
Voilà.
Hier nous avons essuyé une belle tempête, c’était Hollywood a Blagnac beach les jeunes, et entre le vent, la pluie et les grêlons d'une taille avoisinant les trois centimètres, on s'est retrouvé les pieds dans l'eau au rez de chaussée du cabinet.
Schéma classique, nuit noire à 18h, court mais bel orage, j'ai littéralement happé mon patient dehors deux secondes avant la saucée pour pas qu'il crade partout, s'en suivi une consultation rythmée par les variations de tension électrique. Un peu glauque j'avoue. Fin de consult, une petite brasse pour sortir, la grande classe viendez y, en plus le thé est offert par la maison. Et en plus la sonnette fonctionne a nouveau, je remercie donc en passant le saint esprit.
Là j'ai maudit ma gentille maman d'avoir oublié le manche du balais brosse au rayon des poufs, autant vous dire que la session serpillère à 20h s'est passée dans la douleur et les jurons violents.
Bref, faut que j'appelle l'agence, ma porte d'entrée est efficace comme un string face à l'incontinence.
Sinon la mauvaise humeur, mais la grosse mauvaise humeur. C'est souvent que le mercredi tout m'emmerde, et comme tous les mercredi, tout m'a emmerdé, fin de l'histoire.
Et puis je pense avoir autant d'illuminations qu'il y a d'éclairs, aussi, mais vous aurez l'occasion de juger par vous-même. Ceci explique une microscopique partie de la mauvaishumeuritude extrême actuelle, je n'ai qu'une envie en ce moment, c'est de m'enfermer dans la B Cave car finalement, y a bien que là qu'on ne me cassera pas les couilles! Oui LES COUILLES.
Après je suis d'accord, une bonne nuit de sommeil ce sera pas du luxe.

Je vous parlerais bien du con qui a très mal visé en se garant et qui a fini dans ma bagnole sans laisser d'adresse mais une merveilleuse... "Rayure"(?) vendredi dernier. Je vous parlerais bien de la vieille en twingo qui n'a pas eu assez de la place d'un Q7 pour se garer et qui a poussé ma voiture, et de cet air affligé dont a usé sa passagère pour me faire comprendre à quel point j'étais basse de leur rentrer dedans à mon tour en guise de remerciement. C'était certes fait exprès mais moi au moins, je me suis excusée. Je vous parlerais bien du bâtard rottweiller pas en laisse qui a attaqué mon chien et moi, et de l'air innocent de la vieille proprio qui couine que Bobby n'est pas un chien méchant c'est n'importe quoi. Sachez que d'expérience, les chiens qui s'appellent Bobby ont toujours des maitres dans le déni quant à la sociabilité et l'intelligence de leur animal. Je vous parlerais bien de cette sale conne de blonde qui n'est pas foutue d'envoyer trois papiers depuis trois mois, ou bien de l'autre qui change d'avis comme de froc, mais là, je crois que je vais vraiment m'énerver. Ou sinon vous avez Vania (oui je sais qu'elle s'appelle pas Vania mais on s'en fiche ok? On n'est pas à trois lettres près!), qui s'occupe de ma troisième société, et qui me demande de justifier ce que je fais ou pas de mes tunes, et ce au saut du lit. Sinon Vania? Tu prendras bien une coupette, des canapés et ma main dans ta gueule?
Après je vous dirais quand-même que malgré tout, ça va plutôt pas mal et que je suis détendue. J'ai pris l'air, des vagues, de la pluie et du vent, je me suis fait mal au coude mais sinon, ça va très bien. Vue la tronche de l'océan, ça aurait pu être bien pire. Sinon c'est donc très logiquement que je vous annonce que non, je n'ai pas commencé une hypothétique G, je n'ai même pas osé sortir le téléphone pour prendre une photo de la plage, j'allais pas sortir mon appareil... Que je n'avais pas, qui plus est.
Voilà voilà pour les nouvelles rapides.
Puis il y a eu aujourd'hui.
