Arrêter de fumer? Trop facile!

Cela fait présentement plus d'un mois que je ne suis pas passée ici, et plus de quinze jours que j'ai arrêté de fumer. Aucun rapport avec la choucroute, mais faut croire que pour mon retour, j'avais envie de rester plate, froide et factuelle. Ce qui est tout à fait conforme à la réalité soit dit en passant.
Voilà, ça y est, je sais ça te surprend certainement (pas que je revienne, mais que j'arrête de fumer hein) autant que moi mais moi et Marlboro, on a vraiment divorcé après bon nombre d'années de vie commune...

Ouais. Tout arrive vraiment Ginette!
C'est pas mon coup d'essai, j'ai essuyé quelques échecs avant, étalés sur des années, je ne suis peut-être même pas totalement sauvée des eaux, mais pour l'heure, c'est terminé et je le vis bien.

Première tentative, l'acuponcture + auriculothérapie

Mon médecin ayant une formation d'acuponcteur, j'en ai profité pour tenter le coup. C'est ici que pour commencer je me suis retrouvée avec des aiguilles dans les oreilles et comme vous pouvez le constater: elles sont un peu grosses. Des aiguilles dans les oreilles que je devais garder jusqu'à ce qu'elles tombent, accompagnées de 3 séances d'acuponctures.
1. La pose des aiguilles dans les oreilles m'a fait un mal de chien, la douleur n'a jamais baissé en intensité, mes cheveux se coinçaient dedans, je ne pouvais plus dormir sur les côtés, pas plus que je ne pouvais me laver correctement les oreilles = quelques aiguilles ont fini par s'infecter. Au final mes oreilles étaient tellement douloureuses que ça me donnait encore plus envie de fumer, je crois même que je n'ai jamais autant fumé que quand j'avais ces merdes plantées dans le cartilage! J'ai fini par souffrir atrocement une bonne fois pour toute en arrachant tout ce merdier moi-même (et bon appétit!). Soulagement extrême!
2. Étant actuellement soignée régulièrement pour des raisons diverses par une MTC tout à fait compétente et fabuleuse, je peux attester que les séances d'acuponcture faite à l'époque par mon généraliste pour accompagner l'auriculothérapie étaient parfaitement inopérantes. Par conséquent, je ne peux pas donner d'avis sur l'efficacité de cette méthode dans l'arrêt tabac, la seule chose que je peux dire, c'est que je mettais l'ambiance avec mes aiguilles plantées partout quand je devais traverser la salle d'attente pour aller pisser. Bref, pour l'acuponcture, adressez-vous à des personnes qualifiées.

Seconde tentative, l'expérience Zyban

Historiquement parlant, le bupropion était utilisé comme anti-dépresseur aux USA quand une psychiatre a constaté que beaucoup de ses patients fumeurs sous ce traitement arrêtaient de fumer spontanément. De là une étude à été menée et c'est ici que le buproprion fut prescrit pour le sevrage tabagique.
Un ami me l'a prescrit à ma demande dès sa sortie en France, c'est à dire il y a un siècle environ, bien que je savais parfaitement que n'étant pas dépressive je ne supportais pas les anti-dépresseurs. Et ce fut un carnage.
Oui, j'ai arrêté de fumer grâce au Zyban, j'avais tellement tout le temps envie de vomir qu'effectivement je n'avais pas la moindre envie de m'en griller une! L'odeur du tabac me filait la gerbe, la voiture aussi (et pas la nausée non, une véritable envie de gerber PERMANENTE!), les jeux vidéos, la bouffe, bref tout. Effectivement je n'ai pas grossi, au contraire étant donné que je ne mangeais quasi plus, par contre je faisais des cauchemars et je ne supportais plus rien. J'étais d'une humeur massacrante, d'ailleurs, j'aurais bien zigouillé tout le monde au sens propre, après je vous vois venir mais non, ce n'était pas dû à l'arrêt du tabac car ce symptôme s'est manifesté dès le second jour du traitement et je n'avais pas encore arrêté (le protocole Zyban veut qu'on arrête seul durant le traitement contraint par les vomissements et non pas en commençant le traitement).
Au final ne supportant pas tous les effets secondaires que je ne vais pas énumérer dans leur totalité, je n'ai pas pu terminer le traitement, mais j'ai tout de même arrêté de fumer pendant 4 mois... Et pris 10kg dès que j'ai stoppé les cachets. Je sais que ça ne s'est pas vu, mais personnellement j'ai très mal vécu d'être grasse comme un cochon.

Seconde tentative avec l'aide d'Allen Carr

Une expérience brève mais intense, j'étais encore étudiante à l'époque et Herr General (c'était le petit sobriquet de ma patronne cqfd) m'avait prêté un livre pour arrêter de fumer qui avait très bien fonctionné sur elle. Je me suis donc mise à lire ce livre qu'on ne présente plus mais dont je n'avais jamais entendu parler: la méthode simple pour arrêter de fumer. En gros, tu lis et tu arrêtes de fumer, chose exacte. Alors que je n'avais lu que les premiers chapitres, je n'ai effectivement plus eu envie de fumer durant toute la journée, mais ça m'a tellement perturbé de ne pas savoir pourquoi je n'avais plus envie que j'ai refumé. Me séparer de ma Marlbo, comme ça? Sans explication? Certainement pas! En gros... Je pense que ce bouquin fonctionne mais faut accepter de ne pas savoir comment ça marche, perso, c'est pas pour moi.

