
J’ai eu du mal à me connecter à la réalité ce matin, y a eu un bref instant de synchro quand je ne sais qui s’est mis à hurler dans mon bureau pour une raison obscure jusqu’à ce que je percute qu’il n’avait rien pigé à rien et que c’était bien sur ma faute. Le seul drame personnel de ce monsieur, c’est qu’il n’ait pas d’appareillage auditif, et le pire, c’est que c’est vrai et quand on est capable de se mettre dans des états tels pour une date (qu’il n’a pas plus compris qu’entendu, qui plus est, il y a trois mois de ça), je me demande ce que ce doit être pour un truc grave.
N’empêche qu’il ne va pas falloir qu’il y en ait trop des comme ça sinon ça va vite se régler, je ne suis pas là pour que le tout-venant se soulage de sa constipation matinale, verbalement, dans mes oreilles.
D’ailleurs il s’en est fallu de peu pour que je parte, mais plus parce que je n’avais pas envie d’être là que parce que ça m’avait touché. Mais ça aurait été vilain, car y avait du boulot partout et Herr General était en pleine plaidoirie donc très occupée.
J’ai terminé la matinée par petites touches de conneries ça et là, après tout, on est vendredi.
Depuis je suis toujours dans les grandes réflexions centripètes. Ce qui est très étonnant dans les effets post analyse, c’est à quel point on ne se (re)connait plus (trop), surtout dans des circonstances pas très drôles, néanmoins, comme pour le reste, les bases perdurent. C’est rassurant parce qu’il y a du connu et du mieux, mais perturbant car ça ne nous appartient pas encore.
J’ai passé 8h, en tout est pour tout, à me demander comment j’étais arrivée là, avec tout mon bordel de constats et de conclusions sur cette affaire en souffrance. Dans un premier temps je me suis encore rendue compte que j’étais dans l’acte à savoir, qu’avec très peu, je peux faire des milliers de bornes en très peu de temps. J’ai appris à mes dépends que ça pouvait générer des situations très ennuyeuses mais apparemment je suis très loin d’un éventuel processus de correction puisque ça vient de se reproduire dans un autre contexte. Là où ça m’a posé problème, c’est que je ne trouvais pas l’élément déclencheur, au-delà des faits, alors j’ai relu et au bout du compte c’était sous mon nez. Je n’étais pas devant des messages mais devant une belle métaphore, bien jolie mais impossible d’en avaler un traitre mot, et quand on ne croit plus quelqu’un, c’est foutu. Huit heures c'est pas rien, mais c'est pas grand chose si l'on considère le réel bloquage dont il était question, et une toute aussi réelle envie de ne pas concevoir qu'on ne puisse plus croire.
Dans tout ce bordel, j’ai eu l’impression d’avoir été le chien galeux à qui on a ouvert la porte, pourtant, c’est pas comme si un chien pouvait cacher une gale on est d’accord. J’ai du être utile à une époque c'est sur, lointaine l'époque, mais plus assez pour que ça continue. Alors je suppose que quand il ne nous reste plus qu’à marcher on marche, si loin qu’on ne sait même plus ou on est arrivé. Je transpire encore du vitriol, mais ça va, je suis debout.
Etre l’objet de quelqu’un, c’était vraiment nul, et c’est ma conclusion.
Du coup maintenant que je sais comment ça marche pour avoir été au cœur du phénomène, n’ayant pas trouvé de solution pour enrayer le problème pour autant (je vous autorise donc à ne plus m’appeler Dieu jusqu’à nouvel ordre... Bon ça va j’déconne), la prochaine personne manipulatrice qui m’approchera pour faire de moi son joujou pour son noël (après détection radar et avant tout engagement affectif de n’importe quel ordre il va sans dire) aura le choix entre deux solutions, soit je la broie lentement, soit je la pourris tellement psychologiquement qu’elle passera le reste de sa vie avec des couches.
C’est là qu’il est coutume de dire allons en paix, alors cette fois, allons-y vraiment.