctionné et parce que vous plus que n'importe qui pouvez savoir à quel point je peux être fort très hyper détestable quand ça ne va pas... Il vaut mieux prendre cette volonté temporaire de s'isoler, ou cette prise de distance pour un acte de... Préservation? On va dire ça comme ça. Le besoin d'être seule n'est pas la même chose que d'être seule. De simplement savoir que je ne le suis pas peut parfois me suffire à me faire beaucoup de bien.
Pourtant le paradoxe là-dedans est que je ne refuse pas toutes les mains qui se tendent quand tout va mal, même aujourd'hui. Peut-être que certain(e)s vont râler en lisant ça, notamment mes proches et d'autres personnes que j'estime énormément, mais il me semble pourtant qu'on s'est rencontré de cette manière, il y a quelques années maintenant ou presque deux décennies parfois.
Reste à savoir pourquoi quand je ne vais pas bien je vais me tourner plus volontiers vers des inconnu(e)s et d'emblée, je peux déjà dire que c'est plus un "problème" de fond que de forme.
Les proches cherchent toujours ou très souvent une solution pour vous, pourtant personne ne m'en a jamais apporté une qui me convenait et/ou à laquelle je n'avais pas pensé. Ils veulent vous aider alors que vous vous aidez déjà vous-mêmes. Ils vont souffrir de vous voir mal, ce qui aide encore moins. L'empathie oui, mais la souffrance c'est pas nécessaire non plus. Tout ça n'est en rien une critique, c'est bien normal de vouloir aider et de vouloir se rendre utile dans des cas comme ça mais ça ne m'aide pas et parfois ça me fait même culpabiliser et souffrir encore plus tellement c'est un échec, quand ça ne provoque pas simplement un conflit. Souvent ils oublient simplement de demander comment ils pourraient faire pour vous aider, ce qui pourrait pourtant être un peu plus efficace, sauf que dans le cas présent je ne sais pas comment on pourrait m'aider et qu'il n'y a rien pour m'aider, concrêtement.
Se place ici l'Inconnu et l'Improbable.
Dans ma malchance ou dans mon désarrois, le hasard à toujours été de mon coté enfin presque... Mais c'est toujours dans les périodes les plus merdiques de ma vie que j'ai rencontré des personnes fabuleuses. La plupart sont encore là (oui c'est de vous dont je parle plus haut oui), d'autres non mais quoiqu'il ait pu se passer j'en garde d'excellents souvenirs exempts de toute rancune. La vie est ainsi faite que nous ne sommes pas toujours câblés pour nous accompagner durant toute une vie et dans tous les cas, rien n'est jamais obligatoirement définitif non plus.
Pour en revenir au fait de saisir les mains improbables et donc inconnues qui se tendent, l'idée n'est pas de les accepter toutes, et n'ayant aucune idée de la manière dont je fais le tri (si ce n'est de tej' fissa les Jean-Claude Duss) on va dire que j'y vais à l'instinct. A partir de là, ce qui va faire la différence entre mes proches et les autres, c'est le désintérêt. Oui: le désintérêt. Que mes proches se rappellent qu'avant, qu'au début, ils n'ont pas essayé de me sauver.
Si vous ne les attendiez pas, vous n'en attendez rien non plus et ils n'attendent rien de plus de vous (donc pas que vous alliez mieux grâce à eux, souhait implicite émanant souvent des proches CQFD).
Bien-sûr qu'il va y avoir le passage ouin-ouin compatissant, oui je sais, je vais encore reprendre un "courage" dans les dents (faut arrêter de me dire ça, mes oreilles vont finir par vous vomir dessus, trouvez autre chose mais pas "courage", par pitié), mais après ça, ce sera terminé, et peut-être même que la cause de votre mal-être va devenir un sujet toujours existant mais secondaire, ce qui n'est pas si mal quand on est dans une problématique inextricable. Partant de là, ça devient hyper bénéfique.
Les liens prennent des formes diverses, mais ils sont toujours dans le présent. Je ne me pose aucune question, je prends et je donne ce qui vient, et si personne n'attend rien, personne n'a rien à gagner si ce n'est de passer un instant en dehors de l'espace temps. La simplicité de ce genre de relation que je n'ai aucune envie de catégoriser est une rafale d'oxygène que tu prends en pleine tête. C'est la trace de blanche qui arrive après la dernière qui date d'un an, sauf qu'au lieu de finir en version 2.0, tu te retrouves au level 1.0 soit ton état habituel et c'est déjà pas mal, c'est même la meilleure des choses qui puisse t'arriver ici.
Bref, ça ne change rien à ce qui nous fout sous les cailloux mais quand il n'y a pas d'issue, rien peut devenir beaucoup.
Au final je pense que c'est l'équilibre des proches et des inconnu(e)s bienveillant(e)s que je cherche pour m'aider et chacun à un rôle qui compte.
Je ne me suis pas relue mais je crois que c'est ma bizarrerie la plus bizarre sur laquelle j'ai dû blablater ici-bas (non mes envies de génocides ne me semblent aaaaaaabsolument pas plus étranges que ça #prout), il est fort probable que j'eus été bien maladroite et que mes propos puissent être interprétés encore plus de travers que d'habitude, mais j'invoque la close fatigue pour ma défense.
Merci à toutes les personnes qui sont là d'être là, dans tous les cas <3.

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