Troisième tentative, à la cool

On le sait, on arrête rarement de fumer du premier coup, il faut essuyer quelques échecs avant d'y arriver, donc autant réfléchir à ses derniers et en tirer des leçons si c'est possible.
Si toutes mes tentatives ont été fortuites, c'est parce que je n'avais pas de raison d'arrêter de fumer. J'aimais fumer mais je voulais juste arrêter parce que c'était mauvais pour la santé alors que je n'avais pas de symptômes particuliers, et parce que ça coutait cher, alors que je n'avais pas de problème d'argent.
Ça faisait bien deux ans que fumer me faisait chier, au moins pour 80% des cigarettes. Je trouvais ça handicapant de toujours penser à mes clopes, de devoir arrêter ce que j'étais en train de faire pour-aller-fumer, j'avais du mal à supporter l'odeur en général (mais pas de mes cigarettes lol), en gros clairement, ça m'emmerdait. Je me suis remise à l'ecig et ma consommation de clopes a diminué de moitié, soit 10 clopes par jour. Est arrivée ici la maladie de ma mère, qui bien que n'ayant aucun rapport avec la cigarette à la base, a fini par métastaser, entre autre, dans les poumons. Ce n'est pas ça qui fut l'élément déclencheur de mon arrêt tabac pour autant, mais j'ai vu assez de choses horribles pour que ça me conforte dans ma démarche. A l'époque, étant circonstanciellement et regrettablement en contact régulier avec des oncologues j'ai pu obtenir des informations concrètes et les réponses à toutes mes questions concernant le tabagisme afin d'en tirer mes conclusions.
Au vu du nombre de substances dégueulasses contenues dans mes cigarettes habituelles (et dans les autres aussi), ça peut sembler nul, mais je me suis mise à fumer des cigarettes sans additifs, et je pense que ce fut un élément clé dans mon parcours. Fumer du tabac sans additifs, on va pas se mentir c'est un peu comme fumer du foin, pas que ce soit infecte, mais c'est pas une Marlboro quoi. A côté de ça, tout en continuant à fumer, j'ai constaté que je n'avais plus les envies compulsives d'en reprendre une que j'avais avant, mais que ces envies revenaient dès que je fumais une cigarette classique. J'en ai déduit qu'au delà du petit gout d'y reviens-y, y avait quand-même bien une substance qui créait une dépendance supplémentaire dans les cigarettes ordinaires. Ça m'a gonflé.
A la fin, soit à 5 clopes par jour, j'oubliais quasi systématiquement mes clopes ou mon briquet quand je devais aller quelque part, voire même j'oubliais carrément de passer en acheter en sortant du boulot et je me retrouvais sans clope chez moi, ou sans avoir de quoi les allumer, des fois j'oubliais même de fumer tout court, en gros mon tabagisme était devenu une véritable expédition punitive. L'évidence était qu'au travers de tous ces actes manqués, mon inconscient me rappelait chaque jour, voire plusieurs fois par jour qu'il était temps d'en finir avec le boulet-clope, et j'ai fini par l'écouter. Après trois jours à n'en fumer qu'une, soit les trois dernières qui restaient dans mon dernier paquet, j'ai arrêté la cigarette.

A partir du moment où l'on est sûr de vouloir arrêter de fumer soit quand on sait pourquoi on le fait, tout est facile et ça, c'est clairement la pierre angulaire de la démarche. Se fixer une date n'est pas nécessaire, bien au contraire, la tâche de stopper le tabac étant réputée délicate, c'est à mon sens s'ajouter un facteur stress inutile au même titre qu'officialiser sa démarche auprès de son entourage. On n'est pas là pour prouver aux autres qu'on peut le faire, on va le faire pour soi, peu importe le temps que ça nous prend, on n'a pas de compte à rendre. Pas la peine de se frustrer inutilement, frustration = envie de fumer, si on ne peut pas encore faire l'impasse sur la clope post repas et bien on ne le fait pas, on gèrera ces cigarettes plus tard, ce n'est pas un échec c'est de la priorisation. On essaye de comprendre sa consommation de tabac, à différencier le réflexe de prendre une cigarette soit celle dont on n'a pas spécialement envie mais qu'on allume quand même pour s'occuper (et ce sont les plus nombreuses) et la réelle envie de fumer. Et quand on a vraiment envie de fumer ces quelques clopes, et bien on les fume. En fait, c'est un cercle vicieux qui marche dans les deux sens, si plus on fume plus on a envie de fumer, sachez que l'inverse est tout à fait vrai également.
Selon les différents tests, j'étais une grosse fumeuse et très addict. Encore une fois, les tests sont ce qu'ils sont et je tombe à côté. Certes, j'allumais ma première clope dans le quart d'heure qui suivait mon réveil, mais en y regardant de plus près, je l'allumais par réflexe et non par besoin. Si je n'y pensais pas, ou si j'avais mieux à faire, je pouvais l'allumer 4h après être sortie du plumard sans que je ne ressente de manque. Un paquet de cigarettes par jour? Oui tout à fait, mais en m'observant, j'en brulais plus pour avoir quelque chose à la main que je ne les fumais réellement. En gros, les tests c'est bien, mais c'est à prendre pour ce que c'est, l'important encore une fois, c'est d'apprendre à connaitre ses propres habitudes.
Aujourd'hui je ne fume plus, mais je vapote mes 6mg de nicotine ("grosse fumeuse" hein? lol bordel de tests à la con) raisonnablement. Je ne me suis pas ruée sur la bouffe, je n'ai pas (encore?) grossi, je n'ai pas d'envie de meurtre ni de fluctuation d'humeur, la fumée des autres ne me dérange pas, je ne suis pas partie en guerre contre le tabac, je n'ai pas d'envie de fumer particulière, et je me rends compte que finalement, ce divorce fut plus simple que je ne l'aurais cru.

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