Aujourd'hui je me suis faite draguer, aujourd'hui j'ai compris que les mecs avaient décidément un gros problème avec le non... Tout comme avec le oui d'ailleurs. Car toute frivole que je suis, que je me suis laissée dire, j'ai dit non. Pas méchamment, pas gentiment non plus: non. Donc c'est très logiquement que je me suis laissée dire que quand on ne cherchait personne fallait pas s'habiller comme une pute. Putain, je sais pas ce que tout le monde a avec mon cul aujourd'hui mais de toute évidence il serait intelligent de considérer qu'avant toutes choses, ce cul vous chie au nez.
Ne jamais s'éloigner des bases, jamais. Ne pas les oublier, non plus. Notez, mais notez le bien putain
J'ai énormément de mal avec les jugements, c'est de la déformation professionnelle j'en suis tout à fait consciente mais c'est comme ça. La facilité et le manque de discernement m'épuise et me désarme de manière très nette ou ne me touche pas assez pour provoquer une réaction, au choix. Pourtant c'est un travers que je suis fière d'avoir et que je compte bien conserver car finalement, ça me rassure, au même titre que le jugement rassure ceux qui décident de procéder ainsi pour se sentir plus en sécurité avec eux-mêmes. C'est pas plus compliqué de ne pas juger que de juger, ce qui est plus pénible, c'est la mise en place du principe, qui intègre implicitement un travail sur soi pas franchement agréable. Sorti de là, la première chose qui nous vient à l'esprit, c'est qu'à notre place d'Homme, on n'est vraiment personne pour juger du comportement d'un autre, que finalement, même si on est peut-être pas pire, on n'est pas forcément mieux non plus, à notre manière.
Chaque fois qu'un patient rentre dans mon cabinet, il y a la personne, les armes dont elle dispose qu'elle utilise plus ou moins bien, son histoire, comment elle a eu ses armes, qu'elle arme elle possède vraiment et/ou celles qu'elle pense posséder mais qu'elle n'a pas du tout. Avec ça tu t'démmerdes. Au final, rien n'est jamais injustifié, même si tout ne s'excuse pas pour autant, après on n'est pas là pour excuser quoique ce soit non plus, c'est juste le cadre. Aucun patient n'aura la même réaction dans une même situation, aucun patient n'aura le même ressenti dans un contexte similaire, et aucun n’appréhendera quoique ce soit de la même manière. Ca s'appelle la diversité, la diversité dans la masse, mais la diversité quand-même car même si tout tend à nous uniformiser, nous sommes tous différents.
J'ai écopé de beaucoup d'étiquettes dans ma vie, parfois justifiées, parfois moins et parfois pas du tout, comme tout le monde. Mais ce que j'ai a dire à propos de mon histoire, c'est que j'en suis plutôt fière, et que cette histoire c'est ce que je suis aujourd'hui. Et je vous emmerde oh pardon ça a fourché. Comme tout le monde, j'ai fait des choses plus ou moins brillantes, peut-être plus de choses nulles que de choses brillantes à proprement parler d'ailleurs mais peu importe, je pense avoir un peu de temps encore pour faire mieux, ou pas, peut-être que je ferai pire? Et vous? Et les gens qui s'estiment tellement mieux, est-ce qu'ils savent qu'est ce qu'ils feront demain? Ont ils des garanties à couvert de leur comportement respectable? Aucune. Et combien de certitudes se cassent la gueule brutalement en une fraction de seconde? Plein.
Dans ma vie j'ai eu des comportements et des attitudes socialement corrects, et d'autres probablement moins aux yeux de certains. Dans les deux cas ça m'a permis de vivre certaines choses, donc d'avoir une réflexion dessus, d'en savoir un peu plus sur moi et de savoir ou me positionner. Je crois que certain(e)s ne peuvent pas argumenter la chose de la même manière, et qu'il est difficile de croire d'une personne qu'elle ne mordra jamais dans un fruit défendu pour la simple et irrecevable raison qu'elle ne l'a jamais fait jusqu'alors. Foutaises.
Dans ma vie je me suis toujours habillée comme je le voulais aussi, que j'ai l'air d'une pute (en débardeur et short, entre la longueur scandaleuse et monacale et en tongs, le sex appeal incarné Germaine!) ou d'un sac, ça me regarde, et d'aucune manière mes vêtements ne traduisent d'intention particulière.
Ce qui serait bien pour les générations futures, c'est d'apprendre aux petits garçons que les femmes ne sont ni des putes parce qu'elles disent oui, ni des putes parce qu'elles disent non, ni des putes parce qu'elles s'habillent au dessus du genoux, mais que comme tout le monde, on fait ce qu'on veut.
Merci.

ON Y EST!

T'as beau être au courant d'un truc nul depuis des mois, t'as beau essayer de te faire à l'idée (sans conviction il est vrai), au moment venu, tu te rends compte que c'est comme si tu n'avais pas avancé d'un millimètre et tu te prends tout en pleine gueule.
Certes, c'est pas si nul, c'est bien pour la personne que ça concerne, on comprend son choix, et parce qu'on l'aime on est content. D'un point de vue égoïste par contre, c'est le drame et ça coince complètement, sans oublier le fait qu'on est finalement personne pour changer le cours des choses, et quand bien même, je ne me serais absolument pas permise.
En bonne petite humaine que je suis je cherche et m'entoure de gens qui me ressemblent, de gens qui ont le même délire que moi, de gens qui s'en foutent et qui font les choses comme elles viennent. Ceux qui sont là quand ça va pas et quand ça va bien, et surtout, ceux qui savent saisir les occasions, faire de quelques secondes un instant d'éternité, même avec rien. Ca doit pas être très clair dit comme ça mais dans l'idée, sachez que les gens comme ça, ça coure vraiment mais vraiment pas les rues, alors quand tu en perds un en route, ça fait très mal, ça fait très mal partout.
On m'a souvent dit que finalement, tout ça n'était pas très grave, que maintenant avec les réseaux sociaux, tout le monde est tout près, sauf que j'ai pas le même parcours que tout le monde, que ça me fait plaisir, ou pas, de partager certaines choses avec quelques personnes que je connais de longue date ici bas voire même que je ne connais pas car ça fait partie du truc, mais que par déformation professionnelle voire habituelle, il existe chez moi une fracture très nette entre le virtuelle et le réelle. De ce fait, et j'en suis la première navrée, les gens qui ne savent pas effacer cette fracture s'éteignent souvent avec mon PC. Il y a des gens que j'ai connus sur le net que j'adorerais avoir plus près, à qui je pense et dont je me soucis, que je suis de près néanmoins et avec qui je ne raterai pas une occasion d'aller boire un verre si l'occasion se présentait, mais l'envie qui prime sur le reste, est toujours que je préfère le concret. Là, j'ai comme un gros doute sur le fait qu'on puisse faire l'inverse, passer du concret au virtuel, parce que je suis pas la meilleure dans le domaine, et parce que je sais déjà le gout amer que ça va me laisser de me contenter d'une voix et/ou d'une image sur un écran alors que j'avais tout le reste avant.
On peut pas faire un golf avec Facebook, on peut pas faire des bringues d'une autre planète avec Twitter et tu me foutras jamais la trouille avec des sacs à cadavres sur Skype. Et on n'est même pas obligé d'aller jusque là, même pas obligé d'avoir partagé tout ce qu'on a partagé nous IRL, pour trouver des relations virtuelles très fades.
Cette soirée fut sans fin, je savais pas que j'étais capable de prendre autant sur moi après des semaines à ravaler tout ce que ce départ m'inspirait, fallait que la fin soit rapide. j'ai pris ma veste, j'ai cherché mon sac que j'ai mis dix ans à savoir où tu l'avais rangé, comme toujours, et j'ai filé avec la nuit à l'heure de l'alcool. J'ai pris un soin tout particulier à ne réveiller personne, parce que j'aurais pas assumé la suite comme il aurait fallu, ni comme j'aurais voulu, c'est à dire autrement qu’égoïstement en te disant merde et que tout ça était formidable, pas parce que je ne le pense pas, mais parce que c'est pas des mots qui seraient sortis. Je voulais fermer la porte sur une fin de soirée comme on a connu tant d'autres, un peu comme si j'allais revenir en sachant bien que non.
J'ai allumé une clope en bas, je me suis assise sur le bord du trottoir, comme toujours. Forcément il faisait gris, forcément. J'ai pas attendu le taxi longtemps, je suis rentrée aussi vite que le reste.